Max Roach(1924 — 2007)

Max Roach

États-Unis

6 min de lecture

MusiqueSociétéCompositeur/triceXXe siècleÉtats-Unis du XXe siècle : essor du bebop dans les années 1940, âge d'or du jazz moderne, puis mouvement afro-américain pour les droits civiques des années 1950-1960.

Maxwell Lemuel Roach (1924-2007) est un batteur, percussionniste et compositeur de jazz américain. Pionnier du bebop aux côtés de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, il fut aussi un militant engagé pour les droits civiques.

Questions fréquentes

Max Roach (1924-2007) est un batteur et compositeur américain, pionnier du bebop aux côtés de Charlie Parker et Dizzy Gillespie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné la batterie en déplaçant la pulsation principale de la grosse caisse vers la cymbale ride, ce qui a libéré la batterie pour des accents imprévisibles, appelés dropping bombs. Cette technique a transformé la batterie en un instrument mélodique capable de dialoguer avec les solistes. Roach a aussi marqué l'histoire par son engagement politique, notamment avec l'album We Insist! Freedom Now Suite (1960), qui relie la lutte pour les droits civiques aux États-Unis à la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.

Citations célèbres

« Jazz is a very democratic musical form. It comes out of a communal experience. »

Faits marquants

  • Né le 10 janvier 1924 en Caroline du Nord, il s'impose dès les années 1940 comme l'un des batteurs fondateurs du bebop.
  • Au milieu des années 1940, il joue aux côtés de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, révolutionnant le rôle rythmique de la batterie.
  • En 1954, il cofonde le célèbre Brown-Roach Quintet avec le trompettiste Clifford Brown.
  • En 1960, il compose 'We Insist! Freedom Now Suite', œuvre majeure dédiée à la lutte pour les droits civiques.
  • En 1988, il devient le premier musicien de jazz à recevoir la bourse MacArthur ; il meurt le 16 août 2007 à New York.

Œuvres & réalisations

Enregistrements bebop avec Charlie Parker (1945-1948)

Roach pose les fondations rythmiques du bebop, dont le célèbre « Ko-Ko », à un tempo et une précision inédits.

Clifford Brown & Max Roach (1954-1956)

Quintette de hard bop coté parmi les plus aboutis de l'histoire du jazz, interrompu par la mort de Clifford Brown.

Saxophone Colossus (Sonny Rollins) (1956)

Album où sa batterie sur « St. Thomas » illustre son art de relancer et soutenir un soliste.

We Insist! Freedom Now Suite (1960)

Œuvre engagée majeure, reliant esclavage, droits civiques américains et lutte anti-apartheid.

Money Jungle (1962)

Trio audacieux réunissant Roach avec Duke Ellington au piano et Charles Mingus à la contrebasse.

Drums Unlimited (1966)

Album mettant en avant des solos de batterie, dont « The Drum Also Waltzes », qui affirment la batterie comme instrument à part entière.

M'Boom (à partir de 1970)

Ensemble uniquement composé de percussionnistes, explorant les timbres et les rythmes du monde entier.

Anecdotes

Adolescent, Max Roach remplace au pied levé le batteur de l'orchestre de Duke Ellington le temps de quelques représentations dans un théâtre new-yorkais. Très vite, il rejoint les jam sessions du Minton's Playhouse, à Harlem, le club où s'invente le bebop avec Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Thelonious Monk.

Roach bouleverse la façon de jouer de la batterie. Plutôt que de marquer le tempo sur la grosse caisse, il déplace la pulsation sur la cymbale ride et réserve grosse caisse et caisse claire à des accents-surprises, une technique surnommée « dropping bombs » (lâcher des bombes). Sa batterie devient mélodique, comme une voix qui dialogue avec les solistes.

En 1960, il enregistre « We Insist! Freedom Now Suite », un disque entièrement consacré à la lutte pour les droits civiques. Sa pochette montre trois hommes noirs assis à un comptoir de restaurant, en écho aux sit-in de Greensboro, où des étudiants noirs réclamaient d'être servis à l'égal des Blancs.

Le quintette qu'il codirige avec le jeune trompettiste prodige Clifford Brown est l'un des plus brillants de l'époque. Mais l'aventure s'arrête net en 1956 : Brown meurt à 25 ans dans un accident de voiture sur l'autoroute. Roach, dévasté, mettra des années à surmonter ce deuil.

En 1988, Max Roach devient le premier musicien de jazz à recevoir la bourse MacArthur, surnommée la « bourse des génies ». Il enseignait alors la musique à l'université du Massachusetts, preuve que le jazz était enfin reconnu comme un art majeur à étudier à l'université.

Sources primaires

We Insist! Max Roach's Freedom Now Suite (album, Candid Records) (1960)
La suite enchaîne « Driva' Man », « Freedom Day », « Triptych: Prayer / Protest / Peace » et « Tears for Johannesburg », reliant l'esclavage américain à la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.
Notes and Tones, recueil d'entretiens entre musiciens d'Arthur Taylor (1977)
Interrogé par le batteur Arthur Taylor, Roach défend l'idée que le jazz est un art afro-américain à part entière et réclame pour ses créateurs le respect et la reconnaissance qu'on accorde aux autres formes d'art.
« Ko-Ko », enregistrement de Charlie Parker (Savoy Records) (novembre 1945)
Sur cette séance fondatrice du bebop, Max Roach tient la batterie aux côtés de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, à un tempo vertigineux qui annonce une musique nouvelle.
Saxophone Colossus de Sonny Rollins (album, Prestige) (1956)
Roach accompagne Sonny Rollins sur le célèbre « St. Thomas », démontrant comment la batterie peut soutenir et relancer un soliste tout en restant un partenaire de dialogue.

Lieux clés

Comté de Pasquotank, Caroline du Nord

Région rurale du sud des États-Unis où naît Max Roach en 1924, avant le départ de sa famille pour New York.

Brooklyn (Bedford-Stuyvesant), New York

Quartier où Roach grandit et apprend la batterie, notamment à l'église et à l'école.

Minton's Playhouse, Harlem

Club légendaire où, lors de jam sessions, le jeune Roach participe à l'invention du bebop.

52e Rue (« Swing Street »), Manhattan

Rue bordée de clubs de jazz où Roach se produit régulièrement dans les années 1940 et 1950.

Université du Massachusetts, Amherst

Établissement où Roach enseigne la musique à partir de 1972, contribuant à faire reconnaître le jazz à l'université.

Manhattan, New York

Ville où Max Roach s'éteint en 2007 après une longue carrière.

Voir aussi