Surnommée « La Negra », Mercedes Sosa (1935-2009) est l'une des plus grandes voix de l'Amérique latine. Figure emblématique du mouvement Nueva Canción, elle porta à travers sa musique les combats pour la justice sociale et la dignité des peuples opprimés.
Mercedes Sosa(1935 — 2009)
Mercedes Sosa
Argentine
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je ne chante pas pour l'amour de chanter, ou pour avoir une belle voix. Je chante parce que la guitare a du sens et des raisons.»
« Cambio, todo cambia.»
Faits marquants
- Née le 9 juillet 1935 à San Miguel de Tucumán, Argentine
- Cofondatrice du mouvement Nueva Canción avec son engagement dès les années 1960
- Contrainte à l'exil en 1979 sous la dictature militaire argentine
- Retour triomphal en Argentine en 1982, avec des concerts mémorables au Teatro Ópera de Buenos Aires
- Décède le 4 octobre 2009 à Buenos Aires, pleurée dans toute l'Amérique latine
Œuvres & réalisations
Premier album majeur de Mercedes Sosa, qui s'impose comme une voix essentielle du folklore argentin avec des œuvres d'Atahualpa Yupanqui. Il pose les bases de son répertoire engagé.
Album poétique sur des textes de Félix Luna et des musiques d'Ariel Ramírez, rendant hommage aux femmes qui ont façonné l'histoire de l'Argentine. Œuvre pionnière du féminisme culturel argentin.
Album dédié à la grande chanteuse chilienne Violeta Parra, dont 'Gracias a la vida' deviendra l'une des interprétations les plus célèbres et emblématiques de Mercedes Sosa.
Album live enregistré lors des concerts de retour d'exil au Teatro Opera de Buenos Aires. Document historique d'une émotion collective rare, considéré comme son œuvre la plus importante.
Album de la reconquête démocratique, enregistré après le retour à la démocratie en Argentine. Le titre exprime l'espoir d'un continent libéré des dictatures militaires.
Double album de duos avec des artistes de générations variées (Shakira, Caetano Veloso, Joan Manuel Serrat, Gustavo Cerati…). Testament artistique de Mercedes Sosa, sorti quelques semaines avant sa mort.
Anecdotes
En 1979, lors d'un concert à La Plata, la police militaire envahit la scène et arrêta Mercedes Sosa ainsi que l'ensemble du public — environ deux cents personnes — sous l'accusation d'activités subversives. Après plusieurs heures de détention, ils furent relâchés, mais cet épisode traumatisant convainquit la chanteuse de partir en exil. Elle s'installa d'abord à Paris, puis à Madrid, continuant à chanter pour les communautés latino-américaines en Europe.
En octobre 1982, après trois ans d'exil, Mercedes Sosa revint en Argentine et donna une série de concerts au Teatro Opera de Buenos Aires. Les billets s'arrachèrent en quelques heures et des milliers de personnes firent la queue pendant des jours. La première nuit, beaucoup dans la salle pleurèrent : c'était la voix de leur résistance qui revenait enfin à la maison.
Née dans une famille ouvrière de San Miguel de Tucumán, Mercedes Sosa débuta en gagnant un concours de chant radiophonique à l'âge de quinze ans en 1950, sous le pseudonyme de « Gladys Osorio » car elle était trop jeune pour participer officiellement. Ce premier prix lui ouvrit les portes des radios locales et lança une carrière qui allait durer plus d'un demi-siècle.
En 2009, quelques mois avant sa mort, elle enregistra « Cantora », un double album de duos avec des artistes aussi différents que Shakira, Caetano Veloso, Fito Páez, Joan Manuel Serrat et Gustavo Cerati. Cet album devint son testament artistique et prouva que sa voix, intacte malgré la maladie, continuait de rassembler des générations et des genres musicaux autour d'un même idéal.
À la mort de Mercedes Sosa le 4 octobre 2009, le gouvernement argentin décréta trois jours de deuil national. Des milliers de personnes défilèrent pendant des heures devant sa dépouille exposée au Congrès national à Buenos Aires, un honneur rarissime réservé aux figures d'État, accordé ici à une artiste populaire issue de rien.
Sources primaires
« Volver es también una forma de lucha. Este recital es de todos los que se quedaron y de todos los que tuvieron que irse. »
« El exilio no me mató, pero me enseñó que la patria no es solamente el suelo sino sobre todo la gente que uno lleva adentro. »
« Canto porque el canto tiene sentido cuando hay gente que lo necesita. El arte no es un lujo : es una necesidad del alma colectiva. »
« Yo no me considero una cantante política. Soy una artista que canta la realidad de su pueblo, y esa realidad, en nuestra América, siempre fue dura. »
Lieux clés
Ville natale de Mercedes Sosa, dans le nord-ouest de l'Argentine. C'est là qu'elle grandit dans une famille ouvrière et découvrit sa vocation en remportant un concours radiophonique à l'âge de 15 ans.
Capitale où Mercedes Sosa s'installa pour développer sa carrière nationale et internationale. Elle y vécut la majorité de sa vie adulte, entre périodes de travail intensif et années d'exil forcé.
Salle mythique où Mercedes Sosa donna en 1982 ses concerts de retour d'exil, événements devenus historiques dans la mémoire culturelle argentine, enregistrés dans l'album 'Mercedes Sosa en Argentina'.
Ville où, en 1979, Mercedes Sosa fut arrêtée en plein concert par la police militaire de la dictature. Cet événement la poussa à l'exil et marqua un tournant dans son engagement.
Première étape de son exil à partir de 1979. À Paris, elle trouva une communauté latino-américaine solidaire et continua à se produire, témoignant des exactions de la dictature argentine.
Seconde ville d'exil, où elle résida plusieurs années et enregistra des albums. Madrid fut un point de rencontre avec d'autres artistes latino-américains chassés par les dictatures militaires de la région.






