Michel Simon (1895-1975) est l'un des plus grands acteurs du cinéma français, célèbre pour ses rôles populaires et truculents. Né à Genève, il s'impose à Paris au théâtre puis au cinéma parlant, collaborant avec Jean Renoir et Jean Vigo.
Michel Simon(1895 — 1975)
Michel Simon
Suisse
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance le 9 avril 1895 à Genève (Suisse)
- Rôle de Boudu dans Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir (1932), personnage emblématique du vagabond libertaire
- Tient le rôle du père Jules dans L'Atalante de Jean Vigo (1934), film culte du cinéma français
- César d'honneur et reconnaissance internationale pour une carrière de plus de 50 ans
- Décès le 30 mai 1975 à Bry-sur-Marne
Œuvres & réalisations
Premier grand rôle cinématographique au parlant de Michel Simon, dans la peau d'un employé de bureau naïf amoureux d'une femme vénale. Ce film naturaliste de Jean Renoir marqua durablement l'histoire du cinéma français par son regard sans concession sur la société.
Michel Simon y incarne Boudu, clochard anarchiste recueilli par un libraire bourgeois, dont il perturbe l'ordre domestique avec une liberté sauvage et jubilatoire. Son interprétation physique et débridée est considérée comme l'une des plus grandes performances du cinéma français des années 1930.
Dans ce chef-d'œuvre universel, Michel Simon compose le Père Jules, marinier excentrique et tendre, dont la cabine encombrée de curiosités est devenue une image mythique du cinéma. Le film figure régulièrement dans les palmarès des plus grands films de l'histoire du cinéma mondial.
Comédie surréaliste et burlesque où Michel Simon joue un botaniste bourgeois pris dans un tourbillon de quiproquos avec Michel Simon et Louis Jouvet. Le film illustre la capacité de Simon à habiter des registres comiques sophistiqués avec une aisance désopilante.
Portrait sombre d'un homme solitaire et marginal injustement accusé de meurtre et lynché par une foule de quartier. Tourné juste après la Libération, ce film résonne avec les thèmes de la délation et de la responsabilité collective que la France venait de traverser.
À 72 ans, Michel Simon incarne un vieux paysan aux propos antisémites qui héberge, sans savoir qui il est, un petit garçon juif confié à la campagne pendant l'Occupation. Ce film autobiographique de Claude Berri, tout en tendresse et en ambiguïté, offrit à Michel Simon son plus grand succès populaire tardif.
Anecdotes
Michel Simon était célèbre pour sa ménagerie d'animaux exotiques : singes, perroquets, reptiles et de nombreuses autres bêtes peuplaient sa maison de Noisy-le-Grand, surnommée 'l'arche de Noé' par ses visiteurs. Cette excentricité était connue de tout le milieu artistique parisien des années 1930 et contribuait à forger la légende d'un acteur hors normes.
Pour tourner 'L'Atalante' en 1934, Jean Vigo confia à Michel Simon le rôle du Père Jules, un marinier fantasque vivant sur une péniche. Simon apporta personnellement des dizaines d'objets hétéroclites de chez lui pour décorer la cabine du personnage — tatouages, curiosités, animaux empaillés — contribuant ainsi à créer l'une des atmosphères les plus poétiques de l'histoire du cinéma français.
Pour incarner Boudu, le clochard anarchiste de Jean Renoir dans 'Boudu sauvé des eaux' (1932), Michel Simon passa plusieurs jours à observer les sans-abri qui dormaient sous les ponts de la Seine. Il étudia leurs gestes, leur démarche et leur façon de parler pour restituer à l'écran une vérité sociale saisissante, bien avant que la méthode Stanislavski ne soit formalisée en Europe.
Né François Simon à Genève en 1895, Michel Simon adopta son prénom de scène en hommage à un acteur qu'il admirait. Sa voix grave et rocailleuse, son nez caractéristique et son tempérament imprévisible en firent une figure incomparable du cinéma parlant : Jean Renoir affirmait qu'il était capable d'habiter n'importe quel personnage avec une conviction totale, des truands aux bourgeois en passant par les marginaux.
À 72 ans, Michel Simon connut un retour triomphal avec 'Le Vieil Homme et l'Enfant' (1967) de Claude Berri : il y incarnait un vieux paysan antisémite qui héberge sans le savoir un enfant juif pendant l'Occupation. Ce film délicat et émouvant lui valut une reconnaissance nouvelle auprès des jeunes générations et lui apporta le succès public le plus large de sa carrière tardive.
Sources primaires
Michel Simon possédait cette faculté extraordinaire de se transformer physiquement et moralement en son personnage, tout en conservant une liberté d'invention qui forçait les autres acteurs à s'adapter à lui. Diriger Simon, c'était laisser vivre quelque chose d'imprévisible et de toujours juste.
M. Michel Simon, dans le rôle de Legrand, donne une composition d'une vérité poignante. Son visage expressif, sa diction particulière et la sobriété de son jeu confèrent à ce personnage ordinaire une profondeur humaine rarement atteinte à l'écran.
Simon est le Père Jules. Il n'a pas eu besoin qu'on lui explique le personnage : il l'a apporté avec lui, avec ses objets, ses gestes, ses silences. Il y a en lui quelque chose d'animal et de tendre à la fois qui est exactement ce que je cherchais.
Je ne comprends pas les acteurs qui cherchent à plaire. Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'être vrai. Si le personnage est laid, il faut être laid. Si le personnage sent mauvais, il faut que le spectateur le sente presque.
Lieux clés
Ville natale de Michel Simon, né François Simon le 9 avril 1895. Il y passa son enfance et son adolescence avant de quitter la Suisse pour tenter sa chance à Paris, où il construisit toute sa carrière théâtrale et cinématographique.
Haut lieu de la vie théâtrale parisienne dirigé par Charles Dullin, ce théâtre de la place Charles-Dullin à Montmartre fut pour Michel Simon une école de jeu décisive dans les années 1920. C'est là qu'il affina sa technique avant de s'imposer au cinéma.
Le tournage de 'L'Atalante' de Jean Vigo (1934) se déroula en grande partie sur la Seine et le canal de l'Ourcq, dans des conditions difficiles par temps froid. Ces paysages fluviaux industriels et poétiques donnèrent au film son atmosphère inoubliable.
Grands studios de cinéma en région parisienne, principal centre de production cinématographique français des années 1930-1960. Michel Simon y tourna de nombreux films avec Jean Renoir, Marcel Carné et d'autres réalisateurs majeurs du réalisme poétique.
Commune de la banlieue est de Paris où Michel Simon résida durant ses dernières années et où il décéda le 30 mai 1975. Sa maison, entourée d'animaux exotiques, était devenue un lieu légendaire du milieu artistique français.
Objets typiques

Dès l'avènement du cinéma parlant (1929-1930), les caméras furent enfermées dans des caissons insonorisés appelés 'blimps' pour que leur bruit mécanique ne soit pas capté par les micros. Ces dispositifs encombrants transformèrent radicalement les conditions de tournage dans les studios français.

Le microphone fixe ou suspendu au-dessus des acteurs, caché hors du champ de la caméra, fut l'instrument central du cinéma parlant. Pour Michel Simon, dont la voix grave et rocailleuse était une qualité distinctive, le micro amplifia une expressivité unique.

Pour incarner Boudu dans le film de Jean Renoir (1932), Michel Simon porta des vêtements déchirés et crasseux qui construisirent visuellement ce personnage emblématique de marginal anarchiste. Le costume de scène était conçu par les costumiers des studios pour signifier le statut social et l'état psychologique du personnage.

Dans 'L'Atalante' de Jean Vigo (1934), la péniche est à la fois décor et personnage à part entière, symbole du monde ouvrier fluvial et de la liberté vagabonde. Ces bateaux de travail transportant des marchandises sur la Seine et les canaux constituaient un milieu populaire authentique que le réalisme poétique cherchait à magnifier.

Les acteurs du cinéma des années 1930 travaillaient avec des maquilleurs pour transformer leurs traits selon les personnages : fond de teint, faux nez, postiches, rides accentuées. Michel Simon, dont le visage naturellement expressif était sa marque, utilisait le maquillage avec parcimonie pour ne pas trahir sa spontanéité.

Les grandes affiches peintes ou lithographiées qui ornaient les façades des cinémas et les colonnes Morris étaient des œuvres d'art populaires. Les affiches des films de Michel Simon contribuèrent à forger l'image d'un acteur truculent et populaire dans toute la France.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Un acteur de cinéma des années 1930 commençait ses journées de tournage très tôt, parfois avant 7 heures du matin, rejoignant les studios en banlieue parisienne par tramway ou taxi. La préparation du maquillage et des costumes mobilisait une heure ou deux avant les premières prises, dans une agitation mêlant techniciens, script-girls et réalisateur qui révisait les scènes du jour.
Après-midi
Les tournages se poursuivaient tout l'après-midi dans une alternance de prises, de répétitions et d'attentes liées aux changements de décors ou de lumière artificielle. Michel Simon, réputé pour son sens de l'improvisation, pouvait proposer des variantes au réalisateur ou inventer des gestes spontanés qui enrichissaient le film. Les scènes d'extérieur, tournées sur les quais de Seine ou dans les rues de Paris, dépendaient des conditions météorologiques.
Soir
Le soir venu, les acteurs et cinéastes se retrouvaient dans les brasseries et cafés du milieu artistique parisien — La Coupole à Montparnasse, les bistrots de Montmartre — pour discuter des projets, des critiques et de l'actualité culturelle. Michel Simon, bohème et solitaire à la fois, rentrait souvent tôt pour s'occuper de ses animaux, auxquels il était profondément attaché.
Alimentation
L'alimentation des Parisiens des années 1930-1940 était ancrée dans la tradition : pain frais quotidien, fromages, charcuterie, plats mijotés dans les bistrots. Pendant l'Occupation (1940-1944), le rationnement sévère imposa des tickets de pain, de viande et de matières grasses, réduisant drastiquement les repas quotidiens. Michel Simon, grand vivant, appréciait la bonne table et les vins français, symboles d'une certaine art de vivre populaire.
Vêtements
Les hommes des classes moyennes et artistiques parisiennes des années 1930 portaient au quotidien le costume trois-pièces, le chapeau feutre et le pardessus. Sur les tournages, les costumiers habillaient les acteurs selon les personnages, parfois en vêtements déclassés ou ouvriers comme pour les rôles populaires de Michel Simon. En dehors des plateaux, Simon était connu pour son allure désinvolte, peu soucieux de l'élégance conventionnelle.
Habitat
Michel Simon vécut dans plusieurs appartements parisiens aux plafonds moulurés typiques du baron Haussmann avant de s'installer en banlieue, à Noisy-le-Grand puis à Bry-sur-Marne, où son jardin lui permettait d'héberger sa ménagerie. Les logements populaires parisiens de l'entre-deux-guerres, souvent exigus et mal chauffés, contrastaient avec les appartements bourgeois à parquet en point de Hongrie qui servaient de décors dans les films de Jean Renoir.






