Miguel Hernández(1910 — 1942)

Miguel Hernández

Espagne

6 min de lecture

LettresPoète(sse)DramaturgeXXe sièclePremière moitié du XXe siècle espagnol : Seconde République, guerre civile (1936-1939) et premières années de la dictature franquiste.

Poète et dramaturge espagnol né en 1910 à Orihuela dans une famille modeste de chevriers. Engagé du côté républicain pendant la guerre civile, il meurt de tuberculose en 1942 dans les prisons franquistes. Il incarne la poésie populaire et combattante de sa génération.

Questions fréquentes

Miguel Hernández (1910-1942) est un poète et dramaturge espagnol, figure majeure de la poésie populaire et engagée du XXe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne la fusion entre la tradition classique espagnole et l'urgence politique de la guerre civile. Issu d'une famille modeste de chevriers, autodidacte, il devient le chantre de la République et des opprimés. Contrairement aux poètes de la Génération de 27, plus intellectuels, Hernández parle directement au peuple avec des images puisées dans la nature et le quotidien des travailleurs. Sa mort en prison sous le régime franquiste à seulement 31 ans en fait un martyr de la liberté d'expression.

Citations célèbres

« Llegó con tres heridas: la del amor, la de la muerte, la de la vida.»
« Tristes guerras si no es amor la empresa.»

Faits marquants

  • Naît le 30 octobre 1910 à Orihuela, autodidacte issu d'un milieu paysan
  • Publie 'El rayo que no cesa' en 1936, recueil majeur de sa maturité poétique
  • S'engage dans l'armée républicaine pendant la guerre civile (1936-1939)
  • Écrit 'Nanas de la cebolla' depuis la prison à destination de son fils
  • Meurt de tuberculose le 28 mars 1942 dans la prison d'Alicante

Œuvres & réalisations

Perito en lunas (1933)

Premier recueil, composé d'octaves royales d'inspiration baroque (Góngora). Il révèle la virtuosité du jeune autodidacte.

El rayo que no cesa (1936)

Recueil de sonnets amoureux et désespérés qui assoit sa réputation. Il contient la célèbre Elegía à Ramón Sijé.

Viento del pueblo (1937)

Poésie engagée et combattante écrite pendant la guerre civile, dont Vientos del pueblo me llevan et Aceituneros. Manifeste de la poésie au service du peuple.

El hombre acecha (1939)

Recueil marqué par l'amertume de la guerre et la souffrance, écrit dans les derniers temps du conflit.

Cancionero y romancero de ausencias (1938-1941)

Recueil posthume écrit en partie en prison, d'une grande intensité intime. Il renferme les Nanas de la cebolla.

El labrador de más aire (1937)

Pièce de théâtre en vers défendant les paysans face à l'injustice. Témoigne de son engagement social.

Anecdotes

Enfant, Miguel quitte l'école vers quatorze ans pour garder les chèvres de son père dans la campagne d'Orihuela. Entre deux troupeaux, il lit en cachette Góngora, Garcilaso et la Bible, et compose ses premiers vers. On le surnomme « le poète-chevrier » quand il commence à publier.

Son ami d'enfance Ramón Sijé, qui l'avait encouragé à écrire, meurt en 1935 à seulement 22 ans. Bouleversé, Miguel lui dédie l'« Elegía », l'un des plus célèbres poèmes funèbres de la langue espagnole, où il se dit prêt à devenir « le jardinier en pleurs » de la terre qui recouvre son ami.

En prison en 1939, il reçoit une lettre de sa femme Josefina disant qu'elle et leur bébé n'ont à manger que du pain et de l'oignon. De ce détail naissent les bouleversantes « Nanas de la cebolla » (Berceuses de l'oignon), une berceuse écrite pour un fils qu'il ne verra presque pas grandir.

Condamné à mort puis gracié, il est transféré de prison en prison. Atteint de tuberculose, il meurt à Alicante le 28 mars 1942, à seulement 31 ans. On raconte que ses yeux restèrent ouverts après sa mort et qu'un codétenu dut les fermer.

Avant de mourir, il aurait gravé sur le mur de sa cellule des vers d'adieu : « Adiós, hermanos, camaradas, amigos : despedidme del sol y de los trigos » (Adieu frères, camarades, amis : faites mes adieux au soleil et aux blés).

Sources primaires

Elegía (a Ramón Sijé), in El rayo que no cesa (1936)
Yo quiero ser llorando el hortelano / de la tierra que ocupas y estercolas, / compañero del alma, tan temprano.
Vientos del pueblo me llevan, in Viento del pueblo (1937)
Vientos del pueblo me llevan, / vientos del pueblo me arrastran, / me esparcen el corazón / y me aventan la garganta.
Nanas de la cebolla, in Cancionero y romancero de ausencias (1939)
La cebolla es escarcha / cerrada y pobre: / escarcha de tus días / y de mis noches.
El rayo que no cesa (sonnet) (1936)
No cesará este rayo que me habita / el corazón de exasperadas fieras / y de fraguas coléricas y herreras / donde el metal más fresco se marchita.

Lieux clés

Orihuela

Ville natale du poète, dans la province d'Alicante. Il y grandit, y garde les chèvres et y découvre la poésie.

Madrid

Capitale où Hernández s'installe dans les années 1930 et fréquente la Génération de 27. Centre de la vie littéraire et politique républicaine.

Jaén

Région andalouse des oliveraies qu'il célèbre dans le poème Aceituneros (« Andaluces de Jaén »), devenu un hymne local.

Prison d'Alicante (Reformatorio de Adultos)

Lieu de sa détention finale, où il meurt de la tuberculose le 28 mars 1942. Il y écrit ses derniers vers.

Voir aussi