Mikhaïl Boulgakov(1891 — 1940)

Mikhaïl Boulgakov

Union soviétique, Empire russe

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)DramaturgeMédecinXXe siècleRussie impériale finissante puis Union soviétique sous Lénine et Staline, marquée par la révolution de 1917, la guerre civile et la censure stalinienne.

Écrivain et dramaturge soviétique d'origine ukrainienne, d'abord médecin de formation. Auteur censuré sous Staline, il est célèbre pour son roman satirique et fantastique *Le Maître et Marguerite*, publié seulement après sa mort.

Questions fréquentes

Mikhaïl Boulgakov (1891-1940) est un écrivain et dramaturge soviétique d'origine ukrainienne, médecin de formation. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est surtout connu pour son roman Le Maître et Marguerite, une satire fantastique du Moscou stalinien où le diable vient semer le chaos. Publié seulement après sa mort, ce chef-d'œuvre est devenu un symbole de résistance à la censure. Ce qui rend Boulgakov décisif, c'est sa capacité à mêler humour, fantastique et critique politique, tout en restant l'un des auteurs les plus lus et étudiés en Russie.

Citations célèbres

« Les manuscrits ne brûlent pas.»

Faits marquants

  • Né en 1891 à Kiev, il exerce comme médecin pendant la Première Guerre mondiale et la guerre civile russe.
  • Abandonne la médecine vers 1920 pour se consacrer à l'écriture et au théâtre.
  • Publie *La Garde blanche* (1925), adaptée au théâtre sous le titre *Les Jours des Tourbine*.
  • Écrit *Le Maître et Marguerite* de 1928 à sa mort ; le roman ne paraît qu'en 1966-1967, longtemps après lui.
  • Censuré et interdit de publication sous Staline, il meurt à Moscou en 1940.

Œuvres & réalisations

Récits d'un jeune médecin (1925-1926)

Recueil de nouvelles inspiré de ses années de médecin de campagne, mêlant humour, angoisse et observation clinique.

La Garde blanche (1925)

Roman sur une famille de Kiev prise dans la tourmente de la guerre civile, première grande œuvre de Boulgakov.

Cœur de chien (1925)

Satire mordante d'un savant transformant un chien en homme ; jugée trop critique du régime, elle ne fut publiée en U.R.S.S. qu'en 1987.

Les Œufs fatidiques (1925)

Récit de science-fiction satirique où une invention scientifique tourne à la catastrophe, raillant la bureaucratie soviétique.

Les Jours des Tourbine (1926)

Adaptation théâtrale de La Garde blanche, immense succès au Théâtre d'art de Moscou, appréciée même de Staline.

La Fuite (1928)

Pièce sur l'exil des Russes blancs, interdite avant même d'être jouée du vivant de l'auteur.

Le Maître et Marguerite (1928-1940 (publié 1966-1967))

Roman satirique et fantastique où le diable visite le Moscou stalinien ; chef-d'œuvre publié seulement après sa mort.

Anecdotes

En 1930, désespéré de voir toutes ses pièces interdites, Boulgakov jeta au feu le premier manuscrit de son grand roman. Il le réécrivit ensuite de mémoire, et c'est de cette expérience que naîtra la célèbre phrase du Maître et Marguerite : « Les manuscrits ne brûlent pas. »

La même année, après que l'écrivain eut adressé une lettre au gouvernement réclamant le droit d'émigrer ou de travailler, Staline lui téléphona personnellement. Pris de court, Boulgakov répondit qu'un écrivain russe ne pouvait vivre loin de sa patrie. Peu après, on lui offrit un poste au Théâtre d'art de Moscou.

Staline détestait l'idéologie de Boulgakov mais adorait sa pièce Les Jours des Tourbine, qui montrait des officiers blancs avec sympathie : il serait allé la voir une quinzaine de fois, ce qui protégea longtemps l'auteur d'une arrestation pure et simple.

Médecin avant d'être écrivain, Boulgakov fut exilé jeune dans un hôpital de campagne perdu dans la neige, expérience qu'il raconta dans ses Récits d'un jeune médecin. Il y traversa aussi une période de dépendance à la morphine, qu'il parvint à surmonter et transposa dans sa nouvelle Morphine.

Devenu presque aveugle et mourant d'une maladie rénale héréditaire en 1940, il continua à dicter les corrections du Maître et Marguerite à sa femme Elena. Le roman ne fut publié qu'en 1966-1967, plus de vingt-cinq ans après sa mort.

Sources primaires

Lettre au Gouvernement de l'U.R.S.S. (28 mars 1930)
Je demande au Gouvernement soviétique de m'ordonner de quitter sans délai les frontières de l'U.R.S.S. Et si ce que j'écris n'est pas convaincant et que je suis condamné à me taire jusqu'à la fin de mes jours en U.R.S.S., je demande au Gouvernement de me donner du travail.
Le Maître et Marguerite (écrit 1928-1940, publié 1966-1967)
Les manuscrits ne brûlent pas.
Récits d'un jeune médecin (1925-1926)
À quarante verstes de toute voie ferrée, le jeune médecin se retrouve seul, la nuit, face à des cas qu'il n'a jamais traités, n'ayant pour seuls compagnons que ses manuels et sa peur.

Lieux clés

Kiev

Ville natale de Boulgakov, alors dans l'Empire russe, où il grandit et étudia la médecine. Elle sert de décor à son roman La Garde blanche pendant la guerre civile.

Région de Smolensk (hôpital de campagne)

Boulgakov y exerça comme médecin de zemstvo isolé, loin de tout. Cette expérience nourrit ses Récits d'un jeune médecin.

Vladikavkaz

Dans le Caucase, pendant la guerre civile, Boulgakov abandonna la médecine et fit ses premiers pas dans le théâtre et le journalisme.

Appartement de la Bolchaïa Sadovaïa, Moscou

Logement communautaire (kommunalka) où vécut Boulgakov à son arrivée à Moscou. Le « mauvais appartement » du Maître et Marguerite s'en inspire ; c'est aujourd'hui un musée.

Théâtre d'art de Moscou (MKhAT)

Scène prestigieuse où triomphèrent Les Jours des Tourbine et où Boulgakov travailla comme assistant metteur en scène et dramaturge après l'appel de Staline.

Moscou (mort)

Capitale soviétique où Boulgakov passa l'essentiel de sa carrière et mourut le 10 mars 1940. Il est enterré au cimetière de Novodevitchi.

Voir aussi