Retour à Nathalie Sarraute
Le thé russe et ses accompagnements (à la parisienne)
Dans les familles russes émigrées comme celle de Sarraute, le repas ne s'organise pas autour de la grille entrée-plat-dessert, mais autour d'un noyau central : le thé, servi longuement, au samovar à l'origine, puis à la théière dans les appartements parisiens. Tout gravite autour de lui — les zakouski (petites bouchées salées prises avant ou pendant), les plats de gruau et de pâte qui nourrissent au quotidien, et les douceurs (confitures, fromage blanc sucré) que l'on grignote tasse après tasse, en parlant. La conversation, plus que la table, est le vrai plat de résistance.
Signature : Le sarrasin (gretchka) et la confiture-dans-le-thé
Deux marqueurs de la cuisine russe domestique : le sarrasin grillé, céréale du quotidien slave, à la saveur de noisette torréfiée ; et l'habitude de prendre une cuillerée de confiture (varenye) non pas tartinée mais fondue dans le thé ou avalée à part, entre deux gorgées brûlantes. Deux gestes que l'enfance russe d'une Parisienne du XVIe arrondissement n'oublie pas.

Nathalie Sarraute à table

1900 — 1999

5 recettes d’époque