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Varenye de griottes
Pourquoi ce plat ? Le varenye — confiture russe aux fruits entiers gardés fermes dans un sirop clair — était la réserve d'été que chaque famille préparait pour tenir l'hiver et parfumer le thé. C'est le compagnon obligé de la tasse de Sarraute : la cuillère de confiture que l'on prend à part, entre deux gorgées, geste russe transplanté dans un appartement du XVIe arrondissement.
Des griottes (cerises acides) cuites entières dans un sirop léger, jusqu'à ce qu'elles brillent sans se défaire. Moins prise qu'une confiture française, plus fruitée — on la sert à la coupelle pour le thé, ou sur du fromage blanc.
L'été, on ne perdait pas les cerises aigres : on les voulait entières, fermes, baignant dans un sirop clair comme un vernis. Ma mère écumait patiemment, sans trop remuer pour ne pas les blesser, et la cuisine sentait le fruit chaud pendant des heures. On en remplissait des bocaux pour tout l'hiver. Et quand venait le thé, on en posait une cuillère dans une petite coupe — pas dans le verre, non, à côté — et l'on goûtait l'été disparu entre deux gorgées brûlantes.
- •Griottes (cerises aigres) dénoyautées — à parts égales avec le sucre (fruit)
- •Sucre — autant que de fruits (conservation et sirop)
- •Eau — un peu (amorce du sirop)
Varenye de griottes
Des griottes (cerises acides) cuites entières dans un sirop léger, jusqu'à ce qu'elles brillent sans se défaire. Moins prise qu'une confiture française, plus fruitée — on la sert à la coupelle pour le thé, ou sur du fromage blanc.
Pourquoi ce plat ? Le varenye — confiture russe aux fruits entiers gardés fermes dans un sirop clair — était la réserve d'été que chaque famille préparait pour tenir l'hiver et parfumer le thé. C'est le compagnon obligé de la tasse de Sarraute : la cuillère de confiture que l'on prend à part, entre deux gorgées, geste russe transplanté dans un appartement du XVIe arrondissement.
L'été, on ne perdait pas les cerises aigres : on les voulait entières, fermes, baignant dans un sirop clair comme un vernis. Ma mère écumait patiemment, sans trop remuer pour ne pas les blesser, et la cuisine sentait le fruit chaud pendant des heures. On en remplissait des bocaux pour tout l'hiver. Et quand venait le thé, on en posait une cuillère dans une petite coupe — pas dans le verre, non, à côté — et l'on goûtait l'été disparu entre deux gorgées brûlantes.
Ingrédients (version d’époque)
- Griottes (cerises aigres) dénoyautées — à parts égales avec le sucre (fruit)
- Sucre — autant que de fruits (conservation et sirop)
- Eau — un peu (amorce du sirop)
Ingrédients
- Griottes dénoyautées (fraîches ou surgelées) — 1 kg (fruit)
- Sucre — 800 g à 1 kg (conservation et sirop)
- Eau — 100 ml (amorce du sirop)
- Jus de citron — 1 c. à soupe (équilibre et tenue)
Préparation
- Dissoudre le sucre dans l'eau et porter à frémissement pour un sirop clair.
- Ajouter les griottes dénoyautées, porter doucement à ébullition.
- Écumer soigneusement et cuire à feu moyen 25 à 35 minutes, en remuant peu pour garder les fruits entiers, jusqu'à ce que le sirop nappe.
- Ajouter le jus de citron en fin de cuisson.
- Verser brûlant dans des bocaux ébouillantés, fermer et retourner jusqu'au refroidissement. Conserver au frais.
Comment on faisait : Le varenye se distingue de la confiture française par sa texture : on vise un sirop fluide et des fruits intacts, pas une gelée prise. On le cuisait souvent à la bassine de cuivre, parfois en plusieurs petites ébullitions espacées pour que les fruits s'imprègnent de sucre sans éclater. La 'mousse' (penka) écumée était un régal offert aux enfants.
Le twist contemporain : Un soupçon de cardamome ou un trait d'eau-de-vie de cerise dans le bocal : le varenye devient une confiture de fête à offrir, ruban et étiquette manuscrite.
Sources : Elena Molokhovets, *Un cadeau aux jeunes ménagères* (Подарок молодым хозяйкам)
Nathalie Sarraute · Charactorium





