La carte de Nathalie Sarraute
Thé noir à la russe, au citron
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Boisson-socle du repas (tchaï)

Thé noir à la russe, au citron

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Boisson-socle du repas (tchaï)

Thé noir à la russe, au citron

Pourquoi ce plat ? La tasse de thé figure parmi les objets typiques de Sarraute, et elle traverse toute son enfance russe comme sa vie parisienne d'écrivaine. Le thé n'est pas une fin de repas : c'est le cœur autour duquel on se rassemble et l'on parle — terrain idéal pour son oreille tendue aux mouvements infimes de la conversation, ces 'tropismes' qu'elle a passé sa vie à saisir.

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Boisson-socle du repas (tchaï)

Un thé noir corsé, préparé en concentré (zavarka) puis allongé d'eau bouillante dans le verre, relevé d'une rondelle de citron. Amer et vif, on l'adoucit à sa guise d'une cuillère de confiture plutôt que de sucre.

Chez nous le thé n'attendait pas la fin du repas : il était là tout le temps, brûlant, dans les verres que l'on tenait par le bord. On gardait un fond très fort, presque noir, et l'on en versait un doigt avant d'allonger d'eau bouillante — chacun le faisait à sa force. Une rondelle de citron, jamais de lait. Et si l'on voulait du sucré, on prenait la confiture à la petite cuillère, à côté, en parlant. C'est dans ces heures-là, je crois, que j'ai appris à écouter ce qui se dit sous les mots.
Nathalie Sarraute
Ingrédients
  • Thé noir en feuillespour un concentré (zavarka) (infusion mère)
  • Eau du samovarà volonté (allongement)
  • Citronen rondelles (acidité)
  • Confiture (varenye)à part (douceur (vprikousku))
Comment on faisait : Le samovar maintenait l'eau bouillante des heures durant ; la théière (tchaïnik) de concentré se posait sur son couvercle pour rester chaude. Boire le thé 'vprikousku' — en croquant un morceau de sucre ou en prenant la confiture à part — était l'usage populaire, par opposition au sucre fondu dans la tasse.

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