Nelly Sachs(1891 — 1970)
Nelly Sachs
Suède, Allemagne
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Poétesse et dramaturge juive allemande, contrainte à l'exil en Suède en 1940 pour fuir le nazisme. Son œuvre, marquée par la Shoah, lui valut le prix Nobel de littérature en 1966.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Ô les cheminées sur les demeures de la mort ingénieusement conçues »
Faits marquants
- Née le 10 décembre 1891 à Berlin dans une famille juive aisée
- Fuit l'Allemagne nazie en 1940 et trouve refuge en Suède grâce à l'aide de Selma Lagerlöf
- Publie en 1947 le recueil 'Dans les demeures de la mort' (In den Wohnungen des Todes), hommage aux victimes de la Shoah
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1966, partagé avec Shmuel Yosef Agnon
- Meurt le 12 mai 1970 à Stockholm
Œuvres & réalisations
Premier grand recueil consacré à la Shoah, dont le poème « Ô les cheminées ». Il fait d'elle une voix majeure de la mémoire du génocide.
Pièce de théâtre poétique sur la souffrance du peuple juif. Elle mêle drame, mystique et deuil collectif.
Recueil poursuivant la méditation sur l'exil, la nuit et la disparition. Il confirme sa langue dépouillée et hantée.
Recueil central où l'exil devient métamorphose perpétuelle. On y lit le vers célèbre « au lieu d'une patrie, je tiens les métamorphoses du monde ».
Rassemblement de son œuvre poétique, qui assoit sa réputation internationale. Le titre dit son aspiration à dépasser la mort.
Distinction reçue pour une œuvre interprétant « le destin d'Israël » avec force. Elle couronne une vie d'écriture née de l'exil.
Anecdotes
En mai 1940, alors que la Gestapo la convoque, Nelly Sachs et sa mère fuient l'Allemagne in extremis grâce à l'intervention de l'écrivaine suédoise Selma Lagerlöf, prix Nobel, qui aida à obtenir leur visa. Elles prennent le dernier vol civil entre Berlin et Stockholm : quelques jours plus tard, cette route aérienne était fermée.
Réfugiée à Stockholm, Nelly Sachs gagne d'abord sa vie en traduisant des poètes suédois vers l'allemand, presque inconnue du grand public. Elle écrit ses poèmes la nuit, dans un petit appartement qu'elle partage avec sa mère, en serrant la langue allemande comme une patrie portative.
En 1966, elle reçoit le prix Nobel de littérature le jour même de son 75e anniversaire, le 10 décembre. Elle partage la distinction avec l'écrivain israélien Shmuel Agnon : leurs deux discours sont vus comme un hommage commun à la culture juive après la Shoah.
Nelly Sachs noua une amitié profonde et exclusivement épistolaire avec le poète Paul Celan, lui aussi marqué par la Shoah. Ils s'appelaient « frère et sœur » par lettres ; ils ne se rencontrèrent qu'une seule fois en personne, en 1960, à Zurich.
Hantée par la peur d'être retrouvée par les nazis, Nelly Sachs souffrit de longues crises d'angoisse et fut hospitalisée plusieurs fois. La poésie était pour elle une manière de survivre : elle disait écrire pour « donner une voix aux morts » de la Shoah.
Sources primaires
Ô les cheminées / Sur les demeures de la mort ingénieusement conçues / quand le corps d'Israël s'en alla, dissous en fumée / à travers l'air.
À la place de la patrie / je tiens les métamorphoses du monde.
Entre Paris et Stockholm court le méridien de la douleur et de la consolation.
Au lieu d'une patrie / je tiens les métamorphoses du monde dans la main.
Lieux clés
Ville natale de Nelly Sachs, où elle grandit dans une famille juive cultivée jusqu'à la montée du nazisme.
Terre d'exil à partir de 1940 et lieu de toute son œuvre majeure. Elle y vécut, écrivit et mourut.
Lieu de la cérémonie du prix Nobel de littérature de 1966, reçu le jour de son 75e anniversaire.
Ville où Nelly Sachs rencontra en personne le poète Paul Celan en 1960, lors de son seul retour en pays germanophone.
Ville où lui fut remis le prix Droste en 1960, l'une de ses premières grandes reconnaissances.
