Biographie

Nicolas Poussin est un peintre français du XVIIe siècle, figure majeure du classicisme pictural. Installé à Rome la plus grande partie de sa vie, il privilégie le dessin, la rigueur de la composition et les sujets historiques, mythologiques et religieux inspirés de l'Antiquité.

Nicolas Poussin(1594 — 1665)

Nicolas Poussin

France, Royaume de France

7 min de lecture

Arts visuelsArtisteTemps modernesFrance et Rome du Grand Siècle (XVIIe siècle), époque du classicisme et du règne de Louis XIII puis Louis XIV

Questions fréquentes

Nicolas Poussin (1594-1665) est la figure centrale du classicisme pictural français. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a passé presque toute sa carrière à Rome, où il a développé un art savant, rigoureux, fondé sur le dessin et l'imitation de l'Antiquité. Ce qui le distingue de ses contemporains, c'est son refus de la virtuosité facile : il privilégie les sujets historiques, mythologiques ou bibliques, composés avec une clarté géométrique et une profondeur morale. Son influence est telle qu'Louis XIII le nomme premier peintre du roi en 1640, et l'Académie royale de peinture en fait son modèle théorique après sa mort.

Citations célèbres

« Je n'ai rien négligé.»

Faits marquants

  • Né en 1594 aux Andelys, en Normandie
  • S'installe durablement à Rome à partir de 1624, où il étudie l'art antique et Raphaël
  • Peint Les Bergers d'Arcadie (Et in Arcadia ego) vers 1638-1640
  • Rappelé à Paris en 1640 par Louis XIII et Richelieu comme premier peintre du roi, avant de repartir à Rome en 1642
  • Mort à Rome en 1665, devenu modèle de référence pour l'Académie royale de peinture

Œuvres & réalisations

La Mort de Germanicus (1627)

Grande scène d'histoire romaine qui établit la réputation de Poussin à Rome et illustre son goût pour la gravité antique.

L'Inspiration du poète (vers 1629-1630)

Allégorie mythologique où Apollon couronne un poète, manifeste de l'idéal classique et savant de l'artiste.

L'Enlèvement des Sabines (vers 1634-1638)

Composition mouvementée tirée de l'histoire romaine, exemple de la rigueur dramatique et de l'équilibre des gestes.

Les Bergers d'Arcadie (Et in Arcadia ego) (vers 1638-1640)

Méditation sur la mort présente même au pays du bonheur ; l'une des œuvres les plus célèbres et commentées de Poussin.

Le Jugement de Salomon (1649)

Scène biblique où l'expression des passions et la clarté de la composition servent une démonstration de justice.

Les Quatre Saisons (1660-1664)

Cycle de quatre paysages bibliques peint à la fin de sa vie, sommet de sa réflexion sur la nature et le destin humain.

Autoportrait (1650)

Portrait de lui-même peint pour son ami Chantelou, image du peintre-philosophe entouré de ses idées sur l'art.

Anecdotes

Né en Normandie aux environs des Andelys en 1594, Poussin quitte sa province pour Paris, puis traverse la France à pied à plusieurs reprises pour tenter de gagner Rome. Il échoue deux fois avant d'y parvenir enfin en 1624 : la ville éternelle deviendra sa patrie d'adoption pour le reste de sa vie.

En 1640, le roi Louis XIII et son ministre Richelieu rappellent Poussin à Paris et le nomment premier peintre du roi, le chargeant de décorer la grande galerie du Louvre. Mais l'artiste, habitué aux petits formats méditatifs et à la tranquillité romaine, supporte mal les commandes monumentales et les jalousies de cour : dès 1642, il repart pour Rome et n'en reviendra plus jamais.

Pour composer ses tableaux, Poussin fabriquait de petites maquettes : il modelait des figurines de cire qu'il disposait dans une boîte-théâtre, déplaçant les personnages et orientant la lumière par une fenêtre. Cette méthode quasi théâtrale lui permettait d'étudier les ombres et l'agencement avant de peindre.

Poussin écrivit qu'il existe deux manières de regarder les objets : « simplement les voir » ou les « considérer avec attention ». Il se considérait lui-même comme un peintre savant, qui peignait pour des amateurs cultivés capables de lire les sujets antiques et philosophiques de ses œuvres.

Sa toile « Les Bergers d'Arcadie » montre des bergers déchiffrant l'inscription gravée sur un tombeau : « Et in Arcadia ego » (« Moi aussi, j'ai vécu en Arcadie »). Cette phrase énigmatique, rappelant que la mort existe même dans le pays idéal du bonheur, a fasciné des générations d'écrivains et d'historiens.

Sources primaires

Lettre de Poussin à Paul Fréart de Chantelou (sur les modes) (24 novembre 1647)
Les nobles Grecs ont inventé plusieurs modes par lesquels ils ont produit des effets merveilleux : ce mot de mode signifie proprement la raison ou la mesure et forme dont nous nous servons à faire quelque chose.
Lettre de Poussin à Chantelou (sur la nouveauté en peinture) (1647)
La nouveauté dans la peinture ne consiste pas principalement dans un sujet non encore vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et ainsi de commun et vieux le sujet devient singulier et neuf.
Vie de Nicolas Poussin, par Giovanni Pietro Bellori (Le Vite de' pittori) (1672)
Bellori, ami et biographe de l'artiste, rapporte les idées de Poussin sur l'imitation, la convenance et la grandeur des sujets, et transmet sa théorie des « modes » empruntée à la musique antique.
Entretiens sur les vies et les ouvrages des plus excellents peintres, par André Félibien (1666-1688)
Félibien, qui connut Poussin à Rome, consacre un long entretien au peintre et fixe pour la postérité l'image du « Raphaël français », maître du dessin et de la composition réfléchie.

Lieux clés

Les Andelys (Normandie)

Région natale de Poussin, où il naît en 1594 et reçoit ses premières leçons de dessin avant de partir pour Paris.

Paris

Ville où Poussin se forme jeune homme, puis où il revient en 1640-1642 comme premier peintre du roi Louis XIII.

Rome

Capitale artistique où Poussin s'installe en 1624 et passe l'essentiel de sa carrière ; il y meurt en 1665.

Église San Lorenzo in Lucina, Rome

Église romaine où Poussin est enterré ; un monument funéraire y sera élevé à sa mémoire au XIXe siècle.

Galerie du Louvre, Paris

Grande galerie dont Louis XIII confie la décoration à Poussin en 1640 ; chantier monumental qu'il abandonne en repartant pour Rome.

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Voir aussi