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Sofre persane (سفره)
Le repas persan médiéval se déploie sur le sofre, une nappe étalée au sol ou sur un tapis. On y dispose d'abord le nan (pain plat), socle du repas, puis les accompagnements : un âsh (potage épais), des torshi (condiments vinaigrés), du mâst (yaourt). Les jours ordinaires, le repas reste frugal. Les jours de fête, un polow (riz enrichi) et du kabâb de mouton s'y ajoutent. Le sharbat (boisson sucrée aromatique) accompagne ou clôt le repas. Les douceurs comme le halvâ apparaissent lors des célébrations ou en offrande aux visiteurs. La structure n'est pas séquentielle comme en France : tout est posé ensemble et chacun pioche librement.
Signature : Eau de rose (golâb) et safran (za'farân)
Le duo eau de rose-safran est la signature aromatique de la cuisine persane classique. Le safran, récolté à Khorasan et à Qaen, colore et parfume les plats de fête d'un or profond. L'eau de rose, distillée à partir des rosiers de Chiraz et de Kashan, adoucit les douceurs et les boissons. À l'époque de Nizami, ces deux ingrédients étaient à la fois culinaires, médicinaux et poétiques — le safran symbolisait la joie et la souffrance, la rose l'amour et l'éphémère.

Nizami Ganjavi à table

1141 — 1209

4 recettes d’époque