La carte de Nizami Ganjavi
Polow-e morâssâ' (پلو مرصع) — Riz aux joyaux
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Polow (riz enrichi de fête)

Polow-e morâssâ' (پلو مرصع) — Riz aux joyaux

FestifReconstitution🍯 🧂 🌶️difficile2 h 30
Polow (riz enrichi de fête)

Polow-e morâssâ' (پلو مرصع) — Riz aux joyaux

Pourquoi ce plat ? Nizami écrivait sur commande des princes locaux — les Atabegs de Ganja et les souverains seldjoukides. Chaque achèvement d'un grand poème (le Khamsa en compta cinq) était l'occasion d'un banquet somptueux offert par le mécène. Le polow-e morâssâ', riz aux joyaux de fruits secs et de safran, est le plat de ces célébrations : ses couleurs — ambre, rubis, émeraude — évoquent les pierres précieuses que Nizami décrit dans ses vers sur les trésors des rois.

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Polow (riz enrichi de fête)

Riz basmati cuit en tahdig (croûte dorée), enrichi d'amandes effilées, pistaches, écorces d'orange confites, épine-vinette (zereshk), carottes en julienne, le tout parfumé au safran et à la cardamome, servi avec du mouton braisé aux oignons.

Lorsque j'achevai de conter les tourments de Majnun pour sa Layla, l'Atabeg me fit porter à ma demeure un plateau d'argent couvert de ce polow que ses cuisiniers nomment morâssâ' — le serti de joyaux. Vois comme les pistaches font des émeraudes, le zereshk des rubis, le safran répand son or sur chaque grain ! Je ne suis qu'un homme de mots, mais ce plat est un poème que l'on mange. Le secret, me confia le cuisinier du palais, tient dans le tahdig — cette croûte craquante au fond du pot, dorée comme un soleil caché, que l'on retourne d'un geste vif. C'est l'art de la patience : le feu doit être aussi bas que la voix d'un amant qui murmure.
Nizami Ganjavi
Ingrédients
  • Riz longdeux poignées par convive (base)
  • Mouton (épaule)un bon morceau (viande de fête)
  • Safranune pincée généreuse (parfum, couleur)
  • Amandesune poignée (joyau)
  • Pistachesune poignée (joyau)
  • Épine-vinette (zereshk)une poignée (acidité, rubis)
  • Écorces d'orange séchéesquelques lanières (amertume parfumée)
  • Carottesdeux, en fins bâtonnets (douceur)
  • Oignonsdeux (base du braisé)
  • Cardamome vertequelques gousses (épice)
  • Beurre clarifiéun bon morceau (cuisson, tahdig)
  • Sucre ou mielun peu (équilibre des carottes)
  • Selselon le goût (assaisonnement)
Comment on faisait : Les polows enrichis sont attestés dans les banquets persans dès l'époque abbasside (VIIIe-XIIIe s.). Le Kitâb al-Tabîkh d'al-Baghdâdi (1226, peu après Nizami) décrit plusieurs variantes de riz aux fruits secs et épices. Le tahdig (croûte du fond) était déjà prisé. L'épine-vinette, cueillie sauvage dans le Caucase et en Iran, servait de condiment acide bien avant l'arrivée des agrumes courants.
Sources : Muhammad ibn al-Hasan al-Baghdadi, « Kitāb al-Ṭabīkh » (1226) · Nawal Nasrallah, « Annals of the Caliphs' Kitchens » (traduction commentée)

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