Sharbat-e sekanjabin (شربت سکنجبین)
Sirop de miel (ou sucre) et vinaigre, dilué dans de l'eau fraîche, parfumé à la menthe. Boisson douce-acide et désaltérante, servie glacée avec des feuilles de menthe ou des lamelles de concombre.
Sirop de miel (ou sucre) et vinaigre, dilué dans de l'eau fraîche, parfumé à la menthe. Boisson douce-acide et désaltérante, servie glacée avec des feuilles de menthe ou des lamelles de concombre.
On me reproche parfois de ne point chanter le vin comme le fit le grand Khayyam. Mais pourquoi brûler son esprit quand le sekanjabin le rafraîchit ? Le miel du Caucase, le vinaigre vieilli, un bouquet de menthe du jardin — voilà le breuvage que je prends lorsque la chaleur de Ganja accable et que ma main peine à tenir le calame. Ibn Sina lui-même prescrivait cette boisson contre la bile jaune, et qui suis-je pour contredire le Prince des médecins ? Je la bois froide, dans un bol de terre, et les mots reviennent couler comme l'eau d'une source.
- •Miel — un bol (sucrant principal)
- •Vinaigre de vin vieux — un demi-bol (acidité)
- •Eau — deux bols (dilution du sirop)
- •Menthe fraîche — un bouquet (parfum, fraîcheur)
Sharbat-e sekanjabin (شربت سکنجبین)
Sirop de miel (ou sucre) et vinaigre, dilué dans de l'eau fraîche, parfumé à la menthe. Boisson douce-acide et désaltérante, servie glacée avec des feuilles de menthe ou des lamelles de concombre.
Pourquoi ce plat ? Nizami, homme de plume et de sobriété, ne buvait pas de vin — contrairement à son prédécesseur Omar Khayyam. Le sekanjabin (vinaigre de miel) est l'une des boissons les plus anciennes du monde persan, à la fois rafraîchissement et remède. Nizami, qui intègre la médecine galénique dans ses vers, connaissait les vertus que les médecins persans (Avicenne en tête) attribuaient au sekanjabin : équilibrer les humeurs, calmer la bile jaune en été.
On me reproche parfois de ne point chanter le vin comme le fit le grand Khayyam. Mais pourquoi brûler son esprit quand le sekanjabin le rafraîchit ? Le miel du Caucase, le vinaigre vieilli, un bouquet de menthe du jardin — voilà le breuvage que je prends lorsque la chaleur de Ganja accable et que ma main peine à tenir le calame. Ibn Sina lui-même prescrivait cette boisson contre la bile jaune, et qui suis-je pour contredire le Prince des médecins ? Je la bois froide, dans un bol de terre, et les mots reviennent couler comme l'eau d'une source.
Ingrédients (version d’époque)
- Miel — un bol (sucrant principal)
- Vinaigre de vin vieux — un demi-bol (acidité)
- Eau — deux bols (dilution du sirop)
- Menthe fraîche — un bouquet (parfum, fraîcheur)
Ingrédients
- Miel liquide — 250 g (sucrant)
- Vinaigre de cidre ou de vin blanc — 80 ml (acidité)
- Eau — 200 ml (pour le sirop) + eau fraîche pour servir (dilution)
- Menthe fraîche — 1 gros bouquet (parfum)
- Concombre (optionnel) — quelques rondelles (fraîcheur)
Préparation
- Dans une casserole, dissoudre le miel dans 200 ml d'eau à feu doux. Porter à léger frémissement et laisser cuire 5 minutes en écumant si nécessaire.
- Ajouter le vinaigre hors du feu, mélanger. Laisser tiédir.
- Plonger le bouquet de menthe lavée dans le sirop encore chaud. Couvrir et laisser infuser au moins 1 heure (idéalement une nuit au réfrigérateur).
- Retirer la menthe. Le sirop se conserve plusieurs semaines au réfrigérateur dans un bocal.
- Pour servir : diluer 2 à 3 cuillères à soupe de sirop dans un grand verre d'eau très fraîche. Ajouter des glaçons, des feuilles de menthe et des rondelles de concombre.
Comment on faisait : Le sekanjabin est l'un des plus vieux oxymels documentés : son nom vient du persan serkeh (vinaigre) et angabin (miel). Il est décrit dans le Canon de la médecine d'Avicenne (XIe siècle) comme remède digestif et fébrifuge. Le Kitâb al-Tabîkh d'al-Baghdâdi en donne une recette quasi identique à celle d'aujourd'hui. C'était la boisson non alcoolisée de référence dans tout le monde persan et arabe médiéval.
Le twist contemporain : Servir en carafe transparente avec des feuilles de menthe en suspension et des glaçons, façon « limonade d'érudit ». On peut ajouter un trait d'eau de rose pour un parfum floral.
Sources : Ibn Sīnā (Avicenne), « al-Qānūn fī al-ṭibb » (Canon de la médecine, XIe siècle) · Muhammad ibn al-Hasan al-Baghdadi, « Kitāb al-Ṭabīkh » (1226)
Nizami Ganjavi · Charactorium





