Nizami Ganjavi (1141–1209) est le plus grand poète épique de la littérature persane classique. Né à Ganja, dans l'actuel Azerbaïdjan, il composa le Khamsa, un recueil de cinq poèmes épiques dont Layla et Majnun et Khosrow et Shirin, qui influencèrent des générations de poètes orientaux.
Nizami Ganjavi(1141 — 1209)
Nizami Ganjavi
empire seldjoukide
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1141 : naissance à Ganja (actuel Azerbaïdjan), au sein de l'empire seldjoukide
- Vers 1177 : composition de Khosrow et Shirin, poème épique romantique dédié à un prince local
- Vers 1188 : achèvement de Layla et Majnun, qui deviendra l'une des histoires d'amour les plus célèbres du monde islamique
- Il compose le Khamsa (les Cinq Trésors), œuvre monumentale en vers persans de plus de 30 000 distiques
- 1209 : mort à Ganja, laissant une influence durable sur les littératures persane, turque, azerbaïdjanaise et ourdoue
Œuvres & réalisations
Premier poème du Khamsa, œuvre didactique et mystique faite de discours moraux et d'apologues spirituels.
Grand roman d'amour en vers autour du roi sassanide Khosrow et de la princesse Shirin, chef-d'œuvre de la poésie romanesque persane.
Adaptation en persan d'une légende arabe de l'amour absolu et impossible, devenue l'archétype de l'amour passion en Orient.
Récit-cadre du roi Bahram Gour et de sept princesses, mêlant conte, symbolique des couleurs et méditation sur la royauté.
Épopée philosophique en deux parties faisant d'Alexandre le Grand un conquérant, un sage et un prophète en quête de vérité.
L'ensemble des cinq poèmes, monument de la littérature persane classique, inlassablement copié et illustré du Caucase à l'Inde.
Anecdotes
Contrairement à beaucoup de poètes de cour de son temps, Nizami refusa de vivre en flatteur auprès des rois. Il dédiait ses œuvres à des princes mais restait à Ganja, sa ville natale, menant une vie relativement modeste et pieuse plutôt que de courtiser les palais.
Nizami perdit très jeune ses parents et fut élevé en partie par un oncle maternel. Cette éducation solide lui donna une immense culture : il maîtrisait non seulement la poésie persane, mais aussi les mathématiques, l'astronomie, la médecine et le droit islamique, savoirs qu'il glissa dans ses poèmes.
Son épouse Afaq (aussi appelée Appaq), une esclave kiptchak offerte par un prince puis affranchie et épousée par amour, lui inspira le personnage féminin de Shirin. Sa mort prématurée le bouleversa profondément et marqua sa poésie d'une tendresse et d'une mélancolie durables.
Le Khamsa (les « Cinq Trésors ») fut composé sur près de trente ans. Nizami y raffina la langue persane au point que ses vers devinrent un modèle recopié et imité pendant des siècles, de la Turquie ottomane jusqu'à l'Inde moghole.
L'histoire de Layla et Majnun qu'il mit en vers rendit célèbre l'image du « fou d'amour » (Majnun signifie « possédé »), un jeune homme qui erre dans le désert en récitant des poèmes pour sa bien-aimée. Ce récit inspira des peintres, des musiciens et même, bien plus tard, des chansons populaires du XXe siècle.
Sources primaires
Le monde est un corps dont le cœur est l'homme ; sans le cœur, à quoi bon un corps ? Cherche donc, ô toi qui possèdes un cœur, la valeur de ce trésor caché en toi.
L'amour de Shirin illumina le monde comme le soleil ; quiconque en fut touché ne trouva plus de repos ni le jour ni la nuit.
Il errait par les déserts en criant le nom de Layla ; les gazelles devinrent ses compagnes et les pierres écoutèrent ses plaintes.
Sous sept coupoles de sept couleurs, le roi Bahram écouta sept princesses conter chacune une histoire, et chaque récit était une leçon voilée de sagesse.
Iskandar parcourut la terre non pour la conquérir seulement, mais pour interroger les sages et chercher la source de la vie éternelle.
Lieux clés
Ville natale de Nizami où il vécut et mourut ; centre culturel du Caucase persan sous les Ildéguizides.
Tombeau monumental élevé sur sa sépulture, devenu emblème national et lieu de pèlerinage littéraire.
Grande capitale de l'Azerbaïdjan médiéval et foyer de la culture persane, proche du monde où circulaient les œuvres de Nizami.
Ancienne capitale historique de la Perse, associée aux légendes de Khosrow et Shirin que Nizami mit en vers.
Capitale du califat abbasside, cœur intellectuel du monde islamique dont rayonnait la culture savante dont Nizami était l'héritier.
Objets typiques

Plume taillée dans un roseau, trempée dans l'encre, avec laquelle Nizami traçait ses dizaines de milliers de distiques en écriture persane.

Petit récipient contenant l'encre noire de suie ; compagnon indispensable du poète pour ses longues heures de composition.

Recueil de poèmes copié à la main sur papier, souvent orné de miniatures illustrant Layla, Majnun ou Shirin.

Instrument d'astronomie que Nizami, versé dans les sciences, évoque dans ses images poétiques du ciel et des étoiles.

Support d'écriture réputé venu d'Asie centrale, prisé des copistes pour transcrire les longs poèmes épiques.

Tapis noué de la région du Caucase, présent dans les demeures et évoquant l'artisanat raffiné de sa ville natale.

Livre saint que le pieux Nizami connaissait intimement ; ses vers sont tissés de références et d'images coraniques.
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Vie quotidienne
Matin
Nizami se lève à l'aube, fait ses ablutions et sa prière au son du muezzin. Après un léger repas, il consacre les heures fraîches du matin à la lecture et à la réflexion sur les récits qu'il veut mettre en vers.
Après-midi
L'après-midi, installé sur un tapis près d'une fenêtre lumineuse, il compose lentement, calame en main. Il pèse chaque distique, consultant parfois des livres d'histoire, d'astronomie ou de médecine pour nourrir ses images.
Soir
Le soir, il reçoit un disciple ou un lettré pour discuter de poésie et de philosophie. À la lueur d'une lampe à huile, il relit et corrige ses vers, ou écoute quelques notes de musique avant de se reposer.
Alimentation
Son alimentation est simple et frugale, à l'image de sa vie pieuse : pain, riz, légumes, fruits secs, yaourt et fromage. La viande de mouton est réservée aux jours de fête, accompagnée de thé et d'eau fraîche.
Vêtements
Il porte une longue robe (qaba) ceinturée, superposée d'une ample tunique de laine ou de coton, et coiffe un turban. Les vêtements sont sobres, dans des tons naturels, dignes d'un homme de savoir et de foi.
Habitat
Il habite une demeure modeste en pierre et brique de terre à Ganja, organisée autour d'une cour intérieure avec un petit jardin et une fontaine. Une pièce calme lui sert de cabinet d'écriture, garnie de tapis, de coussins et de rares manuscrits.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
L'esthétique de la miniature persane classique : couleurs de joyaux, feuille d'or, jardins fleuris et amants idéalisés dans des palais aux carreaux ornementés.
Ambiance sonore
Le grattement du calame sur le papier, une fontaine de jardin, l'appel à la prière et le murmure des vers persans dans la quiétude d'une demeure de Ganja.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Makhzan al-Asrar (Le Trésor des Mystères)
vers 1176
Khosrow et Shirin
vers 1180
Layla et Majnun
1188
Haft Peykar (Les Sept Beautés)
1197
Iskandar-nameh (Le Livre d'Alexandre)
vers 1200
Khamsa (Panj Ganj — Les Cinq Trésors)
1176–1200






