Octavie

Octavie

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PolitiqueSociétéAvant J.-C.Fin de la République romaine et début du principat, à l'époque du second triumvirat et de la rivalité entre Octave et Marc Antoine (Ier siècle av. J.-C.).

Sœur d'Octave (le futur Auguste) et épouse de Marc Antoine, Octavie fut une figure majeure de la fin de la République romaine. Réputée pour sa loyauté et sa dignité, elle tenta en vain de réconcilier son frère et son mari rivaux.

Questions fréquentes

Octavie était la sœur d'Octave (le futur Auguste) et l'épouse de Marc Antoine. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a servi de lien diplomatique entre les deux hommes les plus puissants de Rome après l'assassinat de César. En épousant Antoine en 40 av. J.-C., elle a scellé le pacte de Brindes et retardé de plusieurs années la guerre civile. Moins une simple épouse qu'une médiatrice politique, elle a tenté de maintenir la concorde (concordia) entre son frère et son mari, mais l'abandon d'Antoine pour Cléopâtre a rendu son effort vain.

Faits marquants

  • Née vers 69 av. J.-C., sœur aînée d'Octave, le futur empereur Auguste
  • Épouse Marc Antoine en 40 av. J.-C. pour sceller l'accord de Brindes entre les triumvirs
  • Tente de réconcilier son frère et son mari, mais est répudiée par Marc Antoine au profit de Cléopâtre vers 32 av. J.-C.
  • Élève après Actium (31 av. J.-C.) ses propres enfants et ceux de Marc Antoine et Cléopâtre
  • Meurt en 11 av. J.-C., honorée publiquement par Auguste

Œuvres & réalisations

Médiation du pacte de Brindes (40 av. J.-C.)

Par son mariage avec Antoine, Octavie scella la réconciliation entre les deux triumvirs et retarda de plusieurs années la guerre civile.

Négociation de Tarente (37 av. J.-C.)

Octavie servit d'intermédiaire pour faire renouveler le triumvirat et apaiser les tensions entre Octave et Antoine.

Éducation des enfants d'Antoine (après 30 av. J.-C.)

Elle recueillit et éleva les enfants qu'Antoine avait eus avec Fulvie et Cléopâtre, assurant leur intégration dans l'aristocratie romaine.

Fondation dynastique julio-claudienne (Ier siècle av. J.-C.)

Par ses filles Antonia l'Aînée et Antonia la Jeune, Octavie devint l'ancêtre des empereurs Claude et Néron et du prince Germanicus.

Honneurs publics exceptionnels (35 av. J.-C.)

Octavie et Livie reçurent du Sénat le droit à des statues, l'inviolabilité (sacrosainteté) et la gestion de leurs biens, privilèges rares pour des femmes.

Funérailles publiques (11 av. J.-C.)

À sa mort, Auguste lui rendit des funérailles d'État ; ses petits-fils prononcèrent son éloge, consacrant son statut de matrone modèle.

Anecdotes

En 40 av. J.-C., pour sceller la réconciliation entre Octave et Marc Antoine lors du pacte de Brindes, on maria Octavie à Antoine. Tout juste veuve de son premier époux Marcellus, elle devint ainsi le gage vivant de la paix entre les deux hommes les plus puissants de Rome.

Lorsque Antoine repartit en Orient retrouver Cléopâtre, Octavie continua d'élever sous son toit non seulement ses propres enfants, mais aussi ceux qu'Antoine avait eus avec Cléopâtre et avec sa précédente épouse Fulvie. Cette générosité envers les enfants de sa rivale frappa beaucoup les Romains.

En 35 av. J.-C., Octavie partit elle-même vers l'Orient en apportant à Antoine des vivres, de l'argent et des soldats. Antoine accepta les renforts mais lui ordonna de ne pas le rejoindre, l'humiliation publique qui contribua à retourner l'opinion de Rome contre lui.

Même après qu'Antoine l'eut officiellement répudiée en 32 av. J.-C., Octavie refusa de quitter sa maison et continua de défendre ses intérêts. À la mort d'Antoine, elle recueillit et éleva ses enfants, perpétuant son image de matrone dévouée.

Le fils chéri d'Octavie, Marcellus, fut désigné comme héritier potentiel d'Auguste, mais il mourut très jeune vers 23 av. J.-C. Le poète Virgile lui rendit hommage dans l'Énéide ; on raconte qu'Octavie se serait évanouie d'émotion en l'écoutant lire ces vers.

Sources primaires

Plutarque, Vie d'Antoine (vers 110 apr. J.-C.)
Octavie passait pour une femme d'une beauté remarquable, mais surtout pour sa dignité et sa sagesse ; on espérait qu'unie à Antoine et aimée comme une telle femme méritait de l'être, elle rétablirait la concorde et assurerait le salut de tous.
Plutarque, Vie d'Antoine (épisode des renforts) (vers 110 apr. J.-C.)
Antoine lui manda de demeurer où elle était, parce qu'il se préparait à une expédition. Octavie, comprenant que c'était un prétexte, lui demanda néanmoins où il voulait qu'on lui envoyât ce qu'elle apportait.
Dion Cassius, Histoire romaine (vers 220 apr. J.-C.)
Octavie, bien qu'outragée, ne voulut point quitter la maison de son mari ni cesser de prendre soin de ses enfants, conduite qui rendit Antoine d'autant plus odieux.
Suétone, Vie d'Auguste (vers 120 apr. J.-C.)
Auguste maria sa sœur Octavie à Marc Antoine pour resserrer leur alliance, mais celle-ci fut dissoute par les torts d'Antoine envers une épouse irréprochable.

Lieux clés

Rome

Capitale de la République puis de l'Empire, où Octavie résida et exerça son influence au cœur de la famille d'Auguste. Elle y tint sa maison ouverte aux enfants d'Antoine.

Brindes (Brundisium)

Port de l'Italie méridionale où fut conclu en 40 av. J.-C. le pacte réconciliant Octave et Antoine, scellé par le mariage d'Octavie. Lieu clé de son rôle politique.

Athènes

Cité grecque où Octavie séjourna avec Marc Antoine durant les premières années de leur mariage, lorsque celui-ci gouvernait l'Orient. Le couple y fut honoré par les habitants.

Tarente

Ville d'Italie du Sud où, en 37 av. J.-C., Octavie contribua à la négociation prolongeant l'alliance entre son frère et son mari. Témoignage de son rôle de médiatrice.

Portique d'Octavie

Vaste ensemble monumental de Rome qu'Auguste fit reconstruire et dédia au nom de sa sœur, abritant bibliothèques et œuvres d'art. Il perpétua sa mémoire dans la cité.

Voir aussi