Oreste(399 — 499)

Oreste

Rome antique

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PolitiqueAntiquitéAntiquité tardive — Empire romain d'Orient au début du Ve siècle, à l'époque des tensions entre pouvoir impérial et autorité épiscopale à Alexandrie.

Préfet impérial romain d'Égypte au début du Ve siècle, en poste à Alexandrie. Chrétien mais soucieux de l'ordre civil, il s'opposa à l'emprise grandissante de l'évêque Cyrille et fut bouleversé par l'assassinat de la philosophe Hypatie, son amie, en 415.

Questions fréquentes

Oreste était le préfet augustal d'Égypte au début du Ve siècle, c'est-à-dire le représentant direct de l'empereur à Alexandrie. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarnait l'autorité civile romaine dans une province cruciale pour l'approvisionnement en blé de l'Empire. Chrétien mais attaché à la séparation des pouvoirs, il s'est opposé à l'évêque Cyrille, qui voulait étendre son influence sur les affaires politiques. Son conflit avec l'évêque illustre une tension typique de l'Antiquité tardive : qui, du gouverneur ou du patriarche, détient la véritable autorité dans une grande cité ?

Faits marquants

  • Nommé préfet impérial (praefectus augustalis) d'Égypte, résidant à Alexandrie, vers 412-415.
  • Entre en conflit ouvert avec Cyrille, évêque d'Alexandrie, sur la répartition du pouvoir civil et religieux.
  • Victime d'une agression par des moines de Nitrie, dont l'un (Ammonios) le blesse à la tête vers 415.
  • Ami de la philosophe et mathématicienne Hypatie, il est scandalisé par son assassinat par une foule chrétienne en 415.
  • Figure du déclin de l'autonomie du pouvoir civil face à la montée de l'autorité épiscopale dans l'Antiquité tardive.

Œuvres & réalisations

Administration civile de l'Égypte (vers 412-415)

En tant que préfet augustal, Oreste dirigeait l'administration, la justice et la collecte de l'impôt dans la plus riche province grainière de l'Empire.

Défense de l'autorité impériale face à l'évêque (412-415)

Il s'opposa fermement à l'extension du pouvoir de Cyrille sur les affaires civiles, affirmant la primauté du gouvernement impérial dans la cité.

Enquête sur l'émeute et exécution d'Ammonios (415)

Après avoir été blessé, il fit juger et condamner le moine qui l'avait agressé, geste qui affirmait l'ordre public et la loi romaine.

Rapport impérial sur la mort d'Hypatie (415)

Bouleversé par l'assassinat de la philosophe, il informa la cour de Constantinople de la violence qui ravageait Alexandrie.

Maintien de l'ordre civil à Alexandrie (412-415)

Face aux affrontements entre communautés et aux bandes armées, il chercha à préserver la paix publique dans une ville en proie aux tensions.

Anecdotes

En tant que préfet impérial d'Alexandrie, Oreste était l'un des amis et défenseurs de la philosophe Hypatie, savante réputée pour ses cours de mathématiques et d'astronomie. Leur amitié alimenta les soupçons du parti de l'évêque Cyrille, qui accusa Hypatie de dresser le préfet contre l'Église.

Selon l'historien Socrate de Constantinople, Oreste faillit être tué lors d'une émeute : un moine nommé Ammonios lui lança une pierre qui le blessa à la tête. Le préfet fit arrêter et exécuter l'agresseur, ce qui aggrava encore le conflit avec Cyrille.

Oreste était chrétien et baptisé, mais il refusait de se soumettre à l'autorité grandissante de l'évêque sur les affaires civiles de la cité. Il rappelait qu'en tant que représentant de l'empereur, c'était à lui que revenait le gouvernement d'Alexandrie.

Lorsque Hypatie fut sauvagement assassinée par une foule en 415, le préfet adressa un rapport à l'empereur de Constantinople. Mais aucune sanction sérieuse ne fut prise, et l'on perd ensuite la trace d'Oreste dans les sources.

Le conflit entre Oreste et Cyrille illustre une tension typique de l'Antiquité tardive : qui, du gouverneur impérial ou de l'évêque, détient la véritable autorité sur une grande ville de l'Empire ?

Sources primaires

Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, livre VII, ch. 13-15 (vers 439-450)
Oreste, le préfet d'Alexandrie, regardait d'un mauvais œil l'autorité croissante des évêques, parce qu'ils empiétaient sur les pouvoirs de ceux qui gouvernaient au nom de l'empereur.
Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, livre VII, ch. 14 (épisode d'Ammonios) (vers 439-450)
L'un des moines, nommé Ammonios, frappa Oreste d'une pierre à la tête, au point que tout son visage fut couvert de sang.
Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, livre VII, ch. 15 (mort d'Hypatie) (vers 439-450)
Une rumeur courut parmi le peuple chrétien que c'était Hypatie qui empêchait Oreste de se réconcilier avec l'évêque.

Lieux clés

Alexandrie

Grande métropole d'Égypte romaine où Oreste exerça la fonction de préfet augustal. Ville de savoir et de commerce, mais aussi théâtre de violents conflits entre pouvoir civil et religieux.

Le Césaréum d'Alexandrie

Ancien temple impérial devenu église, situé près du port ; c'est dans ce lieu, selon les sources, qu'Hypatie fut traînée et tuée.

Constantinople

Capitale de l'Empire romain d'Orient, siège de l'empereur Théodose II auquel Oreste devait rendre des comptes et adresser ses rapports.

Le Musée et la bibliothèque d'Alexandrie

Centre intellectuel de la cité où enseignait Hypatie, amie d'Oreste, et symbole du rayonnement scientifique de l'Antiquité tardive.

Voir aussi