Padmasambhava(717 — 762)

Padmasambhava

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SpiritualitéMoyen ÂgeHaut Moyen Âge, VIIIe siècle, à l'époque de l'Empire tibétain sous le règne du roi Trisong Detsen

Maître bouddhiste tantrique indien du VIIIe siècle, considéré comme le fondateur du bouddhisme tibétain. Surnommé Gourou Rinpoché (« précieux maître »), il aurait introduit le bouddhisme vajrayana au Tibet et fondé le premier monastère du pays.

Questions fréquentes

Padmasambhava, aussi appelé Gourou Rinpoché (« précieux maître »), est le maître tantrique indien du VIIIe siècle considéré comme le fondateur du bouddhisme tibétain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'a pas seulement apporté une religion : il a introduit le bouddhisme vajrayana, une forme tantrique qui mêle rituels, mantras et visualisations, et a transformé en profondeur la culture du Tibet. Il a fondé le premier monastère, Samyé, et son enseignement est à l'origine de la plus ancienne école tibétaine, l'école Nyingma.

Faits marquants

  • VIIIe siècle : maître tantrique originaire de la région de l'Oddiyana (nord-ouest du sous-continent indien)
  • Vers 770-780 : invité au Tibet par le roi Trisong Detsen pour y implanter le bouddhisme
  • Participe à la fondation de Samyé, premier monastère bouddhiste du Tibet
  • Considéré comme le fondateur de l'école Nyingma, la plus ancienne tradition du bouddhisme tibétain
  • Figure vénérée sous le nom de Gourou Rinpoché, entourée de nombreux récits hagiographiques

Œuvres & réalisations

Introduction du bouddhisme vajrayana au Tibet (VIIIe siècle)

Padmasambhava est crédité d'avoir implanté le bouddhisme tantrique au Tibet, transformant durablement la culture et la spiritualité du pays.

Achèvement du monastère de Samyé (v. 767–779)

Selon la tradition, il consacra le site et soumit les esprits qui empêchaient la construction, permettant l'édification du premier monastère tibétain.

Fondation de l'école Nyingma (VIIIe siècle)

La plus ancienne des quatre grandes écoles du bouddhisme tibétain se réclame de lui comme fondateur et source de ses enseignements.

Dissimulation des termas (VIIIe siècle)

Il aurait caché d'innombrables trésors spirituels à travers le Tibet, fondant ainsi une tradition de révélation toujours vivante.

Le Livre des morts tibétain (Bardo Thödol) (VIIIe siècle (révélé au XIVe))

Ce célèbre guide pour la traversée des états intermédiaires après la mort lui est traditionnellement attribué comme terma.

Transmission du Dzogchen (VIIIe siècle)

Il aurait transmis les enseignements de la « Grande Perfection », sommet de la voie contemplative de l'école Nyingma.

Formation des vingt-cinq disciples (VIIIe siècle)

Il forma un cercle de disciples accomplis, dont Yeshé Tsogyal et le roi Trisong Detsen, garants de la transmission de sa lignée.

Anecdotes

Selon la tradition tibétaine, Padmasambhava ne serait pas né d'une mère mais serait apparu miraculeusement, assis sur une fleur de lotus épanouie au milieu du lac Dhanakosha. C'est pourquoi on l'appelle « Padmasambhava », ce qui signifie « celui qui est né du lotus ».

La légende raconte que le roi tibétain Trisong Detsen tentait de construire le monastère de Samyé, mais que des esprits et démons locaux détruisaient chaque nuit ce que les ouvriers bâtissaient le jour. On fit appel à Padmasambhava qui, par ses pouvoirs tantriques, aurait soumis ces forces hostiles et les aurait converties en protectrices du bouddhisme.

On attribue à Padmasambhava la dissimulation de trésors spirituels appelés « termas » : textes, objets et enseignements cachés dans des rochers, des lacs ou même l'espace mental, destinés à être redécouverts des siècles plus tard par des maîtres prédestinés nommés « tertöns ».

La tradition lui prête huit manifestations différentes, les « Huit Noms » ou « Guru Tsen Gyé », chacune correspondant à une étape de sa vie ou à un mode d'action : du sage paisible Padmasambhava au terrible Dorjé Drolö chevauchant une tigresse.

D'après les récits, sa principale disciple et épouse spirituelle, Yeshé Tsogyal, aurait mis par écrit ses enseignements et l'aurait aidé à cacher les termas à travers tout le Tibet, devenant elle-même une figure vénérée du bouddhisme tibétain.

Sources primaires

Padma bka' thang (La Chronique de Padma) (XIVe siècle (terma révélé par Orgyen Lingpa, vers 1352))
Né d'un lotus au cœur du lac, sans père ni mère, il apparut comme un enfant de huit ans, rayonnant des marques de la perfection.
bKa' thang gser phreng (Le Rosaire d'or des biographies du Guru) (XVe siècle (révélé par Sangye Lingpa))
Le maître soumit les huit classes de dieux et de démons du Tibet et les lia par serment à protéger la doctrine.
Zangs gling ma (La Chronique de cuivre) (XIIe siècle (révélé par Nyangral Nyima Özer))
Pour les générations futures, j'ai caché d'innombrables trésors d'enseignement ; au temps voulu, les tertöns prédestinés les révéleront.
Testament de Ba (sBa bzhed) (VIIIe–IXe siècle (avec ajouts ultérieurs))
Le roi Trisong Detsen invita le maître d'Oddiyana pour pacifier les esprits qui s'opposaient à la construction de Samyé.

Lieux clés

Lac Dhanakosha (Oddiyana)

Lac légendaire où Padmasambhava serait apparu sur une fleur de lotus. Oddiyana est souvent localisé dans la vallée de Swat, dans l'actuel Pakistan.

Monastère de Samyé

Premier grand monastère bouddhiste du Tibet, dont Padmasambhava aurait permis l'achèvement en soumettant les esprits hostiles. Situé dans la vallée du Yarlung.

Grotte de Yangleshö (Pharping, Népal)

Grotte népalaise où, selon la tradition, Padmasambhava atteignit la réalisation par la pratique du phurba. Haut lieu de pèlerinage bouddhiste.

Grottes de Drak Yerpa

Ensemble de grottes de méditation proches de Lhassa où Padmasambhava et ses disciples se seraient retirés pour pratiquer. Site sacré majeur du Tibet central.

Zangdok Palri (Montagne couleur de cuivre)

Paradis mythique où Padmasambhava résiderait toujours selon la tradition, n'étant pas mort mais parti dans une terre pure. Lieu de pèlerinage spirituel et de visualisation méditative.

Voir aussi