Chanteuse, poète et artiste américaine née en 1946, pionnière du mouvement punk rock new-yorkais des années 1970. Son album *Horses* (1975) fusionne poésie beat et rock brut, faisant d'elle une icône de la contre-culture.
Patti Smith(1946 — ?)
Patti Smith
États-Unis
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je ne suis pas une rebelle sans cause. Je suis une rebelle parce que j'ai une cause.»
« L'art est la seule chose qui m'a sauvée.»
Faits marquants
- 1946 : Naissance à Chicago, Illinois
- 1975 : Sortie de l'album *Horses*, produit par John Cale, considéré comme le premier grand album punk
- 1978 : Sortie de *Easter*, qui inclut *Because the Night*, co-écrit avec Bruce Springsteen
- 2005 : *Horses* classé parmi les 100 meilleurs albums de tous les temps par Rolling Stone
- 2010 : Publication de *Just Kids*, mémoires sur sa relation avec Robert Mapplethorpe, Prix National Book Award
Œuvres & réalisations
Premier album de Patti Smith, produit par John Cale des Velvet Underground. Fusion de poésie beat et de rock brut, il est considéré comme l'un des disques fondateurs du punk et figure régulièrement dans les classements des plus grands albums de tous les temps.
Troisième album, contenant le single Because the Night coécrit avec Bruce Springsteen. Premier succès commercial de Patti Smith, l'album mêle énergie punk, thèmes mystiques et revendications féministes.
Premier recueil de poésie publié, qui établit Patti Smith comme voix poétique majeure de la contre-culture new-yorkaise avant même le début de sa carrière musicale.
Recueil de poèmes et de textes en prose illustrant la continuité entre son œuvre poétique et musicale, confirmant sa légitimité dans le champ littéraire autant que dans celui du rock.
Mémoire retraçant son amitié-amour avec le photographe Robert Mapplethorpe dans le New York des années 1960-70. Couronné du National Book Award, il est aujourd'hui un classique de la littérature autobiographique américaine.
Récit méditatif sur le deuil, l'écriture et la mémoire, dans lequel Patti Smith déploie une prose poétique qui fait de ce livre une œuvre littéraire à part entière, saluée par la critique internationale.
Anecdotes
En 1967, Patti Smith arrive à New York sans argent, après avoir travaillé dans une usine de jouets dans le New Jersey. Elle rencontre le jeune photographe Robert Mapplethorpe à Brooklyn : les deux artistes fauchés partagent leur vie pendant plusieurs années, se soutenant mutuellement dans leurs créations. Cette amitié profonde est au cœur de son mémoire Just Kids (2010), couronné du National Book Award.
En décembre 1974, Patti Smith autoproduit son premier single Hey Joe / Piss Factory grâce à un prêt de Robert Mapplethorpe. Ce disque artisanal, tiré à 1 500 exemplaires et distribué à la main dans les disquaires new-yorkais, préfigure l'esprit DIY du punk : créer soi-même, sans maison de disques, sans permission.
La pochette de l'album Horses (1975), photographiée par Robert Mapplethorpe, montre Patti Smith en chemise blanche et veste sur l'épaule, dans une pose délibérément androgyne. Ce cliché iconique brise les codes de l'image féminine dans le rock et reste l'une des photographies les plus reconnues de l'histoire de la musique populaire.
En décembre 1977, lors d'un concert à Tampa (Floride), Patti Smith tombe de la scène et se fracture plusieurs vertèbres cervicales. Après de longs mois de rééducation, elle revient sur scène plus déterminée que jamais, affirmant que cette épreuve l'a forcée à ralentir et à approfondir son écriture poétique.
Grande admiratrice d'Arthur Rimbaud, Patti Smith s'est rendue à plusieurs reprises à Charleville-Mézières, ville natale du poète maudit, pour y lire des textes en public. Elle revendique cet héritage symboliste français comme fondement de toute son œuvre, affirmant que Rimbaud lui a appris à « transformer le langage en acte ».
Sources primaires
Jesus died for somebody's sins but not mine / My sins my own, they belong to me.
I had nothing but a longing. New York. I needed to be in the city and the city needed me, even if it did not yet know it.
I am an American artist and I have no guilt. I seek to fuse poetry with rock and to create a new language for the dispossessed.
Rimbaud is my religion. He taught me that the poet must make himself a seer by a long, prodigious and rational disordering of all the senses.
A writer is a conduit for something that has already happened. The writer doesn't feel compelled to explain; he just tells the story.
Lieux clés
Ville ouvrière où Patti Smith grandit dans une famille modeste. Ce milieu provincial qu'elle cherche à fuir nourrit son désir brûlant de New York, de Paris, de Rimbaud et de liberté artistique.
Hôtel mythique de Manhattan où Patti Smith et Robert Mapplethorpe vécurent entre 1969 et 1971, côtoyant Janis Joplin, Bob Dylan et Allen Ginsberg. Haut lieu de la bohème new-yorkaise et incubateur de leurs carrières respectives.
Club fondateur du punk et de la new wave new-yorkais. Patti Smith y donne certains de ses concerts les plus marquants dès 1974, aux côtés des Ramones, Television et Blondie.
Patti Smith s'y installe en 1980 pour vivre avec Fred Sonic Smith. Cette retraite volontaire loin des projecteurs lui permet d'écrire, d'élever ses enfants et de se ressourcer loin de l'industrie musicale.
Ville natale d'Arthur Rimbaud, que Patti Smith visite à plusieurs reprises en pèlerinage littéraire. Elle y lit des poèmes en public, rendant hommage au poète qui a façonné toute son esthétique.
Ville qui forge l'artiste : du Chelsea Hotel au CBGB, en passant par les galeries de l'East Village, New York est l'espace où Patti Smith invente une forme d'art inédite mêlant poésie, rock et performance.
Objets typiques

Patti Smith, poète avant d'être musicienne, rédige tous ses textes sur une vieille machine à écrire depuis ses années bohèmes à New York. Pour elle, la machine à écrire est un instrument aussi fondamental que la guitare électrique.

Elle porte constamment les œuvres de Rimbaud, qu'elle considère comme son maître spirituel absolu. Ses paroles fusionnent la tradition symboliste française du XIXe siècle et le rock électrique américain du XXe.

Sur scène, la Fender est l'outil par lequel Patti Smith traduit ses textes poétiques en énergie sonore brute. Elle joue dans un style minimaliste, laissant toute la place à la puissance des mots déclamés.

Sa tenue scénique emblématique des années 1970 : chemise blanche d'homme, col ouvert, veste sur l'épaule. Ce style androgyne, immortalisé par Mapplethorpe en couverture de Horses, devient un symbole de liberté et de refus des diktats de la féminité.

Patti Smith note en permanence impressions, vers et rêves dans des carnets qu'elle conserve toute sa vie. Ces carnets constituent la matière première de ses albums et de ses livres, abolissant la frontière entre écriture et musique.

Influencée par son amitié avec Robert Mapplethorpe, Patti Smith pratique la photographie comme prolongement naturel de l'écriture. Ses clichés au Polaroid alimentent ses mémoires Just Kids et M Train.
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Vie quotidienne
Matin
Patti Smith se lève tôt, souvent avant l'aube, pour écrire dans ses carnets à la lumière d'une lampe. Ses matinées sont consacrées à la lecture — Rimbaud, Blake, Ginsberg — et à la rédaction de vers, avant que le reste du monde ne s'éveille et n'interrompe ce silence créateur.
Après-midi
Dans les années 1970, ses après-midis new-yorkaises sont occupées par les répétitions avec son groupe dans des locaux de fortune. Elle arpente également les librairies d'occasion et les galeries de l'East Village, nourrissant son imaginaire d'images et de textes glanés au fil des rues.
Soir
Les soirées sont le temps de la scène : concerts au CBGB ou dans d'autres clubs du Lower East Side, où elle délivre des performances mêlant spoken word, improvisation et rock électrique. Après les concerts, les discussions se prolongent dans les cafés et les lofts d'artistes qui constituent son réseau.
Alimentation
Issue d'un milieu ouvrier, Patti Smith adopte une alimentation simple et peu coûteuse dans ses premières années new-yorkaises : café noir en grande quantité, pain, fromage, soupes bon marché. Sa priorité est de consacrer le peu d'argent dont elle dispose aux livres et aux disques plutôt qu'à la nourriture.
Vêtements
Son style est délibérément masculin et anti-glamour : chemises blanches d'homme, jeans usés, vestes militaires ou de cuir, chaussures plates. Elle rejette les codes féminins imposés aux chanteuses de l'époque et revendique une esthétique héritée des poètes bohèmes du XIXe siècle.
Habitat
Dans les années 1969-1971, elle partage avec Robert Mapplethorpe une chambre au Chelsea Hotel, repaire légendaire des artistes et marginaux new-yorkais. Les conditions sont précaires — chauffage aléatoire, maigres revenus — mais l'effervescence artistique de ce milieu compense largement l'inconfort matériel.






