Biographie

Paul Signac est un peintre français, figure majeure du néo-impressionnisme. Avec Georges Seurat, il développe et théorise le divisionnisme (ou pointillisme), technique fondée sur la juxtaposition de touches de couleurs pures.

Paul Signac(1863 — 1935)

Paul Signac

France

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleFin du XIXe siècle et début du XXe siècle, période du post-impressionnisme et des avant-gardes en France, marquée par les recherches scientifiques sur la couleur et la lumière.

Questions fréquentes

Paul Signac (1863-1935) est un peintre français qui, avec Georges Seurat, a fondé le néo-impressionnisme, un mouvement clé du post-impressionnisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne s'est pas contenté de peindre : il a théorisé la technique du divisionnisme (ou pointillisme) dans son ouvrage D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme (1899). Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a aussi été un navigateur passionné et un défenseur des jeunes avant-gardes, en présidant le Salon des Indépendants de 1908 jusqu'à sa mort.

Faits marquants

  • Né en 1863 à Paris et mort en 1935
  • Rencontre Georges Seurat en 1884 et cofonde la Société des artistes indépendants la même année
  • Développe la technique du divisionnisme (pointillisme) à partir des théories scientifiques de la couleur (Chevreul)
  • Publie en 1899 l'essai théorique « D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme »
  • S'installe à Saint-Tropez en 1892 et y peint de nombreuses marines lumineuses

Œuvres & réalisations

Au temps d'harmonie (L'âge d'or n'est pas dans le passé, il est dans l'avenir) (1893-1895)

Vaste composition utopique exprimant les idéaux anarchistes et humanistes de Signac. Elle traduit en peinture divisionniste un rêve de société harmonieuse.

Le Palais des Papes, Avignon (1909)

Marine éclatante où les touches colorées font vibrer le palais sous le soleil. Œuvre emblématique de la maturité divisionniste de l'artiste.

Portrait de Félix Fénéon (1890)

Portrait du critique d'art ami de Signac, sur un fond de motifs tourbillonnants et colorés. Tableau-manifeste du néo-impressionnisme décoratif.

Le Port de Saint-Tropez (1901-1902)

Vue lumineuse du port qu'il a fait connaître, vibrante de touches divisées. Elle illustre son amour de la Méditerranée et de la voile.

Une dimanche (Un dimanche parisien) (1888-1890)

Scène d'intérieur bourgeois traitée en pointillisme rigoureux. Elle montre l'application de la technique divisionniste à la vie quotidienne.

D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme (1899)

Ouvrage théorique fondateur expliquant la division de la couleur. Il a influencé durablement les avant-gardes du XXe siècle.

La série des Ports de France (1929-1931)

Ensemble d'aquarelles représentant une centaine de ports français. Projet majeur de sa fin de vie célébrant le littoral et la mer.

Anecdotes

En 1884, le jeune Signac, qui n'a que 21 ans, rencontre Georges Seurat lors du premier Salon des Indépendants. Cette rencontre change sa vie : ensemble, ils vont fonder le néo-impressionnisme et théoriser la peinture par petites touches de couleurs pures juxtaposées.

Passionné de voile, Signac possède au cours de sa vie plus de trente bateaux et sillonne les côtes de France et de Méditerranée. Ses navigations lui inspirent d'innombrables aquarelles de ports, et il s'installe à Saint-Tropez dès 1892, contribuant à faire connaître ce petit port de pêcheurs.

Très jeune, Signac est fasciné par les impressionnistes. En 1880, à seulement 17 ans, il visite une exposition de Claude Monet et commence à peindre en autodidacte. La légende raconte qu'il aurait été chassé d'une exposition de Degas pour avoir tenté de copier un tableau.

En 1908, Signac devient président de la Société des Artistes Indépendants, un poste qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1935. Fidèle à la devise du salon — « ni jury ni récompense » — il défend les jeunes artistes d'avant-garde comme Matisse et les Fauves, qui séjournent et peignent à ses côtés.

Signac n'était pas seulement peintre mais aussi théoricien : en 1899, il publie « D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme », un ouvrage majeur qui explique scientifiquement la division des couleurs et influencera de nombreux artistes du XXe siècle, dont les Fauves et les futuristes.

Sources primaires

D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, Paul Signac (1899)
Le peintre néo-impressionniste ne pointille pas, il divise. Or diviser, c'est s'assurer tous les bénéfices de la luminosité, de la coloration et de l'harmonie.
Journal de Paul Signac (1894-1899)
Plus la couleur sera divisée, plus le tableau sera lumineux, coloré et harmonieux.
Lettre de Paul Signac à Vincent van Gogh (1887)
Signac et Van Gogh peignent ensemble dans les environs d'Asnières au printemps 1887, échangeant sur la couleur et la touche divisée.
Catalogue du premier Salon des Indépendants (1884)
La Société des Artistes Indépendants se fonde en 1884 sur le principe « ni jury ni récompense », et Signac en est l'un des membres fondateurs.

Lieux clés

Paris

Ville natale de Signac, où il se forme en autodidacte et participe à la fondation du Salon des Indépendants. Il y meurt en 1935.

Saint-Tropez

Port méditerranéen que Signac découvre en 1892 et où il achète une villa, « La Hune ». Il y attire de nombreux peintres et y développe ses recherches sur la lumière du Sud.

Asnières-sur-Seine

Banlieue parisienne au bord de la Seine où Signac peint aux côtés de Van Gogh en 1887. Les berges et guinguettes lui fournissent de nombreux motifs.

Collioure

Port catalan du Sud de la France où Signac et les artistes néo-impressionnistes puis fauves viennent peindre la lumière méditerranéenne.

Venise

Ville italienne que Signac visite et peint à plusieurs reprises, séduit par ses reflets sur l'eau et ses palais lumineux.

Voir aussi