Pazuzu est un démon mésopotamien du vent mauvais, représenté avec un visage canin, des ailes de rapace et un corps hybride. Paradoxalement, il était invoqué comme protecteur contre Lamashtu, démone des accouchements. Son image ornait des amulettes pour protéger femmes enceintes et nouveau-nés.
Pazuzu
Pazuzu
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Pazuzu est attesté principalement dans les textes et objets néo-assyriens du Ier millénaire av. J.-C.
- Il est décrit comme roi des démons du vent de l'air, porteur de maladies et de fièvres
- Des statuettes et amulettes à son effigie ont été retrouvées en grand nombre à Ninive et dans d'autres sites assyriens
- Paradoxalement protecteur, il était invoqué pour repousser Lamashtu, démone menaçant femmes enceintes et enfants
- Il est devenu célèbre dans la culture populaire moderne via le film L'Exorciste (1973) de William Friedkin
Œuvres & réalisations
Corpus de tablettes cunéiformes en trois séries décrivant les rituels pour protéger femmes enceintes et nourrissons. Pazuzu y est systématiquement invoqué comme force opposée à Lamashtu.
Grande compilation de neuf tablettes d'exorcismes contre la sorcellerie et les démons. Elle témoigne du rôle des esprits du vent, dont Pazuzu, dans la cosmologie démonologique assyro-babylonienne.
L'une des représentations tridimensionnelles les plus complètes et les mieux conservées du démon, retrouvée à Nimroud. Elle constitue un témoignage direct de l'iconographie et de l'usage rituel de Pazuzu.
Tête de Pazuzu en bronze avec anneau de suspension, conservée au musée du Louvre. Parmi les exemples les plus emblématiques du type de talisman portable utilisé pour protéger les nouveau-nés.
Ensemble exceptionnel de textes cunéiformes rassemblés par le roi assyrien Assurbanipal, incluant rituels, mythes et incantations. Ces tablettes constituent la source écrite la plus importante sur la démonologie mésopotamienne incluant Pazuzu.
Anecdotes
Pazuzu est l'un des rares démons mésopotamiens à jouer un rôle protecteur : bien qu'il soit lui-même un esprit malfaisant du vent du sud-ouest, son image était placée dans les maisons pour effrayer Lamashtu, la démone qui s'attaquait aux femmes enceintes et aux nourrissons. Les Mésopotamiens utilisaient ainsi la puissance d'un mal pour en contrer un autre.
Les archéologues ont mis au jour des dizaines de statuettes en bronze représentant Pazuzu, notamment à Nimroud et à Ninive. Ces figurines étaient souvent suspendues au-dessus des lits des femmes sur le point d'accoucher, agissant comme des gardiens invisibles. Certaines portaient une inscription en akkadien rappelant le nom du démon et ses pouvoirs.
La tête de Pazuzu était le talisman le plus répandu : des amulettes en forme de visage canin grimaçant, percées d'un trou pour être portées en pendentif, ont été retrouvées dans toute la Mésopotamie. Ce visage terrifiant était censé repousser par sa seule apparence les forces malveillantes qui rodaient autour des nouveau-nés.
Pazuzu est décrit dans les textes cunéiformes comme 'le roi des démons du vent mauvais', fils du dieu des enfers Hanbi. Son corps hybride — tête de chien, ailes d'aigle, corps humain, queue de scorpion — symbolisait sa puissance sur plusieurs règnes du vivant, le rendant redoutable même parmi les autres démons.
À l'époque néo-assyrienne, les exorcistes (les âshipu) récitaient des incantations spécifiques faisant appel à Pazuzu pour expulser Lamashtu d'une maison. Des textes rituels détaillent la procédure : fabriquer une figurine de Pazuzu, prononcer les formules adéquates et placer la statuette à l'entrée du foyer pour en faire le gardien permanent.
Sources primaires
Pazuzu, roi des démons du vent mauvais, je t'invoque. Toi qui dépasses en majesté les dieux du vent, protège cette maison et chasse la démone Lamashtu.
Figurine votive représentant Pazuzu debout, visage canin grimaçant, ailes déployées, portant une inscription akkadienne sur le socle rappelant sa fonction protectrice.
Tête de Pazuzu en bronze avec anneau de suspension. Utilisée comme amulette pour protéger femmes enceintes et nouveau-nés contre les esprits malins.
Les incantations du Maqlû mentionnent les démons du vent parmi les forces auxquelles l'exorciste peut faire appel pour purifier un foyer et éloigner les esprits nuisibles.
Description des attributs de Pazuzu : 'Son visage est celui du lion des sables, ses griffes sont celles de l'aigle, son corps porte les écailles du serpent, et ses ailes couvrent le ciel du vent du mal.'
Lieux clés
Capitale de l'empire néo-assyrien et principal centre religieux où furent retrouvées de nombreuses statuettes et tablettes mentionnant Pazuzu. La bibliothèque d'Assurbanipal y conservait les séries d'exorcismes les plus complètes.
Cité assyrienne où les archéologues ont mis au jour plusieurs des plus belles statuettes en bronze de Pazuzu au XIXe siècle. Ces objets sont aujourd'hui conservés au British Museum de Londres.
Ville sainte de l'empire assyrien et premier grand centre du culte assyrien ; de nombreuses amulettes apotropaïques liées aux rituels de naissance y ont été exhumées.
Grande métropole du monde mésopotamien où la tradition rituelle anti-Lamashtu fut codifiée et transmise. Les textes babyloniens constituent les sources écrites les plus riches sur le rôle protecteur de Pazuzu.
Centre religieux et intellectuel majeur de la Mésopotamie ancienne, où des bibliothèques de tablettes cunéiformes ont préservé de nombreux textes rituels faisant mention des démons du vent et des pratiques exorcistes.
Objets typiques

Pendentif en bronze ou en argile représentant uniquement la tête grimaçante du démon, percé pour être porté autour du cou. C'était le talisman le plus répandu pour protéger femmes enceintes et nourrissons contre Lamashtu.

Figurine de 10 à 25 cm représentant Pazuzu debout, ailes déployées, parfois avec une inscription dédicatoire. Elle était placée à l'entrée des maisons ou dans les chambres pour en faire le gardien permanent.

Plaque rectangulaire en bronze ou en argile cuite gravée de scènes de combat entre Pazuzu et Lamashtu. Accrochée au mur d'une chambre, elle servait à visualiser et renforcer la protection du démon bienveillant.

Tablette en argile inscrite en akkadien contenant les formules rituelles à réciter pour invoquer Pazuzu lors des accouchements difficiles. L'exorciste (âshipu) la lisait à voix haute en tenant une figurine du démon.

Ustensile en céramique utilisé pour brûler des résines aromatiques lors des rituels d'invocation. La fumée était censée attirer l'attention des esprits protecteurs, dont Pazuzu, et purifier l'espace des présences maléfiques.

Fil de laine teint en rouge attaché au poignet des femmes enceintes lors des cérémonies protectrices. Combiné à l'invocation de Pazuzu, il formait une barrière symbolique entre la mère et les forces démoniaques.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Au lever du soleil, l'exorciste (âshipu) qui invoque Pazuzu procède à une ablution rituelle et récite les premières incantations du jour pour renouveler la protection du foyer. Il inspecte les amulettes accrochées aux portes et vérifie que la statuette de Pazuzu est toujours en place à l'entrée de la maison.
Après-midi
L'après-midi est consacré à la préparation des remèdes et des objets rituels : façonnage de petites figurines en argile, mélange d'herbes médicinales et rédaction de formules sur des tablettes. Si une femme est sur le point d'accoucher, l'exorciste organise la chambre de naissance en plaçant des amulettes de Pazuzu autour du lit.
Soir
À la tombée de la nuit, heure où les démons sont réputés les plus actifs, les rituels d'invocation de Pazuzu atteignent leur intensité maximale. L'exorciste brûle de l'encens, récite les longues séries d'incantations et place une figurine du démon protecteur sous le seuil de la maison pour en garder l'entrée pendant la nuit.
Alimentation
Les praticiens ritualistes mésopotamiens suivaient des régimes alimentaires spécifiques lors des cérémonies : abstinence de certaines viandes et poissons considérés impurs, consommation de pain d'orge, de dattes et de bière d'épeautre. Certaines herbes aux propriétés apaisantes étaient intégrées aux préparations rituelles.
Vêtements
L'exorciste qui invoque Pazuzu porte des vêtements en laine blanche pour les rituels de purification ou des tuniques sombres lors des cérémonies nocturnes. Des cordes de laine rouge sont attachées au patient pour renforcer la protection. Les amulettes de Pazuzu sont portées directement sur la peau en pendentif.
Habitat
Les maisons néo-assyriennes en briques d'argile séchée sont organisées autour d'une cour centrale. Les chambres de naissance sont aménagées dans les pièces les plus intérieures pour protéger la parturiente des vents mauvais. Des niches dans les murs accueillent les statuettes protectrices, et des tablettes inscrites sont enfouies sous les seuils pour sanctuariser l'espace.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style inspiré des bas-reliefs et statuettes en bronze néo-assyriens, avec une iconographie hybride sombre et solennelle évoquant la puissance démoniaque protectrice.
Ambiance sonore
Atmosphère nocturne d'une cité néo-assyrienne traversée par les vents du désert, ponctuée des chants d'exorcistes et des crépitements d'encens brûlé lors des rituels de protection.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Série d'incantations anti-Lamashtu
IIe–Ier millénaire av. J.-C.
Série rituelle Maqlû
VIIe siècle av. J.-C.
Statuette en bronze de Pazuzu (British Museum BM 93079)
Vers 800 av. J.-C.
Plaquette apotropaïque du Louvre (AO 22205)
Ier millénaire av. J.-C.
Tablettes de la bibliothèque d'Assurbanipal (Ninive)
VIIe siècle av. J.-C.





