Biographie

Pazuzu est un démon mésopotamien du vent mauvais, représenté avec un visage canin, des ailes de rapace et un corps hybride. Paradoxalement, il était invoqué comme protecteur contre Lamashtu, démone des accouchements. Son image ornait des amulettes pour protéger femmes enceintes et nouveau-nés.

Pazuzu

Pazuzu

7 min de lecture

MythologieSpiritualitéReligieux/seAvant J.-C.Mésopotamie ancienne, principalement à l'époque néo-assyrienne (Ier millénaire av. J.-C.)

Questions fréquentes

Pazuzu est un démon du vent mauvais dans la mythologie mésopotamienne, particulièrement vénéré à l'époque néo-assyrienne (Ier millénaire av. J.-C.). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne un paradoxe fascinant : bien qu'il soit lui-même un esprit malfaisant, il était invoqué comme protecteur contre Lamashtu, une démone redoutable qui s'attaquait aux femmes enceintes et aux nouveau-nés. Les Mésopotamiens utilisaient ainsi la puissance d'un mal pour en contrer un autre. Son image grimaçante, mi-homme mi-bête, ornait des amulettes destinées à protéger les mères et les nourrissons.

Faits marquants

  • Pazuzu est attesté principalement dans les textes et objets néo-assyriens du Ier millénaire av. J.-C.
  • Il est décrit comme roi des démons du vent de l'air, porteur de maladies et de fièvres
  • Des statuettes et amulettes à son effigie ont été retrouvées en grand nombre à Ninive et dans d'autres sites assyriens
  • Paradoxalement protecteur, il était invoqué pour repousser Lamashtu, démone menaçant femmes enceintes et enfants
  • Il est devenu célèbre dans la culture populaire moderne via le film L'Exorciste (1973) de William Friedkin

Œuvres & réalisations

Série d'incantations anti-Lamashtu (IIe–Ier millénaire av. J.-C.)

Corpus de tablettes cunéiformes en trois séries décrivant les rituels pour protéger femmes enceintes et nourrissons. Pazuzu y est systématiquement invoqué comme force opposée à Lamashtu.

Série rituelle Maqlû (VIIe siècle av. J.-C.)

Grande compilation de neuf tablettes d'exorcismes contre la sorcellerie et les démons. Elle témoigne du rôle des esprits du vent, dont Pazuzu, dans la cosmologie démonologique assyro-babylonienne.

Statuette en bronze de Pazuzu (British Museum BM 93079) (Vers 800 av. J.-C.)

L'une des représentations tridimensionnelles les plus complètes et les mieux conservées du démon, retrouvée à Nimroud. Elle constitue un témoignage direct de l'iconographie et de l'usage rituel de Pazuzu.

Plaquette apotropaïque du Louvre (AO 22205) (Ier millénaire av. J.-C.)

Tête de Pazuzu en bronze avec anneau de suspension, conservée au musée du Louvre. Parmi les exemples les plus emblématiques du type de talisman portable utilisé pour protéger les nouveau-nés.

Tablettes de la bibliothèque d'Assurbanipal (Ninive) (VIIe siècle av. J.-C.)

Ensemble exceptionnel de textes cunéiformes rassemblés par le roi assyrien Assurbanipal, incluant rituels, mythes et incantations. Ces tablettes constituent la source écrite la plus importante sur la démonologie mésopotamienne incluant Pazuzu.

Anecdotes

Pazuzu est l'un des rares démons mésopotamiens à jouer un rôle protecteur : bien qu'il soit lui-même un esprit malfaisant du vent du sud-ouest, son image était placée dans les maisons pour effrayer Lamashtu, la démone qui s'attaquait aux femmes enceintes et aux nourrissons. Les Mésopotamiens utilisaient ainsi la puissance d'un mal pour en contrer un autre.

Les archéologues ont mis au jour des dizaines de statuettes en bronze représentant Pazuzu, notamment à Nimroud et à Ninive. Ces figurines étaient souvent suspendues au-dessus des lits des femmes sur le point d'accoucher, agissant comme des gardiens invisibles. Certaines portaient une inscription en akkadien rappelant le nom du démon et ses pouvoirs.

La tête de Pazuzu était le talisman le plus répandu : des amulettes en forme de visage canin grimaçant, percées d'un trou pour être portées en pendentif, ont été retrouvées dans toute la Mésopotamie. Ce visage terrifiant était censé repousser par sa seule apparence les forces malveillantes qui rodaient autour des nouveau-nés.

Pazuzu est décrit dans les textes cunéiformes comme 'le roi des démons du vent mauvais', fils du dieu des enfers Hanbi. Son corps hybride — tête de chien, ailes d'aigle, corps humain, queue de scorpion — symbolisait sa puissance sur plusieurs règnes du vivant, le rendant redoutable même parmi les autres démons.

À l'époque néo-assyrienne, les exorcistes (les âshipu) récitaient des incantations spécifiques faisant appel à Pazuzu pour expulser Lamashtu d'une maison. Des textes rituels détaillent la procédure : fabriquer une figurine de Pazuzu, prononcer les formules adéquates et placer la statuette à l'entrée du foyer pour en faire le gardien permanent.

Sources primaires

Série d'incantations contre Lamashtu (tablettes cunéiformes) (VIIIe–VIIe siècle av. J.-C.)
Pazuzu, roi des démons du vent mauvais, je t'invoque. Toi qui dépasses en majesté les dieux du vent, protège cette maison et chasse la démone Lamashtu.
Statuette en bronze de Pazuzu, Nimroud (British Museum, référence BM 93079) (Vers 800 av. J.-C.)
Figurine votive représentant Pazuzu debout, visage canin grimaçant, ailes déployées, portant une inscription akkadienne sur le socle rappelant sa fonction protectrice.
Plaquette apotropaïque de Pazuzu (Musée du Louvre, référence AO 22205) (Ier millénaire av. J.-C.)
Tête de Pazuzu en bronze avec anneau de suspension. Utilisée comme amulette pour protéger femmes enceintes et nouveau-nés contre les esprits malins.
Rituel Maqlû (série de tablettes d'exorcisme en akkadien) (VIIe siècle av. J.-C.)
Les incantations du Maqlû mentionnent les démons du vent parmi les forces auxquelles l'exorciste peut faire appel pour purifier un foyer et éloigner les esprits nuisibles.
Tablette cunéiforme de Ninive (collection de la bibliothèque d'Assurbanipal) (VIIe siècle av. J.-C.)
Description des attributs de Pazuzu : 'Son visage est celui du lion des sables, ses griffes sont celles de l'aigle, son corps porte les écailles du serpent, et ses ailes couvrent le ciel du vent du mal.'

Lieux clés

Ninive (actuelle Mossoul, Irak)

Capitale de l'empire néo-assyrien et principal centre religieux où furent retrouvées de nombreuses statuettes et tablettes mentionnant Pazuzu. La bibliothèque d'Assurbanipal y conservait les séries d'exorcismes les plus complètes.

Nimroud (ancienne Kalhu, Irak)

Cité assyrienne où les archéologues ont mis au jour plusieurs des plus belles statuettes en bronze de Pazuzu au XIXe siècle. Ces objets sont aujourd'hui conservés au British Museum de Londres.

Assur (actuel Qal'at Sherqat, Irak)

Ville sainte de l'empire assyrien et premier grand centre du culte assyrien ; de nombreuses amulettes apotropaïques liées aux rituels de naissance y ont été exhumées.

Babylone (actuel Hilla, Irak)

Grande métropole du monde mésopotamien où la tradition rituelle anti-Lamashtu fut codifiée et transmise. Les textes babyloniens constituent les sources écrites les plus riches sur le rôle protecteur de Pazuzu.

Nippur (actuel Nuffar, Irak)

Centre religieux et intellectuel majeur de la Mésopotamie ancienne, où des bibliothèques de tablettes cunéiformes ont préservé de nombreux textes rituels faisant mention des démons du vent et des pratiques exorcistes.

Liens externes & ressources

Œuvres

Série d'incantations anti-Lamashtu

IIe–Ier millénaire av. J.-C.

Série rituelle Maqlû

VIIe siècle av. J.-C.

Statuette en bronze de Pazuzu (British Museum BM 93079)

Vers 800 av. J.-C.

Plaquette apotropaïque du Louvre (AO 22205)

Ier millénaire av. J.-C.

Tablettes de la bibliothèque d'Assurbanipal (Ninive)

VIIe siècle av. J.-C.

Rends-lui sa mémoireCharactorium est aussi un jeu sur Pi Network : ravive les figures oubliées de l'Histoire, une par une.Jouer dans Pi

Voir aussi