Peintre italien de la Renaissance ombrienne (v. 1446-1523), le Pérugin est célèbre pour ses compositions harmonieuses aux figures douces et idéalisées à caractère religieux. Élève de Verrocchio, il participe à la Chapelle Sixtine et devient le maître de Raphaël.
Pérugin
Pietro di Cristoforo Vannucci, dit le Pérugin
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 1446-1452 à Città della Pieve, en Ombrie (Italie)
- Formé dans l'atelier de Verrocchio à Florence vers 1470, aux côtés de Léonard de Vinci
- Participe en 1481-1482 à la décoration de la Chapelle Sixtine (fresque La Remise des clefs à saint Pierre)
- Accepte Raphaël comme apprenti vers 1495-1500 ; son influence est déterminante sur le style du jeune maître
- Meurt en 1523 à Fontignano, actif jusqu'à la fin de sa vie malgré un déclin de réputation au profit de ses élèves
Œuvres & réalisations
Fresque monumentale de la chapelle Sixtine représentant le Christ confiant les clés du Paradis à saint Pierre devant un vaste espace architectural. Chef-d'œuvre de composition perspectiviste, elle est considérée comme l'œuvre la plus ambitieuse du Pérugin et l'une des plus belles fresques de la Renaissance.
Cycle de fresques décorant la salle d'audience de la corporation des changeurs de Pérouse, représentant des vertus, des prophètes et des sibylles. Considérées comme le chef-d'œuvre de maturité du Pérugin, elles illustrent la parfaite maîtrise de son style harmonieux et serein.
Retable représentant le Christ mort soutenu par la Vierge et les saints, commandé pour la salle des magistrats de Pérouse. L'œuvre illustre la capacité du Pérugin à exprimer une douleur contenue et une grâce idéalisée dans les scènes religieuses les plus dramatiques.
Retable représentant les fiançailles de Marie et Joseph devant un temple en rotonde à l'antique, commandé pour Città della Pieve. Cette composition influença directement Raphaël qui en réalisa une version quasi identique en 1504, témoignant de la transmission maître-élève.
Retable représentant saint Bernard en extase recevant l'apparition de la Vierge entourée d'anges, aujourd'hui conservé à la Alte Pinakothek de Munich. Cette œuvre illustre la quintessence du style du Pérugin : douceur des visages, sérénité des expressions, clarté lumineuse de l'espace.
Rare sujet mythologique dans l'œuvre du Pérugin, représentant Apollon jouant de la lyre face à Marsyas dans un paysage ombrien lumineux. Conservé au musée du Louvre, ce petit panneau témoigne de la polyvalence du maître et de son intérêt pour l'Antiquité classique.
Anecdotes
Le Pérugin fut l'un des peintres choisis par le pape Sixte IV pour décorer les murs latéraux de la chapelle Sixtine entre 1481 et 1482, aux côtés de Botticelli et Ghirlandaio. Son chef-d'œuvre dans cet ensemble est la fresque «La Remise des clés à saint Pierre», considérée comme l'une des plus remarquables de toute la chapelle. Ce chantier titanesque lui valut une réputation internationale et lui ouvrit les plus grandes cours d'Italie.
Vers 1500, un jeune adolescent entra dans l'atelier du Pérugin à Pérouse : il s'appelait Raffaello Sanzio, que la postérité connaîtra sous le nom de Raphaël. Le maître lui transmit ses techniques de composition harmonieuse et sa manière douce d'idéaliser les visages. Raphaël assimila si vite ces leçons qu'il surpassa rapidement son professeur, au point que certains commanditaires ne savaient plus distinguer la main de l'un de celle de l'autre.
Giorgio Vasari, biographe des artistes de la Renaissance, rapporte que le Pérugin était réputé pour son avarice exceptionnelle. On raconte qu'il cachait son argent dans sa ceinture et refusait de payer correctement ses apprentis. Paradoxalement, cet homme que ses contemporains jugeaient peu pieux réalisait les peintures religieuses les plus sereines et les plus touchantes de son époque.
Sur la fin de sa carrière, le Pérugin fut victime d'un étrange retournement : les mêmes critiques et commanditaires florentins qui l'avaient jadis adulé se mirent à railler la répétitivité de ses compositions. Ses figures angéliques, autrefois admirées, semblaient désormais trop uniformes à un public habitué aux innovations de Léonard de Vinci et de Michel-Ange. Le maître continua pourtant à travailler jusqu'à sa mort, restant fidèle à son style inimitable.
Le Pérugin mourut de la peste en 1523 à Fontignano, un petit village d'Ombrie où il travaillait encore à une fresque pour l'église locale. Selon la tradition rapportée par Vasari, il refusa les sacrements de l'Église avant de mourir, ce qui était extrêmement rare et scandaleux pour l'époque, surtout pour un peintre dont toute l'œuvre était consacrée à des sujets religieux.
Sources primaires
Pietro Perugino […] fu nella sua gioventù molto povero, e attendeva alla pittura con gran fatica e disagio. Egli era tenuto avaro e di poca fede, e non si curava molto della religione.
Pietro di Cristoforo da Castel della Pieve, pittore, si obbliga a dipingere una tavola con il Cristo morto sorretto dalla Madonna, san Giovanni, Maria Maddalena e altri santi, per la sala dell'Udienza dei Priori di Perugia.
Mastro Pietro Vannucci da Perugia, eximio pictore, promette di dipingere la volta e le pareti della Sala dell'Udienza del Collegio della Mercanzia con figure di virtù, profeti e sibille, a sue spese e con suoi colori.
Desidero avere una pittura di mano di Pietro Perugino, il quale intendo essere excellentissimo maestro; et vorrei che fosse una figura di una madonna col puto in brazzo.
Lieux clés
Petite ville d'Ombrie, berceau du Pérugin, où il naquit vers 1446. Plusieurs de ses œuvres de jeunesse y sont conservées, notamment dans la cathédrale et l'oratoire di Santa Maria dei Bianchi, et la ville lui a rendu hommage dans plusieurs de ses monuments.
C'est à Florence, dans la bottega d'Andrea del Verrocchio, que le jeune Pietro Vannucci fit son apprentissage décisif dans les années 1470. Il y côtoya Léonard de Vinci et assimila les principes de la composition spatiale et de la perspective.
Ville dont le Pérugin tira son surnom («Perugino» signifiant «l'homme de Pérouse»), où il installa son atelier principal et forma Raphaël. Il y réalisa ses plus grandes fresques au Collegio del Cambio et y acquit maisons et propriétés grâce à ses succès.
Entre 1481 et 1482, le Pérugin participa à la décoration des murs latéraux de la chapelle Sixtine, commandée par le pape Sixte IV. Sa fresque «La Remise des clés à saint Pierre» est l'une des plus admirées de cet ensemble monumental, modèle de maîtrise perspectiviste.
Petit village d'Ombrie où le Pérugin mourut de la peste en 1523, alors qu'il travaillait encore à une fresque pour l'église locale. Il y fut inhumé dans des conditions controversées, selon les chroniqueurs de l'époque.
Objets typiques

Outils essentiels du peintre de la Renaissance, confectionnés à partir de poils de martre montés sur des manches en bois. Le Pérugin utilisait des pinceaux très fins pour obtenir les contours délicats et les expressions douces caractéristiques de ses madones.

Support traditionnel de la peinture italienne avant la généralisation de la toile, préparé avec plusieurs couches de gesso (plâtre et colle) pour créer une surface lisse et blanche. Le Pérugin y appliquait ses peintures à tempera puis à l'huile.

Les couleurs utilisées dans l'atelier du Pérugin étaient fabriquées à partir de minéraux et de plantes broyés : le lapis-lazuli d'Afghanistan donnait le bleu intense des manteaux de la Vierge, le vermillon produisait les rouges vifs. Leur préparation minutieuse était confiée aux apprentis.

Grand dessin sur papier fort servant à reporter la composition sur le mur ou le panneau avant de peindre. Le Pérugin réutilisait fréquemment ses cartons pour différentes commandes, ce qui explique la ressemblance frappante entre certaines de ses figures.

Planche de bois tenue en main sur laquelle le peintre disposait et mélangeait ses couleurs avant de les appliquer sur le support. Sa forme avec un trou pour le pouce est identique à celle utilisée encore aujourd'hui par les peintres.

Grand panneau peint placé derrière l'autel d'une église, commandé par des confréries, des guildes ou des familles nobles pour glorifier leur piété. Les retables représentaient la principale source de revenus d'un peintre comme le Pérugin et nécessitaient de longues négociations contractuelles.
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Vie quotidienne
Matin
Le Pérugin commençait sa journée tôt, avant le lever du soleil, pour profiter de la lumière naturelle dans son atelier (la bottega). Il supervisait la préparation des pigments et des supports par ses apprentis, puis s'attaquait aux passages les plus délicats de ses tableaux, réservant sa concentration maximale aux heures matinales où la lumière était la plus stable et la plus douce.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux travaux moins exigeants : les fonds architecturaux, les drapés, les végétaux des arrière-plans. Le Pérugin gérait souvent plusieurs commandes simultanément, déléguant les parties secondaires à ses nombreux apprentis. Il recevait aussi ses commanditaires pour négocier les contrats et discuter de l'avancement des œuvres.
Soir
Le soir, le maître consacrait du temps à la comptabilité et à la gestion de son atelier, tâche qu'il prenait très au sérieux selon ses contemporains qui lui reprochaient son avarice. Il dînait sobrement et se couchait tôt, conformément aux habitudes des artisans italiens de l'époque, tout en pouvant recevoir des messagers portant de nouvelles commandes de clients éloignés.
Alimentation
Comme la plupart des artisans italiens aisés de son époque, le Pérugin se nourrissait de pain, de légumes, d'huile d'olive et de légumineuses au quotidien. La viande était réservée aux jours de fête et aux repas avec les commanditaires. Le vin local d'Ombrie accompagnait les repas, coupé d'eau selon l'usage médical recommandé.
Vêtements
En atelier, le Pérugin portait un simple tablier de travail par-dessus ses habits ordinaires pour se protéger des éclaboussures de peinture et de pigments. Lorsqu'il rencontrait ses commanditaires ou se rendait auprès de prélats et de princes, il revêtait un habit élaboré en drap de laine fine, signe de son statut social élevé acquis grâce à ses succès artistiques.
Habitat
À Pérouse, le Pérugin habitait une maison confortable acquise grâce à ses revenus artistiques, qu'il gérait avec la parcimonie que lui reprochaient ses contemporains. Son atelier, attenant ou proche de son logement, était un espace collectif où vivaient et travaillaient ses apprentis, selon le modèle traditionnel de la bottega italienne de la Renaissance.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Pietà (Pala dei Decemviri)
1495
Le Mariage de la Vierge
1501-1504
Vision de saint Bernard
v. 1490-1494
Apollon et Marsyas
v. 1490






