Médecin, naturaliste et explorateur français (1727-1773), Commerson participa au tour du monde de Bougainville (1766-1769) en tant que botaniste officiel. Il décrivit des milliers d'espèces végétales et animales inconnues en Europe, dont le bougainvillier qu'il baptisa en l'honneur de son chef d'expédition.
Philibert Commerson(1727 — 1773)
Philibert Commerson
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1727 : naissance à Châtillon-les-Dombes (Ain)
- 1766-1769 : embarque sur l'expédition Bougainville comme botaniste et naturaliste officiel
- 1768 : découvre et décrit le bougainvillier (Bougainvillea) à Rio de Janeiro
- Décrit plus de 5 000 espèces nouvelles pour la science au cours de ses voyages
- 1773 : meurt à l'île de France (Maurice) avant de rentrer en France
Œuvres & réalisations
Plus de 6 000 parts d'herbier rassemblant des plantes collectées lors du tour du monde et à l'île de France. Ces collections sont la base de nombreuses descriptions d'espèces nouvelles publiées après sa mort, notamment par Antoine Laurent de Jussieu et Jean-Baptiste Lamarck.
Première description manuscrite de cette liane ornementale brésilienne, baptisée en l'honneur de Bougainville. Le nom fut formellement publié par Jussieu en 1789 dans Genera Plantarum, mais c'est à Commerson que revient la paternité intellectuelle de ce nom mondialement connu.
Notes et descriptions portant sur plusieurs centaines d'espèces de poissons recueillis lors du voyage, dont beaucoup étaient totalement inconnues des naturalistes européens. Ces manuscrits servirent de source directe à Lacépède pour sa grande Histoire naturelle des poissons (1798-1803).
Ensemble de lettres envoyées depuis le bord et depuis l'île de France, rapportant des observations naturalistes et ethnographiques inédites. Ces lettres contribuèrent à alimenter l'encyclopédisme naturaliste français et circulèrent parmi les savants de toute l'Europe.
Notes rédigées lors des escales polynésiennes dans lesquelles Commerson décrit les sociétés tahitienne et mélanésienne avec admiration, contribuant à la réflexion des philosophes des Lumières sur la nature humaine et la société idéale.
Anecdotes
Commerson embarqua à bord de la Boudeuse avec Jeanne Barret, sa gouvernante et assistante scientifique, déguisée en homme sous le nom de « Jean Baré ». Les femmes étant interdites sur les navires de guerre français, cette supercherie permit à Jeanne de devenir la première femme à accomplir un tour du monde — un fait reconnu officiellement par la Marine française seulement bien des années plus tard.
En 1768, lors de l'escale à Tahiti, les habitants de l'île reconnurent presque immédiatement la véritable identité de Jeanne Barret. Bougainville rapporte dans son journal que les Tahitiens, criant « Aïno ! » (une femme !), déjouèrent ainsi un secret gardé pendant de longs mois en pleine mer, au grand embarras de Commerson et de son équipage.
Au Brésil, lors de l'escale de Rio de Janeiro en 1767, Commerson découvrit une liane grimpante aux bractées d'un violet éclatant qu'il baptisa Bougainvillea spectabilis en hommage à son chef d'expédition. Cette plante, aujourd'hui cultivée dans tous les jardins tropicaux et méditerranéens du monde, porte toujours le nom qu'il lui proposa, constituant un monument botanique vivant à la gloire de l'expédition.
En cinq années d'exploration, Commerson constitua un herbier de plus de 6 000 plantes séchées et décrivit plusieurs milliers d'espèces animales et végétales inconnues des Européens. Trop malade pour rentrer en France avec Bougainville en 1769, il s'installa à l'île de France (actuelle Maurice) où il continua ses recherches jusqu'à sa mort en 1773, sans jamais revoir sa patrie.
Commerson entretenait une correspondance active avec les plus grands naturalistes de son temps, notamment Buffon et Linné, leur envoyant régulièrement des caisses de spécimens depuis l'autre bout du monde. Il mourut avant d'avoir pu publier l'essentiel de son œuvre, mais ses collections transmises au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris servirent de base à des dizaines de descriptions d'espèces publiées par d'autres savants dans les décennies suivantes.
Sources primaires
M. Commerson, médecin botaniste du Roi, était du nombre ; son zèle pour les sciences et l'ardeur qu'il apportait à remplir ses fonctions lui avaient attiré l'estime générale. Il avait recueilli, dans le cours du voyage, une quantité prodigieuse de plantes et d'animaux inconnus en Europe.
Je me trouve dans un pays où la nature semble avoir pris plaisir à multiplier ses productions les plus singulières. Chaque jour m'apporte de nouvelles espèces que je m'empresse de décrire et de faire figurer, persuadé que ces matériaux seront un jour utiles à la science.
Les collections comprennent plus de 6 000 parts d'herbier et des centaines de pages de notes manuscrites décrivant des espèces nouvelles de plantes, poissons, mollusques et insectes recueillis lors du voyage de Bougainville et pendant le séjour à l'île de France.
J'ai l'honneur de vous adresser une nouvelle caisse de plantes desséchées provenant des îles de la mer du Sud, avec les descriptions que j'ai eu le temps de rédiger. Je vous prie d'en disposer pour les volumes à venir de votre grand ouvrage, en souhaitant que ces matériaux puissent contribuer à l'avancement de l'Histoire naturelle.
Lieux clés
Ville natale de Commerson, où il naquit en 1727 et fit ses premières observations botaniques dans la plaine de la Dombes, riche en étangs et en végétation variée qui éveillèrent sa vocation de naturaliste.
Institution scientifique parisienne (actuel Muséum national d'Histoire naturelle) où Commerson prépara son expédition et vers laquelle il expédia ses collections depuis l'autre bout du monde ; ses herbiers et manuscrits y sont encore conservés et consultés par les chercheurs aujourd'hui.
Escale de l'expédition Bougainville en juin-juillet 1767, où Commerson réalisa de nombreuses collectes botaniques, dont la découverte du bougainvillier dans les forêts côtières brésiliennes.
Île polynésienne où l'expédition fit escale en avril 1768 ; Commerson fut frappé par la richesse de la faune et de la flore et décrivit avec admiration la société tahitienne, contribuant au mythe du « bon sauvage » cher aux philosophes des Lumières.
Île de l'océan Indien où Commerson s'installa de 1769 jusqu'à sa mort en 1773, accueilli par l'intendant Pierre Poivre ; il y poursuivit ses explorations et effectua des missions à La Réunion et à Madagascar avant d'y mourir sans avoir pu rentrer en France.
Objets typiques

Instrument composé de deux planches de bois serrées par des sangles, entre lesquelles on place les plantes pour les faire sécher et conserver. Commerson en fit un usage intensif pour constituer son herbier de plus de 6 000 spécimens, aujourd'hui conservé au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.

Outils optiques indispensables au naturaliste du XVIIIe siècle pour examiner les structures fines des plantes et des animaux. Commerson les utilisait pour décrire les organes floraux et les détails anatomiques des espèces nouvelles qu'il découvrait à chaque escale.

Cahiers manuscrits dans lesquels Commerson consignait quotidiennement ses observations, descriptions d'espèces, croquis et relevés de terrain. Ces manuscrits, en partie conservés au MNHN, constituent la trace principale de son travail scientifique et la source de nombreuses publications posthumes.

Récipients en verre remplis d'alcool servant à conserver les animaux (poissons, mollusques, insectes) recueillis lors des escales. Commerson expédia régulièrement des caisses de ces bocaux vers le Jardin du Roi à Paris pour enrichir les collections nationales.

Ouvrage de référence que tout naturaliste du XVIIIe siècle emportait dans ses bagages, donnant la méthode pour nommer et classer les espèces selon le système binomial. Commerson s'en servait pour identifier les genres connus et établir formellement les noms des espèces nouvelles qu'il découvrait.

Outils partagés avec les officiers du bord, permettant à Commerson de noter avec précision les coordonnées géographiques de ses découvertes. Cette rigueur était indispensable pour que d'autres naturalistes puissent retrouver et confirmer ultérieurement les espèces qu'il décrivait.
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Vie quotidienne
Matin
À bord de la Boudeuse, Commerson se levait tôt pour profiter de la lumière du matin et observer depuis le pont les côtes, les oiseaux de mer et la surface de l'océan. Lors des escales, il partait dès l'aube avec sa boîte à spécimens et sa presse à herbier, souvent accompagné de Jeanne Barret qui portait une partie du lourd équipement scientifique à travers des terrains difficiles.
Après-midi
Les après-midis en mer étaient consacrés à la description et au classement des spécimens collectés le matin : Commerson rédigeait ses notes dans sa cabine encombrée de caisses et de bocaux, dessinait les plantes et les poissons avant qu'ils ne se dégradent, et préparait les envois de caisses à destination du Jardin du Roi à Paris.
Soir
Le soir, Commerson rejoignait parfois la table des officiers pour discuter avec Bougainville des découvertes du jour. À l'île de France, ses soirées étaient studieuses : il rédigeait ses manuscrits à la lumière d'une bougie, classait ses herbiers et échangeait avec l'intendant Pierre Poivre, lui-même botaniste passionné et hôte bienveillant.
Alimentation
À bord, le régime était celui des marins du XVIIIe siècle : biscuits de mer, légumes secs, viande salée, eau de pluie dans les mers lointaines. Lors des escales tropicales, Commerson découvrait avec émerveillement les fruits exotiques (bananes, papayes, noix de coco), parfois dans un but scientifique autant que gustatif. À l'île de France, il bénéficiait d'une alimentation plus variée grâce aux jardins tropicaux soigneusement entretenus par Poivre.
Vêtements
En mer, Commerson portait la tenue pratique d'un homme de science embarqué : redingote de drap résistant, culotte courte et bas, chapeau à larges bords pour se protéger du soleil des tropiques. Sur le terrain, il adoptait des vêtements légers et fonctionnels lui permettant de traverser les fourrés et zones marécageuses sans abîmer ses précieux carnets d'observations.
Habitat
À bord de la Boudeuse, Commerson occupait une étroite cabine si encombrée de caisses et de bocaux à spécimens que l'équipage s'en étonnait. À l'île de France, il vécut d'abord chez l'intendant Pierre Poivre, puis dans une modeste demeure à proximité du célèbre jardin de Pamplemousses, où il put mener ses recherches dans des conditions nettement plus confortables que sur le navire.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Herbier Commerson (collections MNHN, Paris)
1766-1773
Description du Bougainvillier (Bougainvillea spectabilis)
1767
Manuscrits ichtyologiques (poissons des mers du Sud)
1768-1773
Correspondance scientifique avec Buffon, Jussieu et Linné
1766-1773
Observations ethnographiques sur les peuples de la mer du Sud
1768






