Philippa Roet(1346 — 1387)

Philippa Roet

6 min de lecture

SociétéMoyen ÂgeAngleterre des Plantagenêts au XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans, sous les règnes d'Édouard III et de Richard II

Philippa Roet (ou Philippa Pan) fut une dame de compagnie anglaise à la cour des rois Plantagenêts au XIVe siècle. Au service de la reine Philippa de Hainaut, elle épousa le poète Geoffrey Chaucer, devenant ainsi une figure du milieu curial anglais médiéval.

Questions fréquentes

Pour comprendre Philippa Roet, il faut imaginer la cour itinérante des Plantagenêts au XIVe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle était une dame de compagnie – plus précisément une demoiselle de la chambre – au service de la reine Philippa de Hainaut, puis de Constance de Castille, la seconde épouse de Jean de Gand. Ces fonctions la plaçaient au cœur de la maison royale, assistant la souveraine dans sa toilette, ses déplacements et la vie sociale. Ce qui distingue Philippa, c'est qu'elle n'était pas seulement une suivante anonyme : elle appartenait à une famille hennuyère venue en Angleterre avec la reine, et son mariage avec le poète Geoffrey Chaucer l'a reliée à l'un des plus grands écrivains du Moyen Âge.

Faits marquants

  • Vers 1366 : mariage avec le poète Geoffrey Chaucer, auteur des Contes de Canterbury
  • Dame de compagnie de la reine Philippa de Hainaut, épouse d'Édouard III d'Angleterre
  • Reçoit une pension royale en 1366, témoignant de sa position à la cour
  • Sœur de Katherine Swynford, maîtresse puis épouse de Jean de Gand, duc de Lancastre
  • Décès vers 1387, durant le règne de Richard II

Œuvres & réalisations

Service auprès de la reine Philippa de Hainaut (vers 1360-1369)

Philippa fut demoiselle de la chambre de la reine d'Angleterre, fonction de confiance au cœur de la maison royale.

Service auprès de Constance de Castille (années 1370)

Après la mort de la reine, elle entra au service de la seconde épouse de Jean de Gand, consolidant les liens du couple Chaucer avec Lancastre.

Mariage avec Geoffrey Chaucer (vers 1366)

Cette union associa Philippa au plus grand poète anglais médiéval et plaça leur famille dans le réseau curial le plus influent du royaume.

Obtention de rentes royales et seigneuriales (1372-1374)

Les pensions versées par la couronne et par Jean de Gand attestent de la reconnaissance de ses services à la cour.

Admission à la confrérie de la cathédrale de Lincoln (1386)

Cet honneur, partagé avec des membres de la maison de Lancastre, témoigne de son intégration dans l'élite religieuse et nobiliaire.

Anecdotes

Philippa Roet était la fille de Sir Paon de Roet, un chevalier originaire du Hainaut venu en Angleterre dans la suite de la reine Philippa de Hainaut. Comme la reine, elle portait ce prénom, et c'est sans doute à ce lien avec sa contrée natale que la souveraine la prit comme dame de compagnie.

Sa sœur cadette, Katherine Swynford, devint la maîtresse puis la troisième épouse de Jean de Gand, duc de Lancastre et fils du roi Édouard III. Par ce mariage, Philippa Roet se retrouva, par alliance, reliée à l'une des familles les plus puissantes du royaume et aux futurs rois de la dynastie des Lancastre.

Vers 1366, Philippa épousa Geoffrey Chaucer, qui allait devenir le plus grand poète anglais du Moyen Âge, auteur des « Contes de Canterbury ». Leur union scella l'alliance de deux serviteurs de la cour, et l'on pense que certains de leurs enfants firent à leur tour carrière dans l'entourage royal.

En 1372, Philippa reçut une rente annuelle de Jean de Gand, signe de la faveur dont elle jouissait. Les archives royales conservent la trace de ces pensions versées aussi bien à elle qu'à son époux, témoignant de la place du couple dans le service curial.

Le nom de Philippa disparaît des registres de paiement après 1387, ce qui amène les historiens à fixer sa mort à cette date. On sait très peu de chose de sa vie personnelle : son existence n'est connue qu'à travers les documents administratifs de la cour, ce qui était le sort de la plupart des femmes même de haut rang à cette époque.

Sources primaires

Comptes de la Maison royale (Issue Rolls de l'Échiquier) (vers 1366)
Mention d'une rente royale accordée à « Philippa Chaucy » (Philippa Chaucer), demoiselle de la chambre de la reine, en récompense de son service.
Registre de Jean de Gand (John of Gaunt's Register) (1372)
Octroi d'une pension annuelle à Philippa Chaucer, attestant des liens du couple Chaucer avec la maison de Lancastre.
Lettres patentes d'Édouard III (1374)
Confirmation des annuités versées à Geoffrey Chaucer et à son épouse Philippa pour leurs services à la couronne.
Registres de la confrérie de la cathédrale de Lincoln (1386)
Admission de Philippa Chaucer dans la fraternité de Lincoln, aux côtés de membres de la maison de Lancastre.

Voir aussi