Pic de la Mirandole(1463 — 1494)

Jean Pic de la Mirandole

duché de la Mirandole

6 min de lecture

PhilosophiePhilosopheThéologien(ne)RenaissanceRenaissance italienne, fin du XVe siècle (Quattrocento florentin)

Philosophe et humaniste italien de la Renaissance, figure du néoplatonisme florentin. Auteur du Discours sur la dignité de l'homme, il défend la liberté de l'homme de se façonner lui-même et tente une synthèse des savoirs.

Questions fréquentes

Pic de la Mirandole (1463-1494) est un philosophe et humaniste italien de la Renaissance florentine. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne l'idéal humaniste de synthèse des savoirs : il maîtrisait le latin, le grec, l'hébreu, l'araméen et l'arabe pour lire les textes anciens dans leur langue originale. Son Discours sur la dignité de l'homme (1486) est considéré comme le manifeste de la Renaissance car il y affirme que l'homme n'a pas de nature fixe, mais peut se façonner librement, vers le bien ou le mal. Il est aussi connu pour avoir tenté de défendre publiquement 900 thèses réunissant toutes les traditions philosophiques et religieuses de son époque.

Faits marquants

  • Né en 1463 à Mirandola, dans le nord de l'Italie
  • Rédige en 1486 les 900 thèses (Conclusiones), dont le prologue est le Discours sur la dignité de l'homme (Oratio de hominis dignitate)
  • Treize de ses thèses sont condamnées comme hérétiques par une commission pontificale en 1487
  • Proche de Marsile Ficin et de l'Académie néoplatonicienne de Florence, sous la protection de Laurent de Médicis
  • Meurt prématurément en 1494 à Florence, à l'âge de 31 ans

Œuvres & réalisations

Discours sur la dignité de l'homme (Oratio de hominis dignitate) (1486)

Texte-manifeste de l'humanisme de la Renaissance, célébrant la liberté de l'homme de se façonner lui-même. Souvent appelé le 'manifeste de la Renaissance'.

Les 900 Conclusions (Conclusiones nongentae) (1486)

Recueil de 900 thèses puisées dans toutes les traditions (grecque, arabe, juive, chrétienne) que Pic voulait défendre pour montrer l'unité du savoir.

Apologie (Apologia) (1487)

Défense rédigée pour répondre à la condamnation de treize de ses thèses par la commission pontificale. Elle aggrava paradoxalement sa situation.

Heptaplus (1489)

Commentaire en sept parties des sept jours de la Création, mêlant exégèse biblique et symbolisme kabbalistique.

De l'Être et de l'Un (De ente et uno) (1491)

Traité cherchant à concilier les philosophies de Platon et d'Aristote sur les notions d'être et d'unité.

Disputations contre l'astrologie divinatoire (Disputationes adversus astrologiam divinatricem) (1494)

Œuvre inachevée et posthume réfutant l'astrologie prédictive, qui influença plus tard la pensée scientifique.

Anecdotes

À seulement 23 ans, en 1486, Pic de la Mirandole compose 900 thèses qu'il propose de défendre publiquement à Rome contre tous les savants d'Europe, promettant même de payer leurs frais de voyage. Le débat n'eut jamais lieu : le pape Innocent VIII jugea treize de ces thèses suspectes d'hérésie et interdit la disputation.

Pour introduire ses 900 thèses, Pic rédige un discours resté célèbre sous le titre 'Discours sur la dignité de l'homme'. Il y imagine Dieu disant à Adam qu'il n'a ni place fixe ni forme déterminée, mais qu'il peut se façonner lui-même librement, vers le bas comme la bête ou vers le haut comme l'ange.

Pic apprenait les langues avec une avidité rare pour son temps : outre le latin et le grec, il étudia l'hébreu, l'araméen et l'arabe pour lire les textes dans leur langue d'origine. Il fut l'un des premiers chrétiens d'Occident à s'intéresser sérieusement à la Kabbale juive.

Accusé d'hérésie, Pic s'enfuit en France en 1488 mais y fut brièvement arrêté et emprisonné. Il dut son salut à l'intervention de Laurent de Médicis, qui le fit revenir à Florence sous sa protection.

Pic de la Mirandole mourut en 1494 à seulement 31 ans, le jour même où le roi de France Charles VIII entrait dans Florence. Des analyses de ses restes menées en 2007 ont révélé des traces d'arsenic, suggérant qu'il aurait pu être empoisonné.

Sources primaires

Discours sur la dignité de l'homme (Oratio de hominis dignitate) (1486)
Tu pourras dégénérer en formes inférieures qui sont bestiales ; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures qui sont divines.
Conclusiones nongentae (Les 900 Conclusions) (1486)
Il n'est aucune science qui nous rende plus certains de la divinité du Christ que la magie et la Kabbale.
Lettre d'Ange Politien à propos de Pic (vers 1490)
Un homme, ou plutôt un héros, comblé de tous les dons du corps et de l'esprit.
Vie de Jean Pic de la Mirandole, par son neveu Jean-François Pic (1496)
Il distribua ses biens aux pauvres et résolut de parcourir le monde, un crucifix à la main, pour prêcher le Christ.

Lieux clés

Mirandole (Émilie-Romagne)

Petite seigneurie d'Italie du Nord où Jean naquit en 1463, cadet d'une famille de comtes. Il en tira son nom célèbre.

Université de Padoue

Grand centre d'études où Pic se forma à la philosophie d'Aristote et à la pensée averroïste. Padoue était réputée pour son enseignement laïque et rationaliste.

Florence

Capitale culturelle de la Renaissance où Pic rejoignit le cercle néoplatonicien de Marsile Ficin sous la protection des Médicis. Il y passa ses dernières années et y mourut.

Rome

Ville où Pic publia ses 900 thèses en 1486 et espérait organiser une grande disputation. Le pape y condamna une partie de ses propositions.

Lyon (France)

Lors de sa fuite en France en 1488, Pic fut arrêté près de Lyon sur ordre des autorités ecclésiastiques. Il y connut une brève incarcération.

Couvent de San Marco, Florence

Pic, proche du prédicateur Savonarole, fut enterré dans ce couvent dominicain après sa mort en 1494. Il y aurait reçu l'habit de l'ordre peu avant de mourir.

Voir aussi