Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Pic de la Mirandole

par Charactorium · Pic de la Mirandole (1463 — 1494) · Philosophie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Pic de la Mirandole
Wikimedia Commons, Public domain — Cristofano dell'Altissimo

Nous retrouvons Jean Pic de la Mirandole dans sa bibliothèque florentine, à l'automne 1493, peu après que le pape Alexandre VI a levé la condamnation qui pesait sur lui depuis six ans. Entouré de manuscrits en hébreu, en grec et en arabe, il accepte de revenir, une dernière fois, sur les thèses qui ont bouleversé sa jeunesse.

Comment vous est venue l'idée de rassembler neuf cents thèses pour les défendre publiquement à Rome ?

J'avais vingt-trois ans, une mémoire qui retenait tout ce qu'elle touchait, et l'orgueil tranquille de croire qu'aucune tradition ne détient seule la clef des choses. J'ai rassemblé neuf cents thèses, puisées chez les Grecs, les Arabes, les kabbalistes juifs et les docteurs chrétiens, pour montrer qu'elles se répondent entre elles bien plus qu'elles ne se combattent. Je voulais ouvrir à Rome une grande disputatio publique, et j'ai même offert de payer le voyage de tout savant d'Europe qui viendrait me contredire — geste que certains ont pris pour de la vanité, quand ce n'était que de l'impatience à voir la vérité discutée au grand jour. Parmi ces thèses figurait celle-ci, que j'assume encore : « Il n'est aucune science qui nous rende plus certains de la divinité du Christ que la magie et la Kabbale. » Cette phrase-là, plus qu'aucune autre, a fini par m'attirer des ennuis.

Il n'est aucune science qui nous rende plus certains de la divinité du Christ que la magie et la Kabbale.

Le pape a interdit cette disputation avant même qu'elle commence. Comment avez-vous vécu cette interdiction ?

Comme une gifle inattendue. J'avais imprimé mes thèses, annoncé la date, préparé mes réponses — et voilà qu'une commission pontificale en examine treize et les juge suspectes d'hérésie. Innocent VIII interdit purement et simplement la disputatio. Aucun savant n'est venu me contredire à Rome, parce qu'on ne m'a pas laissé la chance de les convaincre ou d'être convaincu par eux. J'ai alors écrit une Apologie pour me défendre, croyant calmer les esprits ; elle n'a fait qu'aggraver mon cas, comme si vouloir s'expliquer était déjà un aveu. Je n'ai jamais cessé de penser que le débat, même perdu, vaut mieux que le silence imposé. On m'a retiré la parole au moment précis où j'avais le plus à dire, et cela, je l'avoue, m'a blessé plus profondément que la menace elle-même.

Dans votre Discours, vous imaginez Dieu s'adressant à Adam d'une manière très singulière. Pouvez-vous nous la rappeler ?

Je fais dire à Dieu qu'il n'a donné à l'homme ni place fixe, ni visage propre, ni fonction qui lui soit exclusive, afin qu'il se façonne lui-même selon son désir. J'ai écrit, dans mon Discours sur la dignité de l'homme : « Tu pourras dégénérer en formes inférieures qui sont bestiales ; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures qui sont divines. » C'est une pensée qui m'est venue en préparant mes neuf cents thèses pour Rome, comme un seuil avant l'assemblée des idées. L'homme n'est ni ange ni bête par nature — il choisit sa pente, vers le haut ou vers le bas, et c'est cela, je crois, sa véritable dignitas.

Tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures qui sont divines.

Pourquoi vouliez-vous à tout prix concilier Platon, Aristote, les Arabes et la Kabbale en un seul système ?

Parce que je ne supportais pas l'idée que la vérité soit divisée en camps qui se tournent le dos. Mon maître Marsile Ficin, à Florence, m'avait ouvert à Platon ; mes années à l'université de Padoue m'avaient formé à Aristote et aux commentateurs arabes. Plus tard, dans mon traité De l'Être et de l'Un, j'ai tenté de montrer que leurs querelles sur l'être et l'unité tiennent souvent au vocabulaire plus qu'au fond. Puis, dans l'Heptaplus, j'ai relu les sept jours de la Création à la lumière du sens caché que les kabbalistes prêtent aux Écritures. Ce n'est pas de la confusion, comme certains me l'ont reproché : c'est la conviction qu'un seul esprit divin a pu se révéler par des voies différentes, et qu'un homme patient peut en retrouver le fil commun.

On dit que vous avez appris l'hébreu, l'araméen et même l'arabe. Qu'est-ce qui vous a poussé à un tel effort ?

Le désir de lire les textes sans l'intermédiaire d'un traducteur qui choisit pour moi ce qu'il faut comprendre. Le grec et le latin ne me suffisaient plus : je voulais entrer dans l'hébreu des commentateurs juifs, dans l'araméen des textes kabbalistiques, dans l'arabe des philosophes qu'on étudiait à Padoue. Le matin, avant que la maison ne s'anime, je consacrais mes premières heures à ces langues, comparant un même verset dans trois écritures différentes jusqu'à ce que le sens s'éclaire. J'ai fait réunir, à grands frais, des manuscrits et des codex hébreux et kabbalistiques qu'on jugeait, dans certains cercles, dangereux à posséder pour un chrétien. Mais on n'interprète rien sérieusement sans en connaître la langue d'origine — c'est une règle que je n'ai jamais transigée.

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Fulvia Pico della Mirandole, Comtesse de Randan (d.1607) title QS:P1476,en:"Fulvia Pico della Mirandole, Comtesse de Randan (d.1607) "label QS:Len,"Fulvia Pico della Mirandole, Comtesse de Randan (d.Wikimedia Commons, Public domain — After François Clouet

N'était-ce pas risqué, pour un chrétien de votre rang, de s'intéresser d'aussi près à la Kabbale juive ?

Risqué, assurément — et je l'ai payé. Mais je n'y voyais pas une trahison : je pensais au contraire que la Kabbale, bien lue, confirmait ce que l'Évangile enseigne, qu'elle en était comme un écho ancien. C'est cette idée, avancée parmi mes thèses, qui a le plus troublé la commission romaine. On m'imaginait en magicien plutôt qu'en lecteur patient ; on confondait ma curiosité pour les traditions juive et arabe avec je ne sais quelle complaisance hérétique. Je crois pourtant qu'un chrétien qui craint d'étudier les autres traditions craint surtout de fragiliser sa propre foi. La mienne n'en est jamais sortie affaiblie — seulement plus seule parmi mes contemporains, qui préféraient ne rien lire qu'ils ne pouvaient déjà réciter.

En 1488, vous avez fui vers la France. Que s'est-il passé exactement ?

J'ai quitté l'Italie parce que je craignais, après la condamnation de mes treize thèses, de finir emprisonné ou pire. La France me semblait un refuge raisonnable. Mais près de Lyon, des agents ecclésiastiques m'ont rattrapé et jeté en prison, sur ordre de Rome, avant même que j'aie pu m'expliquer devant quiconque. J'y suis resté enfermé plusieurs semaines, séparé de mes livres, de mes manuscrits, de tout ce qui faisait mon univers quotidien — punition plus cruelle, je crois, pour un lettré que pour un autre homme. On m'accusait d'hérésie sans procès véritable, sur la seule foi d'une bulle pontificale. J'ai souvent pensé, dans cette cellule, que mes idées avaient voyagé plus vite et plus loin que moi, et qu'elles me précédaient partout comme une réputation qu'on ne peut rattraper.

Comment avez-vous obtenu votre libération et le retour à Florence ?

Par l'intervention de Laurent de Médicis, que l'on appelait le Magnifique, et qui gouvernait alors Florence avec un goût rare pour protéger les savants menacés. Il a écrit, il a plaidé, il a mis son crédit dans la balance pour qu'on me relâche, puis il m'a accueilli sous sa protection directe. Je lui dois d'avoir pu regagner ma bibliothèque, mes manuscrits en hébreu et en grec, et le cercle de Marsile Ficin où je me sentais enfin chez moi. Sans lui, je pense que mon procès aurait suivi son cours jusqu'à des extrémités que je préfère ne pas nommer. J'ai appris, dans cette épreuve, qu'un protecteur puissant vaut parfois mieux que cent arguments bien tournés — leçon amère pour qui croyait que la seule force des idées suffisait à les défendre.

On raconte que vous envisagiez, ces derniers temps, de renoncer à vos biens pour prêcher le Christ, un crucifix à la main. Qu'en est-il ?

Il est vrai que ma vie a pris, ces dernières années, une pente que je n'aurais pas devinée à vingt-trois ans, quand je ne rêvais que de disputationes et de gloire savante. Les prédications du frère Savonarole, ici même à Florence, m'ont touché plus profondément que je ne l'aurais cru possible pour un esprit aussi épris de philosophie que le mien. J'ai songé à distribuer mes biens, à quitter les palais et les bibliothèques pour parcourir les routes, sans autre bagage qu'un crucifix, et prêcher plutôt que discuter. Je ne sais si j'en aurai le temps ni la force ; mais je sens, depuis ma grâce obtenue du pape Alexandre VI, que le savoir seul ne comble plus tout à fait ce que je cherche. Peut-être ai-je passé ma jeunesse à vouloir tout concilier, sauf, finalement, ma propre âme.

Le savoir seul ne comble plus tout à fait ce que je cherche.

Si vous deviez résumer, aujourd'hui, ce que vous avez cherché toute votre vie, que diriez-vous ?

J'ai cherché à prouver qu'aucune tradition n'a l'exclusivité de la vérité, et que l'homme, seul parmi les créatures, a la liberté de choisir la forme de son âme. Je travaille encore, quand mes forces le permettent, à un traité contre l'astrologie divinatoire, car je ne veux pas laisser croire que nos destins sont écrits d'avance dans les astres — cela contredirait tout ce que j'ai défendu sur la liberté humaine. Si ce livre reste inachevé, j'espère qu'un autre le terminera à ma place. On m'a beaucoup reproché ma jeunesse, mon orgueil, mon désir d'embrasser toutes les langues et tous les savoirs à la fois ; je n'ai pas de meilleure réponse que celle-ci : je préfère mourir en ayant trop voulu comprendre plutôt qu'en n'ayant jamais osé chercher.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Pic de la Mirandole. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.