Praxitèle est l'un des plus grands sculpteurs de la Grèce antique, actif à Athènes au IVe siècle av. J.-C. Il est célèbre pour avoir introduit la grâce, la sensualité et le naturel dans la statuaire, notamment avec son Aphrodite de Cnide, premier grand nu féminin de l'art grec.
Praxitèle(394 av. J.-C. — 329 av. J.-C.)
Praxitèle
Athènes
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Actif au IVe siècle av. J.-C. (vers 400-326 av. J.-C.), principalement à Athènes
- Crée l'Aphrodite de Cnide (vers 360-350 av. J.-C.), premier grand nu féminin grandeur nature de la sculpture grecque
- Réalise l'Hermès portant Dionysos enfant, conservé au musée d'Olympie, longtemps considéré comme un original
- Privilégie le marbre et invente une attitude souple et déhanchée, la « courbe praxitélienne »
- Connu pour sa relation avec la courtisane Phryné, qui lui aurait servi de modèle
Œuvres & réalisations
Premier grand nu féminin de l'art grec, représentant la déesse au bain. Œuvre la plus célèbre de l'Antiquité, connue par de nombreuses copies romaines.
Statue de marbre découverte à Olympie en 1877, peut-être un original, illustrant la grâce et le poli caractéristiques du sculpteur.
Représente un Apollon adolescent s'apprêtant à transpercer un lézard, image d'une jeunesse alanguie typique du style praxitélien. Connu par des copies.
Figure d'un jeune satyre nonchalamment appuyé, l'une des œuvres les plus copiées de l'Antiquité, incarnant la douceur des formes de Praxitèle.
Statue du dieu de l'amour offerte à Phryné et consacrée à Thespies, où elle faisait l'objet d'un culte célèbre. Aujourd'hui perdue.
Ensemble divin réalisé pour Mantinée, dont le piédestal sculpté de Muses et du concours de Marsyas a partiellement été retrouvé.
Type de Vénus semi-dénudée attribué à l'atelier de Praxitèle, connu par une célèbre copie conservée au Louvre.
Anecdotes
Praxitèle aurait sculpté son Aphrodite de Cnide en prenant pour modèle la célèbre courtisane Phryné, dont il était amoureux. La statue, premier grand nu féminin de l'art grec, fit scandale puis devint si admirée que les habitants de Cnide refusèrent de la vendre au roi Nicomède de Bithynie, même contre l'effacement de toute leur dette publique.
Selon une anecdote rapportée par les Anciens, Praxitèle avait promis à Phryné de lui offrir sa plus belle œuvre, mais refusait de lui dire laquelle il préférait. Phryné fit alors annoncer par un esclave que l'atelier brûlait ; le sculpteur affolé s'écria qu'il était perdu si le feu avait atteint son Satyre et son Éros, révélant ainsi ses deux chefs-d'œuvre.
On raconte que les habitants de Cnide avaient construit un petit temple ouvert sur tous les côtés afin que l'on puisse admirer l'Aphrodite de Praxitèle sous tous les angles. La statue attirait tant de visiteurs venus de toute la Grèce qu'elle fit la renommée et la fortune de la cité.
Aucune sculpture originale en marbre de Praxitèle ne nous est parvenue avec certitude : nous ne connaissons ses œuvres que par des copies romaines. L'Hermès portant Dionysos enfant, découvert à Olympie en 1877, est parfois considéré comme un original, mais les spécialistes en débattent encore aujourd'hui.
Praxitèle était réputé pour préférer travailler le marbre plutôt que le bronze, et pour la délicatesse de ses finitions. Pline l'Ancien rapporte que le sculpteur lui-même affirmait préférer celles de ses statues que le peintre Nicias avait rehaussées de couleurs, montrant que les statues grecques étaient peintes.
Sources primaires
Praxitèle l'emporta par le marbre et fut ainsi plus célèbre encore. De lui sont les œuvres les plus admirées dans Athènes... mais au-dessus de toutes les statues, non seulement de Praxitèle mais du monde entier, on place sa Vénus, que beaucoup ont fait voile vers Cnide pour la voir.
Plus tard furent dédiées dans le temple d'autres offrandes : un Hermès de marbre portant l'enfant Dionysos, œuvre de Praxitèle.
De Cnide il prendra la Vénus tout entière... cette même que les Cnidiens n'ont pas voulu céder au roi Nicomède, bien qu'il offrît d'éteindre toute la dette de la cité.
Praxitèle, l'aimant, sculpta son Éros et lui en fit présent ; et elle le consacra à Thespies, sa patrie. Phryné servit aussi de modèle à l'Aphrodite de Cnide.
Lieux clés
Cité natale et principal lieu d'activité de Praxitèle, capitale artistique et intellectuelle de la Grèce au IVe siècle av. J.-C. Il y tenait son atelier de sculpteur.
Cité grecque d'Asie Mineure (actuelle Turquie) qui accueillit l'Aphrodite de Praxitèle dans un temple ouvert sur tous les côtés. La statue y attira des visiteurs de toute la Grèce.
Cité de Béotie, patrie de Phryné, où fut consacré l'Éros de Praxitèle qu'il avait offert à la courtisane. Le culte d'Éros y était particulièrement célèbre.
Grand sanctuaire de Zeus dans le Péloponnèse où Pausanias vit l'Hermès portant Dionysos enfant attribué à Praxitèle. La statue y fut redécouverte lors de fouilles en 1877.
Cité d'Arcadie pour laquelle Praxitèle réalisa un groupe de Léto, Apollon et Artémis, ainsi qu'un piédestal orné de reliefs représentant les Muses et Marsyas.
Objets typiques

Outil de fer à lame plate ou dentelée frappé au maillet pour dégrossir et tailler le marbre. Instrument fondamental du sculpteur grec travaillant la pierre.

Foret manuel actionné par un archet, utilisé pour percer le marbre et creuser les détails comme les boucles de cheveux ou les plis profonds. Praxitèle l'employait pour ses effets de matière délicats.

Massette de bois ou de bronze servant à frapper le ciseau pour entamer le marbre. Compagnon indispensable du ciseau dans l'atelier.

Matière première de prédilection de Praxitèle, souvent issu du marbre blanc de Paros, réputé pour sa translucidité et son grain fin. Il permettait des effets de chair et de douceur uniques.

Limes de fer et pierres ponces utilisées pour polir la surface du marbre jusqu'à un fini lisse et soyeux. C'est ce poli qui donnait à la peau des statues de Praxitèle son aspect vivant.

Couleurs minérales appliquées à la cire chaude pour rehausser les statues de marbre (lèvres, yeux, cheveux, draperies). Le peintre Nicias colorait les œuvres de Praxitèle.
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Vie quotidienne
Matin
Le sculpteur gagnait tôt son atelier (ergasterion), souvent installé près de l'agora ou du Céramique. Il examinait les blocs de marbre livrés de Paros ou du Pentélique et dirigeait ses apprentis dans le dégrossissage à la lumière du jour.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail fin : taille des détails au trépan, modelage des chairs, polissage à la ponce. Praxitèle recevait aussi les commanditaires, cités ou sanctuaires, venus discuter de statues divines.
Soir
Le soir venu, l'artiste pouvait participer à un banquet (symposion) où se côtoyaient poètes, philosophes et courtisanes comme Phryné. On y buvait du vin coupé d'eau en discutant d'art et de beauté.
Alimentation
L'alimentation reposait sur la triade méditerranéenne : pain d'orge ou de blé, huile d'olive et vin. On y ajoutait légumes, fromage, olives, poisson et, plus rarement, de la viande lors des sacrifices et des fêtes.
Vêtements
Praxitèle portait la tunique (chiton) de lin ou de laine, parfois recouverte d'un manteau (himation) drapé sur l'épaule. Dans l'atelier, une tenue simple et un tablier le protégeaient de la poussière de marbre.
Habitat
Il vivait dans une maison grecque de pierre crue et de brique organisée autour d'une cour intérieure. L'atelier, vaste et bien éclairé, jouxtait l'habitation et abritait outils, blocs et statues en cours.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Aphrodite de Cnide
vers 350 av. J.-C.
Hermès portant Dionysos enfant
vers 340 av. J.-C.
Apollon Sauroctone (tueur de lézard)
vers 350 av. J.-C.
Satyre au repos (Satyre verseur / anapauomenos)
vers 350 av. J.-C.
Éros de Thespies
IVe siècle av. J.-C.
Groupe de Léto, Apollon et Artémis (Mantinée)
IVe siècle av. J.-C.
Aphrodite d'Arles (Vénus du type)
IVe siècle av. J.-C.






