Apelle fut le peintre le plus célèbre de l'Antiquité grecque, actif au IVe siècle av. J.-C. Il fut le peintre officiel d'Alexandre le Grand et de sa cour macédonienne. Aucune de ses œuvres n'a survécu, mais les textes anciens témoignent de sa virtuosité exceptionnelle.
Apelle(369 av. J.-C. — 305 av. J.-C.)
Apelle
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Actif vers 350-300 av. J.-C., originaire de Cos ou d'Éphèse
- Nommé peintre officiel d'Alexandre le Grand
- Auteur de la célèbre Aphrodite Anadyomène, tableau décrit par Pline l'Ancien
- Pline l'Ancien lui consacre de longs développements dans son Histoire naturelle (livre XXXV)
- Aucune de ses œuvres n'a survécu jusqu'à nos jours
Œuvres & réalisations
Tableau exécuté pour le temple d'Artémis à Éphèse, représentant Alexandre tenant un foudre comme Zeus. Pline rapporte que la main et le foudre semblaient sortir du tableau, et qu'Alexandre et Bucéphale y paraissaient si vivants que les spectateurs reculaient de saisissement.
Aphrodite sortant des eaux, commandée par la cité de Cos. Considérée comme le chef-d'œuvre absolu d'Apelle, cette œuvre laissée inachevée fut transférée à Rome par Auguste et inspira d'innombrables représentations de la naissance de Vénus dans l'art occidental, dont celle de Botticelli.
Composition allégorique représentant la Calomnie, l'Envie, la Tromperie et la Vérité. Décrite en détail par Lucien de Samosate plusieurs siècles plus tard, elle inspira directement Botticelli pour sa Calomnie d'Apelle (1494-95), permettant une transmission indirecte de la composition à la Renaissance.
Apelle dut peindre ce général d'Alexandre, borgne, de trois quarts pour dissimuler son infirmité. Cette adaptation habile de la composition à la réalité physique du modèle fut largement citée dans l'Antiquité comme exemple de tact et d'ingéniosité artistique.
L'un des premiers grands portraits officiels d'Alexandre, exécuté alors que le prince était encore adolescent. Ce tableau contribua à forger l'image publique du futur conquérant et servit de modèle à la représentation du pouvoir royal hellénistique.
Anecdotes
Un jour, Apelle se cacha derrière l'un de ses tableaux exposé sur la voie publique pour écouter les critiques des passants. Un cordonnier signala une erreur dans la représentation d'une sandale, qu'Apelle corrigea aussitôt. Le lendemain, enhardi, le même homme se mit à critiquer le genou du personnage. Apelle sortit alors de sa cachette et lui lança la formule restée célèbre : « Cordonnier, pas au-dessus de la chaussure ! » — en latin, « ne sutor ultra crepidam ».
Apelle et son rival Protogène s'affrontèrent dans un célèbre défi pictural. Lors d'une visite à l'atelier de Protogène en son absence, Apelle traça sur un panneau vierge une ligne d'une finesse incomparable. Protogène, de retour, reconnut immédiatement la main du maître et traça par-dessus une ligne encore plus fine. Ce duel de traits illustre l'idéal grec de la maîtrise technique portée à son extrême limite.
Alexandre le Grand confia à Apelle la mission de peindre le portrait de sa favorite, Campaspe. Selon la tradition rapportée par Pline l'Ancien, Apelle tomba éperdument amoureux de la jeune femme pendant l'exécution du tableau. Alexandre, touché, lui offrit Campaspe en cadeau — preuve exceptionnelle de l'estime que le conquérant portait à son peintre officiel.
Apelle laissa inachevée sa célèbre Vénus Anadyomène, estimant qu'aucun peintre ne saurait terminer dignement le visage qu'il avait commencé. Les Anciens rapportaient que cette œuvre était si parfaite dans sa partie achevée que personne n'osa jamais y poser un pinceau après lui, et qu'elle fut transportée à Rome par Auguste.
Apelle avait une règle de travail qu'il ne trahissait jamais : ne laisser passer aucun jour sans tracer au moins une ligne. Cette habitude, résumée par le proverbe latin nulla dies sine linea (pas un jour sans une ligne), illustre sa conception du métier d'artiste comme une discipline quotidienne autant que comme un don.
Sources primaires
Apelle surpassait tous les peintres qui l'avaient précédé et tous ceux qui devaient venir après lui. Sa principale qualité était ce que les Grecs appellent la charis, une grâce indéfinissable que nul autre ne sut imiter, alors même que ses rivaux l'égalaient par ailleurs en d'autres mérites.
Apelle avait représenté la Calomnie sous les traits d'une femme emportée, conduite par l'Envie et la Tromperie, tandis que l'Ignorance et le Soupçon tenaient les oreilles du juge. Derrière eux, la Vérité marchait vêtue de blanc, seule et délaissée.
Apelle, Zeuxis et Protogène, qui ne comprendraient pas leur art si on les privait des règles du dessin et des proportions ? Et pourtant, entre eux, quelle différence ! Apelle surpasse tous les autres par la grâce.
Sa Vénus sortant des eaux, commandée par les habitants de Cos, fut placée dans le temple d'Asclépios. Auguste la fit transporter à Rome pour la placer dans le temple de César son père. La partie basse du tableau, laissée inachevée, n'a jamais pu être terminée par aucun autre peintre.
Lieux clés
Ville natale probable d'Apelle, en Ionie sur la côte égéenne de l'Asie Mineure. C'est dans ce riche milieu culturel grec qu'il reçut ses premières bases artistiques avant de partir étudier à Sicyone.
Ville du Péloponnèse où Apelle étudia sous la direction de Pamphile, chef de la grande école sicyonienne qui imposait la géométrie et la théorie comme fondements de la formation picturale.
Capitale du royaume de Macédoine où Apelle fut peintre officiel de Philippe II puis d'Alexandre le Grand. Il y réalisa ses célèbres portraits royaux qui contribuèrent à forger l'image du conquérant dans tout le monde grec.
Grande cité grecque d'Asie Mineure où Apelle travailla à plusieurs reprises. Le temple d'Artémis d'Éphèse, l'une des Sept Merveilles du monde antique, accueillit son portrait d'Alexandre tenant le foudre de Zeus.
Île de la mer Égée où Apelle se retira après la mort d'Alexandre. Il y peignit la Vénus Anadyomène dédiée au temple d'Asclépios. C'est là qu'il mourut vers 305 av. J.-C., selon la tradition antique.
Objets typiques

Apelle préparait ses couleurs à partir de minéraux broyés (ocre, cinabre, azurite) et de matières organiques. Selon Pline, il limitait volontairement sa palette à quatre couleurs fondamentales : blanc de Mélos, terre jaune d'Attique, rouge de Sinope et noir de vigne.

Les peintres grecs travaillaient sur des panneaux de bois poncés et recouverts d'un enduit blanc. Aucune peinture sur panneau d'Apelle n'a survécu, mais les textes anciens décrivent leurs dimensions et leurs sujets avec précision.

Les pinceaux grecs étaient fabriqués à partir de poils de martre ou de sanglier montés sur un manche en roseau. La finesse de la ligne tracée par Apelle lors de son duel avec Protogène témoigne de sa maîtrise exceptionnelle de l'outil.

Apelle maîtrisait la technique de l'encaustique : les pigments étaient mélangés à de la cire fondue, puis fixés au fer chaud sur le panneau. Cette méthode donnait aux couleurs une brillance et une durabilité supérieures à la simple détrempe.

Pline l'Ancien décrit un vernis noir que seul Apelle appliquait en couche finale sur ses tableaux, adoucissant les couleurs et les préservant. La formule de ce produit ne fut jamais percée par ses contemporains ni par ses successeurs.

La formation de Pamphile à Sicyone exigeait une maîtrise rigoureuse de la géométrie et des proportions. Apelle utilisait ces instruments pour mettre en place ses compositions avant d'y appliquer la couleur.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Apelle commençait sa journée de travail à l'aube, profitant de la meilleure lumière naturelle pour les travaux de détail. Il avait pour règle absolue de ne jamais laisser passer un jour sans tracer au moins une ligne. Ses assistants préparaient les pigments et les enduits pendant qu'il organisait la séance de travail.
Après-midi
L'après-midi était consacré à la peinture proprement dite : grandes compositions, séances de pose avec modèles — soldats, courtisanes, parfois le roi lui-même. À la cour macédonienne, Apelle jouissait d'un accès privilégié direct à Alexandre, ce qui lui permettait d'observer son sujet dans des conditions que nul autre artiste ne pouvait s'offrir.
Soir
Le soir, Apelle exposait parfois ses œuvres en cours à la critique du public ou des gens de passage, se cachant pour écouter les commentaires libres. À la cour de Macédoine, il participait aux banquets royaux où il côtoyait Aristote, les généraux et les ambassadeurs des cités grecques. Il consacrait une partie de ses soirées à la rédaction de ses traités théoriques sur la peinture.
Alimentation
Comme tout Grec aisé de son époque, Apelle se nourrissait principalement de pain d'orge ou de froment, d'huile d'olive, de légumes secs, d'olives et de poisson salé ou frais. À la cour de Macédoine, les repas étaient plus opulents : viande de porc ou d'agneau, vin de Chalcidique, fruits et fromages.
Vêtements
Apelle portait le chiton (tunique de lin ou de laine) et l'himation (grand manteau drapé), vêtements standards du citoyen grec cultivé. À la cour macédonienne, il adoptait probablement des tissus de meilleure qualité teints en couleurs vives. Lors de son travail, il protégeait ses vêtements par un tablier ou des chiffons, les pigments et la cire tachant irrémédiablement les étoffes.
Habitat
Dans les grandes villes comme Éphèse ou Pella, Apelle disposait probablement d'une maison à péristyle avec un atelier attenant, bien éclairé par des ouvertures orientées au nord pour bénéficier d'une lumière stable et diffuse. À la cour de Macédoine, il bénéficiait vraisemblablement d'un logement de fonction proche du palais royal, signe de son statut exceptionnel.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Vénus Anadyomène
vers 320-310 av. J.-C.
La Calomnie
vers 320 av. J.-C.
Portrait d'Antigone le Borgne
vers 330 av. J.-C.






