Philosophe grec néoplatonicien du Ve siècle, dernier grand maître de l'École d'Athènes. Il fut aussi un commentateur influent des mathématiques grecques, notamment d'Euclide.
Proclus(412 — 485)
Proclus
Empire byzantin
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né vers 412 à Constantinople, mort en 485 à Athènes
- Dirigea l'École néoplatonicienne d'Athènes (héritière de l'Académie) jusqu'à sa mort
- Auteur des 'Éléments de théologie', exposé systématique de la métaphysique néoplatonicienne
- Rédigea un célèbre 'Commentaire sur le premier livre des Éléments d'Euclide', source majeure sur l'histoire des mathématiques grecques
- Figure de la résistance païenne face au christianisme triomphant de l'Antiquité tardive
Œuvres & réalisations
Exposé systématique de la métaphysique néoplatonicienne en 211 propositions ordonnées géométriquement. Œuvre majeure qui influença profondément la pensée médiévale arabe, byzantine et latine.
Vaste synthèse qui réorganise toute la doctrine de Platon en un système théologique cohérent sur les dieux et les principes du réel.
Réflexion philosophique sur la nature des mathématiques, précieuse source pour l'histoire perdue de la géométrie grecque.
Étude approfondie du dialogue de Platon sur l'origine du cosmos, considérée par Proclus lui-même comme l'une de ses œuvres préférées.
Analyse du dialogue le plus métaphysique de Platon, où Proclus développe sa doctrine de l'Un au-delà de l'être.
Série d'essais sur le grand dialogue politique de Platon, abordant aussi la poésie, les mythes et l'immortalité de l'âme.
Recueil de poèmes religieux adressés aux dieux grecs, mêlant ferveur dévotionnelle et spéculation philosophique.
Exposé des modèles astronomiques de l'Antiquité, témoignant de l'intérêt de Proclus pour les sciences du ciel.
Anecdotes
Proclus naquit à Constantinople mais grandit à Xanthos, en Lycie, avant de partir étudier à Alexandrie puis à Athènes. On raconte qu'à son arrivée à Athènes, la déesse Athéna lui apparut en songe pour l'inviter à étudier la philosophie : il y vit le signe que sa vocation était de devenir le gardien de la sagesse grecque antique.
Selon son biographe et disciple Marinus, Proclus menait une vie d'une discipline extrême : il enseignait jusqu'à cinq cours par jour, écrivait des centaines de lignes, priait à toutes les heures et observait scrupuleusement les fêtes religieuses de tous les peuples, disant qu'un philosophe ne devait pas être le prêtre d'une seule cité mais de l'univers entier.
Proclus rédigea un commentaire célèbre sur le premier livre des « Éléments » d'Euclide. C'est grâce à lui que nous connaissons une grande partie de l'histoire ancienne des mathématiques grecques : il y cite des auteurs comme Eudème de Rhodes dont les écrits sont aujourd'hui perdus.
Marinus raconte que Proclus était végétarien et restait célibataire, consacrant toute son énergie à l'étude et à la contemplation. Il aurait soigné par ses prières la fille malade d'un de ses amis, ce qui renforça sa réputation d'homme proche du divin.
À une époque où le christianisme devenait dominant dans l'Empire, Proclus resta un fervent défenseur de la religion et des dieux grecs traditionnels. Les pressions devinrent telles qu'il dut un temps quitter Athènes et se réfugier en Lydie, avant de revenir diriger son école.
Sources primaires
Proclus était né sous une bonne étoile, et tous les biens de l'âme et du corps lui échurent en partage. Athéna elle-même lui apparut et l'invita à s'attacher à la philosophie.
Les mathématiques tiennent le milieu entre les choses intelligibles et les choses sensibles, et elles élèvent l'âme vers la contemplation des réalités supérieures.
Toute multiplicité participe en quelque manière de l'Un. Car s'il ne participait en rien de l'Un, ni son tout ne serait un, ni chacune de ses parties.
Le premier principe de toutes choses est au-delà de l'être, au-delà de l'intelligence, ineffable et inconnaissable par les moyens ordinaires de la raison.
Lieux clés
Capitale de l'Empire romain d'Orient où Proclus naquit en 412. Sa famille, de Lycie, y séjournait alors.
Cité de Lycie, en Asie Mineure, où Proclus passa son enfance. Sa famille y était originaire et il y reçut sa première éducation.
Grand centre intellectuel d'Égypte où Proclus étudia la rhétorique, la philosophie et les mathématiques avant de gagner Athènes.
Foyer du néoplatonisme où Proclus étudia sous Syrianus, puis dirigea l'École (l'Académie) pendant près de cinquante ans, jusqu'à sa mort en 485.
Région d'Asie Mineure où Proclus se réfugia un an environ, lorsque les pressions des chrétiens contre les païens devinrent trop fortes à Athènes.
Objets typiques

Support sur lequel Proclus rédigeait ses innombrables commentaires et traités philosophiques. Les bibliothèques antiques conservaient le savoir sous forme de rouleaux soigneusement copiés à la main.

Roseau taillé servant de plume, trempé dans l'encre pour écrire sur le papyrus ou le parchemin. C'était l'instrument quotidien du philosophe et du copiste.

Petite planchette enduite de cire sur laquelle on gravait des notes effaçables avec un stylet pointu. Élèves et maîtres s'en servaient pour les exercices et les brouillons.

Instruments du géomètre, indispensables pour tracer les figures des démonstrations d'Euclide que Proclus commentait. La géométrie grecque reposait sur ces deux seuls outils.

Modèle astronomique fait de cercles représentant les mouvements des astres. Proclus, qui écrivit sur l'astronomie, s'intéressait à ces instruments figurant l'ordre du cosmos.

Long manteau de laine drapé que portaient les philosophes grecs, devenu le signe distinctif de leur condition. Proclus l'arborait comme héritier de la tradition de Platon.

Petit autel où Proclus accomplissait ses prières et offrandes aux dieux traditionnels, plusieurs fois par jour selon Marinus. La piété rituelle était au cœur de son néoplatonisme.
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Vie quotidienne
Matin
Proclus se levait tôt et commençait la journée par des prières au soleil levant, fidèle à sa piété envers les dieux. Il consacrait ensuite ses premières heures à la lecture et à l'écriture, avant l'arrivée des élèves.
Après-midi
L'après-midi était rythmé par l'enseignement : Marinus rapporte qu'il pouvait donner jusqu'à cinq cours dans la journée et tenir des séminaires de commentaire des textes de Platon et d'Aristote. Les discussions avec ses disciples se prolongeaient en débats philosophiques.
Soir
Le soir, Proclus poursuivait sa rédaction, composant parfois des centaines de lignes. Il terminait la journée par de nouvelles prières et un temps de contemplation, cherchant l'union de l'âme avec le divin.
Alimentation
Proclus suivait un régime frugal et végétarien, par discipline philosophique et par respect des prescriptions religieuses. Il jeûnait lors des fêtes sacrées et se contentait de nourriture simple.
Vêtements
Il portait l'himation, le manteau de laine drapé des philosophes grecs, signe de sa fidélité à la tradition de Platon. Sa tenue sobre reflétait son mode de vie ascétique.
Habitat
Proclus vécut à Athènes dans une maison proche de l'Acropole et du sanctuaire d'Asclépios, où il pouvait honorer les dieux. Sa demeure servait aussi de lieu d'enseignement et de bibliothèque pour ses disciples.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Éléments de théologie (Stoicheiôsis theologikê)
Ve siècle
Théologie platonicienne
Ve siècle
Commentaire sur le premier livre des Éléments d'Euclide
Ve siècle
Commentaire sur le Timée de Platon
Ve siècle
Commentaire sur le Parménide de Platon
Ve siècle
Commentaire sur la République de Platon
Ve siècle
Hymnes
Ve siècle






