Créature fabuleuse de la mythologie chinoise, le Qilin est une chimère bienveillante au corps de cerf, sabots de cheval et écailles de dragon, souvent surnommée la « licorne d'Orient ». Apparition de bon augure, il annonce la naissance ou la mort d'un sage et incarne la paix et la prospérité.
Qilin
Qilin
dynastie Qing
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Mentionné dès les textes des Printemps et Automnes ; la « capture du qilin » (vers 481 av. J.-C.) clôt symboliquement la chronique attribuée à Confucius
- Selon la légende, un qilin serait apparu à la naissance et à la mort de Confucius (551-479 av. J.-C.)
- Chimère composite : corps de cerf, sabots de cheval, écailles de dragon, parfois une corne unique d'où le rapprochement avec la licorne
- Considéré comme l'un des quatre animaux sacrés chinois, signe de paix et de règne juste
- En 1414, une girafe rapportée par les expéditions de Zheng He fut présentée à la cour Ming comme un qilin vivant
Œuvres & réalisations
L'un des plus anciens textes évoquant le qilin, qui en fait l'emblème de la noblesse vertueuse et de la pureté.
La capture du qilin marque la dernière entrée de la chronique attribuée à Confucius, devenue symbole de la fin d'une époque.
Galerie de onze hauts dignitaires Han peints dans le pavillon, premier grand programme honorifique associant le qilin au mérite politique.
Peinture et poème célébrant la girafe-qilin offerte à Yongle, témoignage de la portée politique du présage sous les Ming.
Tradition d'images du qilin apportant un enfant, devenue un motif majeur des vœux de fécondité en Chine.
Art chorégraphique des fêtes, inscrit au patrimoine culturel immatériel, où la créature danse pour appeler chance et prospérité.
Codification des carrés mandarins Ming puis Qing faisant du qilin la marque des plus hauts dignitaires et officiers.
Anecdotes
Selon une légende rapportée par les textes confucéens, un qilin serait apparu à la mère de Confucius peu avant sa naissance, en 551 av. J.-C., en crachant une plaque de jade annonçant que l'enfant deviendrait un « roi sans couronne ». Cette histoire fit du qilin le symbole de l'arrivée d'un grand sage.
En 481 av. J.-C., un qilin aurait été capturé et tué lors d'une chasse dans l'État de Lu. Bouleversé qu'une créature de paix soit ainsi mise à mort dans une époque troublée, Confucius y aurait vu un mauvais présage et cessa d'écrire sa chronique, les « Annales des Printemps et Automnes » : c'est l'épisode célèbre du « huo lin » (la capture du lin).
Le qilin marche, dit-on, sans jamais écraser un brin d'herbe ni piétiner le moindre insecte. Sa corne unique serait terminée par une pointe de chair afin de ne blesser aucun être vivant : il incarne ainsi la « ren », la bienveillance, vertu suprême des sages chinois.
En 1414, l'empereur Yongle reçut à sa cour une girafe rapportée d'Afrique par les flottes de l'amiral Zheng He. Avec son long cou et son pelage tacheté, l'animal fut présenté comme un qilin, signe que le ciel approuvait le règne. Le lettré Shen Du composa pour l'occasion un éloge accompagné d'une peinture.
Le qilin n'a pas disparu de la culture moderne : au Japon, où on l'appelle « kirin », la créature a donné son nom à une célèbre marque de bière fondée en 1888, dont l'étiquette montre toujours l'animal fabuleux.
Sources primaires
Les sabots du lin ! Nobles fils de notre prince. Hélas, ô lin !
Au printemps, lors d'une chasse à l'ouest, on captura un lin.
Le qilin, le phénix, la tortue et le dragon : on les nomme les quatre êtres surnaturels.
Avant la naissance de Confucius, un qilin cracha une plaque de jade dans la demeure des Kong.
Lieux clés
Ville natale de Confucius, où la tradition situe l'apparition du qilin annonçant sa venue. Haut lieu de la mémoire confucéenne.
District où la légende place la capture mortelle du qilin lors d'une chasse vers l'ouest, en 481 av. J.-C. Un site commémoratif y rappelle le « huo lin ».
Pavillon du palais des Han où l'empereur Xuan fit peindre ses ministres les plus méritants. Le nom même célèbre la créature de bon augure.
Capitale impériale où fut présentée en 1414 la girafe identifiée à un qilin. Les voies sacrées des tombeaux Ming y sont gardées de statues de la créature.
Objets typiques

Tablette gravée que le qilin aurait crachée avant la naissance de Confucius, annonçant le destin du futur sage. Elle symbolise l'élection céleste.

Insigne brodé cousu sur la robe officielle, montrant un qilin. Sous les Ming il distinguait la haute noblesse, sous les Qing les officiers militaires de premier rang.

Sculpture de pierre ou de bronze placée à l'entrée des temples, palais et tombeaux. Le qilin y protège le lieu et éloigne les influences néfastes.

Brûle-parfum de bronze figurant la créature, dont la fumée s'échappe par la gueule. Utilisé dans les temples et les demeures aristocratiques.

Mannequin articulé en tissu et papier porté par des danseurs lors des fêtes, notamment du Nouvel An. La danse appelle la prospérité et la fécondité.

Talisman ou estampe montrant un qilin portant un enfant sur son dos. On l'offrait aux jeunes couples pour souhaiter la naissance d'un fils talentueux.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Dans les récits, le qilin ne se montre qu'à l'aube des temps heureux : il surgit dans les jardins d'un souverain juste ou à la veille de la naissance d'un sage. Son apparition matinale est lue comme un présage favorable envoyé par le Ciel.
Après-midi
La créature parcourt les montagnes sacrées et les plaines paisibles. La tradition assure qu'elle marche si délicatement qu'elle n'écrase ni l'herbe ni le plus petit insecte, image vivante de la bienveillance confucéenne.
Soir
À la nuit, le qilin se retire dans des contrées célestes et invisibles aux hommes ordinaires. On dit qu'il disparaît aussitôt que la vertu décline dans le monde, ne revenant qu'aux époques de paix.
Alimentation
Les textes le décrivent comme un être qui ne fait aucun mal au vivant : il refuse la chair des animaux et ne se nourrirait que de ce que la nature offre sans violence. Sa longévité est dite immense, parfois mille ans ou davantage.
Vêtements
Son corps mêle plusieurs animaux : corps de cerf, sabots de cheval, queue de bœuf et écailles de dragon, le tout recouvert d'un pelage multicolore. Une corne unique, à la pointe charnue pour ne blesser personne, orne son front.
Habitat
Le qilin ne possède pas de demeure terrestre : il réside dans des royaumes mythiques et célestes, n'apparaissant sur terre que pour annoncer un événement heureux avant de regagner l'invisible.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Poème « Lin zhi zhi » (Shijing)
vers VIIIe s. av. J.-C.
Clôture des Annales des Printemps et Automnes (huo lin)
481 av. J.-C.
Portraits du Pavillon du Qilin
51 av. J.-C.
Shen Du, Éloge du qilin de bon augure
1414
Iconographie du « qilin songzi »
dynastie Song (Xe–XIIIe s.)
Danse du qilin (qilin wu)
tradition populaire impériale
Système des insignes de rang au qilin
1391 / 1652






