Ramana Maharshi(1879 — 1950)

Ramana Maharshi

Inde, Raj britannique, Union indienne

6 min de lecture

SpiritualitéPhilosophieXXe siècleInde coloniale britannique et début de l'indépendance, première moitié du XXe siècle

Sage et maître spirituel indien, figure majeure de la tradition de l'Advaita Vedānta (non-dualité). Établi à Tiruvannamalai au pied de la montagne sacrée Arunachala, il enseigna la voie de l'investigation du soi par la question « Qui suis-je ? ».

Questions fréquentes

Ramana Maharshi (1879-1950) est un sage indien, figure centrale de l'Advaita Vedānta, la philosophie de la non-dualité. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il n'a pas écrit de traités savants mais a enseigné par le silence et une méthode simple : l'investigation du Soi (atma-vichara), consistant à se demander « Qui suis-je ? ». Pour comprendre son importance, il faut imaginer qu'il a attiré des chercheurs du monde entier sans chercher à fonder une religion, uniquement par la force de sa présence silencieuse. Son héritage dépasse les frontières de l'Inde et influence encore aujourd'hui la spiritualité contemporaine.

Citations célèbres

« Qui suis-je ? »
« Le bonheur est votre nature même. Il n'est pas faux d'en avoir le désir. Ce qui est faux, c'est de le chercher à l'extérieur alors qu'il est intérieur. »

Faits marquants

  • Né en 1879 à Tiruchuzhi, dans le sud de l'Inde (Tamil Nadu)
  • Vit en 1896, à l'âge de 16 ans, une expérience d'« éveil » par confrontation à la peur de la mort
  • S'installe au pied de la montagne sacrée Arunachala à Tiruvannamalai, où il demeure jusqu'à sa mort
  • Développe l'enseignement de l'investigation du soi (atma-vichara) centré sur la question « Qui suis-je ? »
  • Meurt en 1950 ; son ashram (Sri Ramanasramam) devient un centre spirituel rayonnant en Inde et en Occident

Œuvres & réalisations

Nan Yar ? (Qui suis-je ?) (vers 1902)

Texte fondateur sous forme de questions-réponses qui expose la méthode de l'investigation du Soi (« Qui suis-je ? »).

Aksharamanamalai (La Guirlande nuptiale des lettres) (vers 1914)

Long poème dévotionnel en tamoul adressé à la montagne Arunachala, chanté encore aujourd'hui à l'ashram.

Upadesa Saram (L'Essence de l'enseignement) (1927)

Trente vers concentrés résumant les voies de l'action, de la dévotion et de la connaissance menant à la réalisation du Soi.

Ulladu Narpadu (Quarante versets sur la Réalité) (1928)

Œuvre philosophique majeure exposant la nature de la réalité et du Soi dans la perspective de l'Advaita Vedānta.

Cinq hymnes à Arunachala (vers 1914-1917)

Ensemble de poèmes dévotionnels exprimant son amour pour la montagne sacrée, mêlant non-dualité et bhakti.

Talks with Sri Ramana Maharshi (Entretiens) (1935-1939)

Recueil des conversations notées par les dévots, devenu une référence majeure pour transmettre son enseignement oral.

Anecdotes

À l'âge de 16 ans, le jeune Venkataraman fut saisi par une peur soudaine et intense de la mort. Au lieu de fuir, il s'allongea, simula sa propre mort et observa ce qui en lui demeurait vivant. Cette expérience d'éveil bouleversa sa vie et le conduisit à quitter sa famille.

En 1896, il prit secrètement un train pour Tiruvannamalai, attiré par la montagne sacrée Arunachala. Arrivé à destination, il jeta le reste de son argent et fit raser sa tête, abandonnant définitivement sa vie d'écolier pour celle d'ascète.

Pendant ses premières années à Tiruvannamalai, il resta plongé dans un silence et une immobilité si profonds que des insectes et de la vermine s'attaquèrent à ses jambes sans qu'il y prête attention. Des dévots durent le nourrir et le déplacer.

Sa mère, venue le supplier de rentrer, finit par s'installer auprès de lui et devint elle-même une disciple. À sa mort en 1922, Ramana affirma l'avoir guidée vers la libération en posant sa main sur sa poitrine et sa tête.

Ramana refusait les privilèges : il insistait pour que toute nourriture offerte à l'ashram soit partagée également entre tous, y compris les animaux. On le voyait souvent s'occuper personnellement de la vache Lakshmi, très attachée à lui.

Sources primaires

Nan Yar ? (Qui suis-je ?) (vers 1902)
Pour toutes les pensées, la pensée « je » est la racine. Si l'on cherche d'où surgit cette pensée « je », elle disparaîtra. C'est là l'investigation du Soi.
Upadesa Saram (L'Essence de l'enseignement) (1927)
Chercher d'où surgit le « je », tel est le chemin de la connaissance. Là où le « je » s'évanouit apparaît, comme « Je-Je », le Soi unique.
Talks with Sri Ramana Maharshi (Entretiens), notés par Munagala Venkataramiah (1935-1939)
Votre devoir est d'être, et non d'être ceci ou cela. « Je suis ce que je suis » résume toute la vérité. La méthode se résume en ces mots : « Sois tranquille ».
Aksharamanamalai (La Guirlande nuptiale des lettres à Arunachala) (vers 1914)
Ô Arunachala ! Tu as déraciné le « je » et m'as établi dans le silence. Comme une mère, prends soin de moi.

Lieux clés

Tiruchuzhi

Village du Tamil Nadu où naquit Venkataraman en 1879, près d'un temple dédié à Shiva.

Madurai

Ville où le jeune Venkataraman vivait chez son oncle et où il connut, vers 16 ans, son expérience décisive d'éveil face à la mort.

Montagne Arunachala

Colline sacrée dédiée à Shiva, considérée par Ramana comme son maître et le centre de son existence ; il en gravissait les sentiers.

Grotte de Virupaksha

Caverne du flanc d'Arunachala où Ramana vécut une grande partie de ses premières années d'ascèse, dans le silence.

Sri Ramanasramam

Ashram fondé au pied de la montagne, autour du tombeau de sa mère ; il y vécut, enseigna et mourut en 1950.

Voir aussi