Biographie

Officier et fonctionnaire de la cour des Han sous l'empereur Wu (IIe-Ier siècle av. J.-C.). Il est principalement connu comme destinataire de la célèbre lettre de Sima Qian, dans laquelle l'historien justifie son acceptation de la castration pour achever les Mémoires historiques.

Ren An(124 — 202)

Ren An

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PolitiqueMilitaireLettresAntiquitéChine des Han antérieurs, apogée de la dynastie Han sous l'empereur Wu, période de centralisation impériale et d'expansion territoriale

Questions fréquentes

Ren An était un officier et haut fonctionnaire de la cour des Han sous l'empereur Wu (IIe-Ier siècle av. J.-C.). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il doit sa célébrité non à ses propres actions, mais à une lettre que lui adressa son ami Sima Qian, le grand historien. Alors que Ren An, emprisonné, attendait son exécution, Sima Qian lui écrivit la célèbre Lettre à Ren An (Bao Ren An Shu), un chef-d'œuvre de la prose chinoise où il justifie son choix de subir la castration plutôt que la mort pour achever les Mémoires historiques (Shiji). Sans cette lettre, le nom de Ren An serait sans doute tombé dans l'oubli.

Faits marquants

  • Officier à la cour de l'empereur Han Wudi (r. 141-87 av. J.-C.)
  • Destinataire de la « Lettre à Ren An » (Bào Rèn Ān Shū) de Sima Qian, écrite vers 91 av. J.-C.
  • Cette lettre est l'un des plus grands textes de la prose chinoise classique
  • Impliqué dans un complot politique, il fut condamné à mort et exécuté
  • Son cas inspira Sima Qian à expliquer pourquoi il avait choisi la survie humiliante pour achever son œuvre historique

Œuvres & réalisations

Lettre à Sima Qian (demande d'intercession) (circa 92–91 av. J.-C.)

Emprisonné et condamné à mort, Ren An écrivit à Sima Qian pour solliciter son intervention auprès de l'Empereur. Cette lettre, aujourd'hui perdue, est indirectement connue grâce à la célèbre réponse de l'historien, qui en constitue le plus important témoignage indirect.

Commandement de l'Armée du Nord (北軍護軍) (circa 95–91 av. J.-C.)

En tant que commandant de l'élite militaire chargée de défendre Chang'an, Ren An exerçait une responsabilité considérable dans la sécurité de la capitale et de la personne impériale. Cette fonction le plaça au cœur du drame politique de 91 av. J.-C.

Carrière administrative sous l'Empereur Wu (circa 120–91 av. J.-C.)

Ren An gravit les échelons de la bureaucratie et de l'armée Han depuis une origine modeste jusqu'au commandement d'une unité d'élite de la capitale, illustrant la méritocratie relative du système administratif des Han.

Anecdotes

Ren An servait comme commandant de l'Armée du Nord (北軍護軍) à Chang'an lorsque éclata la crise des envoûtements (巫蛊之祸) en 91 av. J.-C. Quand le prince héritier Liu Ju, accusé de sorcellerie, prit les armes contre les troupes impériales, Ren An ferma les portes de ses casernes et refusa de s'engager d'un côté ou de l'autre. Cette neutralité fut interprétée comme une trahison par l'entourage de l'empereur Wu, et valut à Ren An d'être condamné à mort.

Emprisonné et en attente de son exécution, Ren An écrivit à son ami Sima Qian pour lui demander d'intercéder en sa faveur auprès de l'empereur. Cette lettre provoqua la réponse la plus célèbre de toute la littérature chinoise classique : la 'Lettre à Ren An' (报任安书), dans laquelle l'historien justifie pourquoi il a choisi l'humiliation de la castration plutôt que la mort afin d'achever ses Mémoires historiques.

Sima Qian et Ren An partageaient une amitié sincère forgée dans les cercles de la cour impériale. Dans sa lettre, Sima Qian s'adresse à Ren An en utilisant son nom de style Shaoqing (少卿), signe d'une relation intime entre égaux. Il lui confie ses tourments les plus secrets et sa honte d'avoir subi la peine de castration, une infamie profonde dans la société confucéenne Han.

Malgré la lettre bouleversante de Sima Qian, Ren An fut finalement exécuté en 91 av. J.-C. lors de l'épuration qui suivit l'échec de la révolte du prince héritier. Son destin tragique contraste avec celui de Sima Qian, qui survécut pour achever les Shiji, l'une des plus grandes œuvres historiographiques de l'humanité, dans lesquelles la lettre à Ren An a immortalisé les deux hommes.

Selon le Han Shu (Livre des Han), Ren An était issu d'une famille pauvre de Xingyang et était venu à Chang'an comme simple conducteur de chars. Il gravit ensuite les échelons de l'administration militaire jusqu'au commandement d'une unité d'élite de la capitale. Sa trajectoire illustre la perméabilité relative de la bureaucratie Han, qui pouvait parfois accueillir des hommes de basse extraction au mérite et par recommandation.

Sources primaires

报任安书 (Lettre à Ren An) — Sima Qian (circa 91 av. J.-C.)
人固有一死,或重于泰山,或轻于鸿毛,用之所趋异也。(La mort est le lot de tous : pour certains elle pèse plus lourd que le mont Tai, pour d'autres elle est plus légère qu'une plume — tout dépend de la cause à laquelle on la consacre.)
史記 · 太史公自序 (Shiji, Autobiographie du Grand Historien) — Sima Qian (circa 91 av. J.-C.)
遭李陵之祸,幽于缧绁,乃喟然而叹曰:是余之罪夫!(Frappé par le malheur de l'affaire Li Ling, enfermé dans les fers, je soupirai profondément et me dis : c'est ma faute !)
漢書 · 任敞傳 (Han Shu, Biographie de la famille Ren) — Ban Gu (circa 82–92 apr. J.-C.)
任安字少卿,荥阳人也。家贫,为人将车之长安,留,求事为武帝北军护军。(Ren An, de style Shaoqing, était originaire de Xingyang. Issu d'une famille pauvre, il conduisit des chars vers Chang'an, y resta et chercha à servir comme commandant de l'Armée du Nord de l'Empereur Wu.)
漢書 · 戾太子傳 (Han Shu, Biographie du prince héritier Li) — Ban Gu (circa 82–92 apr. J.-C.)
太子使使者持节收北军护军任安,安受节已,闭军门不出,不肯应。太子走。(Le prince héritier envoya un messager portant le sceau impérial pour ordonner à Ren An de le rejoindre ; Ren An reçut le sceau puis ferma les portes de la caserne sans sortir, refusant d'obéir. Le prince héritier s'enfuit.)

Lieux clés

Chang'an (长安) — capitale impériale Han

Métropole de plus d'un million d'habitants et siège du pouvoir impérial Han, Chang'an était le lieu d'exercice de la carrière de Ren An. C'est là qu'il commanda l'Armée du Nord, qu'il fut emprisonné et exécuté, et que Sima Qian lui adressa sa lettre.

Xingyang (荥阳) — ville natale de Ren An

Selon le Han Shu, Ren An était originaire de Xingyang (actuelle province du Henan). Né dans une famille pauvre, il quitta cette ville pour tenter sa chance à Chang'an, où il réussit à entrer au service de l'armée impériale.

Casernes de l'Armée du Nord (北軍) — Chang'an

Unité d'élite chargée de la défense de la capitale Han, stationnée au nord de Chang'an. C'est ici que Ren An, en tant que commandant, ferma les portes lors de la révolte du prince héritier en 91 av. J.-C., acte décisif qui scella son destin.

Palais Weiyang (未央宮) — résidence et cour de l'Empereur Wu

Principal complexe palatial des Han, le Weiyang abritait la cour impériale et les grandes audiences officielles. C'est dans ce cadre que se noua l'amitié entre Ren An et Sima Qian, tous deux gravitant autour du pouvoir de l'Empereur Wu.

Liens externes & ressources

Œuvres

Lettre à Sima Qian (demande d'intercession)

circa 92–91 av. J.-C.

Commandement de l'Armée du Nord (北軍護軍)

circa 95–91 av. J.-C.

Carrière administrative sous l'Empereur Wu

circa 120–91 av. J.-C.

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