Mathématicien allemand, élève de Gauss et Dirichlet, il a profondément renouvelé l'algèbre et la théorie des nombres. On lui doit une construction rigoureuse des nombres réels et la notion d'idéal.
Richard Dedekind(1831 — 1916)
Richard Dedekind
duché de Brunswick
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Les nombres sont une libre création de l'esprit humain.»
Faits marquants
- Né en 1831 à Brunswick (Brunswick, Allemagne)
- Dernier élève à soutenir une thèse sous la direction de Gauss en 1852
- Introduit les « coupures de Dedekind » pour construire rigoureusement les nombres réels (1872)
- Publie « Was sind und was sollen die Zahlen? » (Que sont et que doivent être les nombres ?) en 1888, posant les bases axiomatiques de l'arithmétique
- Développe la théorie des idéaux en théorie algébrique des nombres ; mort en 1916 à Brunswick
Œuvres & réalisations
Dedekind édita et augmenta les leçons de son maître Dirichlet ; c'est dans les suppléments qu'il introduisit peu à peu sa théorie des idéaux.
Invention de la notion d'idéal, qui rétablit l'unicité de la décomposition en facteurs dans les nombres algébriques et fonde l'algèbre moderne.
Construction rigoureuse des nombres réels par les « coupures », qui donne enfin un fondement solide à l'analyse.
Tentative d'axiomatiser l'arithmétique à partir de la notion d'ensemble et d'application ; texte fondateur de la logique mathématique.
Exposé clair et autonome de sa théorie des nombres algébriques et des idéaux, qui diffusa ses idées en France et en Europe.
Échanges décisifs sur l'infini et la théorie des ensembles, où Dedekind soutint et discuta les découvertes de Cantor.
Anecdotes
Richard Dedekind fut le tout dernier élève à passer sa thèse de doctorat sous la direction de Carl Friedrich Gauss, à Göttingen en 1852, alors qu'il n'avait que 21 ans. Le vieux maître, peu prodigue en compliments, reconnut son talent prometteur.
C'est en préparant un cours d'analyse à Zurich en 1858 que Dedekind, gêné de devoir s'appuyer sur l'intuition géométrique pour parler de continuité, inventa l'idée des « coupures ». Il définit chaque nombre réel comme une découpe de l'ensemble des nombres rationnels en deux parts, fondant enfin rigoureusement les nombres irrationnels.
Dedekind resta toute sa vie un homme discret et modeste, vivant à Brunswick avec sa sœur Julie, sans jamais se marier. Il enseigna pendant des décennies dans l'école technique de sa ville natale plutôt que de courir après une prestigieuse chaire universitaire.
Sa renommée mathématique était telle qu'une célèbre encyclopédie le déclara mort en 1899. Dedekind, bien vivant, écrivit avec humour à l'éditeur que ce jour-là il avait justement eu une conversation très animée et stimulante avec son ami Georg Cantor.
Plutôt que de signer ses plus grandes idées sous son seul nom, Dedekind glissa sa théorie révolutionnaire des « idéaux » dans des suppléments aux cours de son maître Dirichlet, qu'il édita fidèlement après la mort de celui-ci. Cette générosité a parfois fait oublier l'ampleur de sa propre invention.
Sources primaires
Si l'on partage tous les points de la droite en deux classes telles que chaque point de la première classe se trouve à gauche de chaque point de la seconde classe, alors il existe un et un seul point qui produit cette division.
Les nombres sont de libres créations de l'esprit humain ; ils servent de moyen pour saisir plus aisément et plus nettement la diversité des choses.
Dans ces suppléments, Dedekind introduit la notion d'idéal pour rétablir l'unicité de la décomposition en facteurs dans les corps de nombres algébriques.
Dans ces lettres, les deux mathématiciens discutent de la nature de l'infini ; Cantor y confie ses doutes et reçoit les remarques attentives de Dedekind.
Lieux clés
Ville natale de Dedekind, où il revint enseigner et passa la majeure partie de sa vie avec sa sœur. Il y mourut en 1916.
Haut lieu des mathématiques où Dedekind étudia, soutint sa thèse sous Gauss et côtoya Riemann et Dirichlet.
École polytechnique suisse où Dedekind fut professeur de 1858 à 1862, et où il conçut l'idée des coupures.
Établissement technique de sa ville natale où Dedekind enseigna pendant plus de cinquante ans, loin des grandes universités.
Objets typiques

Outil d'écriture quotidien du mathématicien, utilisé pour rédiger démonstrations, lettres et manuscrits. Toute son œuvre fut couchée sur le papier à la main.

Surface d'enseignement sur laquelle Dedekind exposait ses raisonnements à ses élèves de l'école polytechnique de Brunswick. Outil central de la transmission des mathématiques.

Sa correspondance, notamment avec Georg Cantor, fut un véritable laboratoire d'idées sur l'infini et les ensembles. Ces lettres comptent parmi les sources les plus précieuses de l'histoire des mathématiques.

Les livres et suppléments imprimés où Dedekind publia coupures et idéaux diffusèrent ses idées dans toute l'Europe savante. Le livre imprimé était le grand vecteur du savoir au XIXe siècle.

Bon musicien, Dedekind jouait du piano et du violoncelle, et la musique tenait une place importante dans sa vie familiale à Brunswick. Le foyer bourgeois allemand cultivait volontiers la musique de chambre.

Bien que ce ne soit pas un objet matériel, la « coupure » est l'outil conceptuel emblématique de Dedekind : partager les rationnels en deux pour définir un réel. C'est son invention la plus célèbre.
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Vie quotidienne
Matin
Professeur méthodique, Dedekind consacrait ses matinées à préparer et donner ses cours à l'école polytechnique de Brunswick. La rigueur et la clarté de ses leçons étaient appréciées de ses élèves.
Après-midi
L'après-midi était souvent dédié à la recherche : réflexion sur la théorie des nombres, rédaction de démonstrations et lecture des travaux de ses contemporains. Il travaillait lentement, cherchant la formulation la plus parfaite.
Soir
Le soir, dans sa maison partagée avec sa sœur Julie, il lisait, écrivait à ses correspondants comme Cantor, ou jouait de la musique. Sa vie était paisible, studieuse et sans éclat mondain.
Alimentation
Bourgeois allemand du XIXe siècle, il prenait une cuisine simple et régulière : pain, pommes de terre, viandes, soupes et le café apprécié dans toute l'Allemagne. Les repas rythmaient une journée bien réglée.
Vêtements
Il portait le costume sobre du professeur du XIXe siècle : redingote ou veston sombre, chemise à col dur et cravate. Sa mise était soignée mais sans recherche d'élégance.
Habitat
Dedekind vécut longtemps dans une maison bourgeoise de Brunswick avec sa sœur Julie, dans un cadre tranquille et confortable. Cette demeure familiale fut le théâtre de toute sa vie de savant.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Édition des Vorlesungen über Zahlentheorie de Dirichlet
1863
Théorie des idéaux (Supplément XI)
1871
Stetigkeit und irrationale Zahlen (Continuité et nombres irrationnels)
1872
Was sind und was sollen die Zahlen ? (Que sont et que doivent être les nombres ?)
1888
Über die Theorie der ganzen algebraischen Zahlen
1877
Correspondance avec Georg Cantor
1874-1899






