Robert Goldwater (1907-1973) est un historien de l'art américain spécialisé dans l'art primitif et l'art moderne. Il fonda le Musée d'art primitif de New York en 1954 et fut l'un des premiers à théoriser le primitivisme dans l'art occidental du XXe siècle.
Robert Goldwater(1907 — 1973)
Robert Goldwater
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance à New York en 1907
- Publication en 1938 de 'Primitivism in Modern Art', ouvrage fondateur sur le sujet
- Fondation du Musée d'art primitif de New York en 1954
- Professeur d'histoire de l'art à l'Institute of Fine Arts de l'université de New York
- Décès en 1973 à New York
Œuvres & réalisations
Œuvre maîtresse de Goldwater, première analyse systématique des influences des arts africains, océaniens et précolombiens sur les avant-gardes européennes (Picasso, Matisse, Gauguin, les expressionnistes). Ce livre pionnier, issu de sa thèse de doctorat, posa les bases théoriques d'un domaine d'étude entier.
Anthologie de textes d'artistes sur leur propre pratique qui devint un outil pédagogique classique dans l'enseignement de l'histoire de l'art américain. Cette publication témoigne de l'engagement de Goldwater pour la transmission des savoirs artistiques à un large public.
Monographie consacrée au peintre mexicain Rufino Tamayo, illustrant la capacité de Goldwater à analyser des artistes contemporains situés à la croisée des traditions autochtones et de la modernité internationale, prolongeant ses réflexions sur les rapports entre arts non-occidentaux et modernité.
Catalogue de référence sur les sculptures senufo (Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso), accompagnant une exposition au Museum of Primitive Art. Goldwater y démontre sa maîtrise combinée de l'analyse formelle et de l'approche anthropologique appliquée à un corpus précis d'art africain.
Version enrichie de son ouvrage fondateur, intégrant trente ans de nouvelles recherches et les débats académiques suscités par la première édition. Cette révision confirme la durabilité de sa pensée et reste aujourd'hui encore une référence incontournable de l'histoire de l'art du XXe siècle.
Anecdotes
En 1938, Robert Goldwater publie sa thèse de doctorat remaniée sous le titre Primitivism in Modern Painting — la même année où il épouse la sculptrice Louise Bourgeois. Ce double événement inaugure un foyer intellectuel new-yorkais exceptionnel : leur appartement-atelier de Manhattan devient un lieu de rencontre régulier pour artistes, critiques et conservateurs de l'avant-garde américaine.
Lorsque Nelson Rockefeller approche Goldwater pour diriger le tout nouveau Museum of Primitive Art à New York en 1954, celui-ci accepte à une condition : l'institution doit traiter les œuvres africaines, océaniennes et précolumbiennes comme de véritables œuvres d'art et non comme de simples curiosités ethnographiques. Cette position, alors révolutionnaire dans le monde muséal occidental, transforme durablement le regard des institutions culturelles sur ces civilisations.
Goldwater fut l'un des premiers historiens de l'art à analyser rigoureusement comment des artistes comme Picasso, Matisse ou Kirchner s'étaient inspirés des arts non-occidentaux. Il distinguait avec précision plusieurs types d'emprunts — formels, émotionnels, intellectuels — là où ses contemporains ne voyaient qu'une vague fascination pour l'exotisme, ce qui lui valut autant d'admirateurs que de détracteurs dans le milieu académique.
À sa mort en 1973, Goldwater laissait derrière lui une institution florissante dont la collection allait enrichir le Metropolitan Museum of Art. L'aile Michael C. Rockefeller, inaugurée en 1982, perpétua la vision qu'il avait défendue toute sa vie : que les arts africains, océaniens et des Amériques méritaient d'être exposés avec le même soin et la même rigueur que les chefs-d'œuvre de la peinture européenne.
Sources primaires
The term 'primitivism' is used here to describe the attraction of the modern artist to the formal qualities of primitive art — an attraction that is at once aesthetic, emotional, and intellectual. The influence has been one of the chief stimulants of the modern movement in painting.
The modern artist who turns to primitive art does so not out of mere curiosity but because he finds there qualities — directness, intensity, formal economy — that he seeks in his own work. This is not imitation but a deeper recognition of shared expressive aims.
The Senufo sculptor achieves a combination of abstract design and intense expressiveness that makes his work immediately compelling to the Western eye. Its formal qualities — the tension between geometric reduction and organic vitality — reward the sustained attention of the viewer.
The artist's own words remain the most direct evidence of his intentions and his understanding of his work. To read what painters and sculptors have written about art is to enter into a dialogue that crosses centuries and styles.
Lieux clés
Ville natale de Robert Goldwater et centre de toute sa carrière intellectuelle et muséale. New York était dans les années 1940-1970 la capitale mondiale de l'art contemporain, et Goldwater y joua un rôle central dans la reconnaissance des arts non-occidentaux.
Institution que Goldwater dirigea de 1954 à 1973, situé à l'origine sur West 54th Street à Manhattan. Ce musée fut le premier aux États-Unis entièrement consacré aux arts africains, océaniens et précolombiens, avant que sa collection rejoigne le Metropolitan Museum of Art.
Goldwater y enseigna l'histoire de l'art pendant de nombreuses années, formant plusieurs générations d'historiens et de conservateurs américains. L'IFA de NYU était l'un des centres les plus prestigieux d'histoire de l'art aux États-Unis.
Le Met accueillit dès 1969 une partie de la collection du Museum of Primitive Art, et l'aile Michael C. Rockefeller (inaugurée en 1982) perpétua la vision de Goldwater. Cette aile abrite aujourd'hui l'une des plus importantes collections d'arts africains, océaniens et des Amériques au monde.
Objets typiques

Objet central des collections que Goldwater étudia et mit en valeur, le masque africain (notamment fang, dan ou senufo) était à la fois œuvre rituelle et source d'inspiration majeure pour les avant-gardes européennes. Goldwater fut parmi les premiers à en analyser les qualités formelles en dehors de tout cadre réducteur.

Les sculptures d'Océanie (Nouvelle-Guinée, îles Marquises) figuraient parmi les pièces maîtresses du Museum of Primitive Art. Goldwater y voyait un exemple parfait d'une puissance formelle et expressive comparable aux grandes sculptures de l'histoire de l'art occidental.

Outil de travail quotidien de Goldwater, la monographie illustrée permettait de diffuser les analyses savantes auprès d'un public cultivé. Son propre ouvrage Primitivism in Modern Art, richement illustré, fut le premier à mettre systématiquement en regard œuvres primitives et œuvres modernes occidentales.

En tant que directeur du Museum of Primitive Art, Goldwater supervisa la production de catalogues d'exposition qui faisaient autorité dans le domaine. Ces publications académiques contribuèrent à légitimer l'étude des arts africains et océaniens dans les milieux universitaires et muséaux internationaux.

Les photographies réalisées par ethnologues et voyageurs constituaient une source documentaire essentielle pour les historiens de l'art comme Goldwater, permettant d'étudier les objets dans leur contexte d'origine avant l'ère des voyages académiques facilités.

Les revues spécialisées comme The Art Bulletin constituaient le principal vecteur de diffusion des recherches de Goldwater auprès de la communauté internationale. Il y publia des articles fondateurs sur les rapports entre art moderne et arts non-occidentaux.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Vie quotidienne
Matin
Robert Goldwater commençait sa journée dans son appartement-atelier de Manhattan, qu'il partageait avec Louise Bourgeois et leurs enfants. Le matin était consacré à la lecture de revues spécialisées, à la correspondance académique avec des chercheurs et des conservateurs du monde entier, et à la préparation de ses cours pour l'Institute of Fine Arts de NYU.
Après-midi
Les après-midis étaient souvent occupés par des visites au Museum of Primitive Art, dont il était directeur, pour superviser les nouvelles acquisitions, préparer les expositions ou recevoir des marchands, collectionneurs et ethnologues. Il consacrait également du temps à ses propres recherches dans les bibliothèques et archives de New York.
Soir
Les soirées new-yorkaises des années 1950-1960 étaient souvent mondaines pour Goldwater : vernissages, dîners avec des artistes comme Mark Rothko ou des marchands comme Leo Castelli, ou séances de travail tardives entouré de photographies d'œuvres africaines et océaniennes. Son foyer avec Louise Bourgeois était un point de rencontre régulier de l'avant-garde new-yorkaise.
Alimentation
Comme beaucoup d'intellectuels new-yorkais de sa génération, Goldwater fréquentait les restaurants de Manhattan — delicatessen du quartier, brasseries de Midtown — mais mangeait souvent simplement à son bureau lors des journées chargées de travail muséal ou universitaire.
Vêtements
Goldwater adoptait la tenue classique du professeur et conservateur américain des années 1950-1960 : costume sombre, cravate, lunettes à monture épaisse. Son apparence sobre et académique contrastait avec le milieu artistique parfois exubérant qu'il fréquentait au quotidien.
Habitat
Goldwater et Louise Bourgeois habitaient un appartement-atelier de Manhattan, à la fois résidence familiale et espace de travail intellectuel. L'appartement était rempli d'œuvres d'art, de livres et d'objets non-occidentaux, reflet des deux univers qui se croisaient dans leur vie commune : rigueur académique de l'historien et création plastique de la sculptrice.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Primitivism in Modern Painting
1938
Artists on Art from the XIV to the XX Century (co-édité avec Marco Treves)
1945
Rufino Tamayo
1960
Primitivism in Modern Art (édition révisée et augmentée)
1966






