Biographie

Rosa Bonheur (1822-1899) est une peintre et sculptrice française, figure majeure de la peinture animalière du XIXe siècle. Célèbre pour son réalisme minutieux, elle fut la première femme artiste à recevoir la Légion d'honneur.

Rosa Bonheur(1822 — 1899)

Rosa Bonheur

France

6 min de lecture

Arts visuelsXIXe siècleFrance du XIXe siècle, sous la monarchie de Juillet, la IIe République puis le Second Empire et la IIIe République — apogée du réalisme et essor de la peinture animalière.

Questions fréquentes

Rosa Bonheur (1822-1899) est une peintre et sculptrice française, figure majeure de la peinture animalière du XIXe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a brisé les barrières de genre en devenant la première femme artiste à recevoir la Légion d'honneur en 1865, une reconnaissance officielle de son talent dans un milieu alors très masculin. Son réalisme minutieux, visible dans des œuvres comme Le Marché aux chevaux (1853), lui a valu une renommée internationale, notamment en Angleterre et aux États-Unis. Imagine que, pour peindre ses immenses toiles, elle se rendait aux abattoirs et marchés parisiens vêtue en homme, autorisation policière en poche.

Faits marquants

  • Née en 1822 à Bordeaux dans une famille d'artistes saint-simoniens
  • Présente au Salon de Paris dès 1841
  • Peint son chef-d'œuvre Le Marché aux chevaux entre 1852 et 1855
  • Première femme artiste promue chevalier de la Légion d'honneur en 1865 (par l'impératrice Eugénie)
  • Morte en 1899 au château de By, à Thomery, près de Fontainebleau

Œuvres & réalisations

Le Labourage nivernais (1849)

Commande de l'État représentant des bœufs labourant la terre du Nivernais. Cette œuvre réaliste assoit sa réputation de grande peintre animalière.

Le Marché aux chevaux (1853)

Tableau monumental de près de 5 mètres montrant le marché aux chevaux de Paris. Il lui apporte une renommée internationale, notamment en Angleterre et aux États-Unis.

Fenaison en Auvergne (1855)

Grande scène de moisson et de bétail dans la campagne auvergnate, présentée à l'Exposition universelle de 1855.

Le Roi de la forêt (cerf) (vers 1878)

Portrait majestueux d'un cerf dans la forêt de Fontainebleau, témoignant de son talent à saisir la noblesse des animaux sauvages.

Portrait équestre de Buffalo Bill (1889)

Œuvre peinte lors de la venue du Wild West Show à Paris, représentant le célèbre showman américain à cheval.

Labourage (sculptures de bovins et chevaux en bronze) (milieu du XIXe siècle)

Sculptures animalières qui révèlent sa maîtrise du modelé en relief, complétant son œuvre peint.

Anecdotes

Pour étudier l'anatomie des animaux qu'elle peignait, Rosa Bonheur fréquentait les abattoirs et les marchés aux chevaux de Paris. Comme une femme en jupe y attirait moqueries et gêne, elle obtint de la préfecture de police une « permission de travestissement » qui l'autorisait officiellement à porter le pantalon. Elle devait renouveler cette autorisation tous les six mois.

Son immense tableau Le Marché aux chevaux mesure près de 5 mètres de long. Pour l'observer, elle se rendit pendant des mois deux fois par semaine au marché parisien du boulevard de l'Hôpital, vêtue en homme pour ne pas être remarquée parmi les maquignons.

En 1865, l'impératrice Eugénie se rendit elle-même au château de By pour remettre à Rosa Bonheur la croix de la Légion d'honneur : elle devint la première femme artiste à recevoir cette distinction. Eugénie aurait déclaré que « le génie n'a pas de sexe ».

Dans son château de By, près de Fontainebleau, Rosa Bonheur vivait entourée d'une véritable ménagerie : chiens, chevaux, moutons, cerfs, et même des lions qu'elle élevait et laissait parfois circuler dans le parc pour mieux les peindre.

Lorsque le célèbre spectacle de Buffalo Bill, le Wild West Show, vint à Paris en 1889, Rosa Bonheur obtint l'autorisation de peindre dans le camp. Elle réalisa un portrait équestre de Buffalo Bill et étudia de près les chevaux et les bisons américains.

Sources primaires

Reminiscences of Rosa Bonheur (mémoires recueillis par Theodore Stanton) (1910 (témoignages recueillis de son vivant))
« J'ai été forcée de reconnaître que les vêtements de mon sexe étaient une gêne constante. C'est pourquoi j'ai décidé de demander l'autorisation de porter des habits d'homme. »
Permission de travestissement délivrée par la Préfecture de police de Paris (années 1850)
Autorisation administrative accordant à Mademoiselle Rosa Bonheur le droit de porter le vêtement masculin pour raisons de santé et de profession, renouvelable périodiquement.
Correspondance de Rosa Bonheur (XIXe siècle)
Lettres où l'artiste évoque son travail acharné, son amour des animaux et sa volonté d'indépendance en tant que femme artiste vivant de son art.

Lieux clés

Bordeaux

Ville natale de Rosa Bonheur, où elle naît en 1822 dans une famille d'artistes.

Paris

Ville où elle se forme, expose au Salon et étudie les animaux dans les marchés et abattoirs. Le Marché aux chevaux y est observé pendant des mois.

Château de By (Thomery)

Demeure et atelier qu'elle acquiert en 1859 près de Fontainebleau, entourée de sa ménagerie. Elle y vit et travaille jusqu'à sa mort en 1899.

Forêt de Fontainebleau

Vaste forêt proche de son château, où elle observait cerfs et paysages pour ses études d'après nature.

Cimetière du Père-Lachaise (Paris)

Lieu de sépulture de Rosa Bonheur, où elle repose avec sa compagne Nathalie Micas.

Voir aussi