Sadie Gordon Richmond
Sadie Gordon Richmond
5 min de lecture
Gouvernante anglaise employée dans une famille avec laquelle elle vécut sous le même toit. Elle entretint une liaison de dix ans avec le père de famille, illustrant le statut ambigu des domestiques attachées au foyer bourgeois.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Gouvernante anglaise vivant au sein du foyer qui l'employait
- Entretint une liaison d'environ dix ans avec le père de famille
- Incarne le statut intermédiaire et ambigu de la gouvernante au XIXe siècle, entre famille et domesticité
Œuvres & réalisations
Cœur du métier : enseigner la lecture, l'écriture, le calcul, la géographie, le français et la musique aux enfants d'une famille bourgeoise.
La gouvernante inculquait aux jeunes filles la tenue, la politesse et les « accomplishments » attendus d'une dame de la bonne société.
Organisation quotidienne des leçons, des récitations et des devoirs, en suivant un programme régulier d'instruction.
Au-delà du savoir, elle veillait à la formation morale et religieuse des enfants, conformément à l'esprit victorien.
Anecdotes
Le métier de gouvernante était l'un des rares emplois « respectables » ouverts aux femmes de la classe moyenne tombées dans la gêne au XIXe siècle. Vivant sous le toit de ses employeurs, la gouvernante occupait une place inconfortable : trop instruite pour manger avec les domestiques, mais payée comme une employée, elle n'appartenait vraiment ni au monde des maîtres ni à celui des serviteurs.
Logée à demeure et souvent isolée, la gouvernante dépendait entièrement du bon vouloir de la famille qui l'employait. Cette proximité quotidienne avec le maître de maison a nourri, dans l'Angleterre victorienne, de nombreux récits — réels ou romanesques — de liaisons et de scandales, comme dans le célèbre roman « Jane Eyre » de Charlotte Brontë publié en 1847.
Vers 1850, on comptait en Angleterre plus de 20 000 femmes déclarées gouvernantes au recensement. Leur salaire était modeste, entre 20 et 45 livres par an, et une fois trop âgées pour travailler, beaucoup tombaient dans la misère, faute de retraite ou de famille pour les recueillir.
Pour aider ces femmes sans ressources, une institution caritative, la Governesses' Benevolent Institution, fut fondée à Londres en 1843. Elle versait des aides aux gouvernantes âgées ou malades et contribua, en 1848, à la création du Queen's College, premier établissement à délivrer aux femmes des qualifications reconnues pour enseigner.
Sources primaires
Comment, sans expérience ni conseil, doit s'y prendre celle qui s'aventure pour la première fois dans le monde, chargée de former l'esprit et de guider les pas d'enfants qui ne sont pas les siens ?
Une femme bien née et bien élevée, si elle est privée de fortune, ne peut guère trouver de situation plus humiliante que celle de demoiselle de compagnie ou de gouvernante.
L'institution a pour objet de secourir et de venir en aide aux gouvernantes dans la détresse, et de pourvoir à leur subsistance dans la vieillesse.
La gouvernante occupe une position isolée : elle n'est ni la maîtresse de la maison ni une servante, et cette ambiguïté fait tout son malheur.
Lieux clés
Capitale de l'Empire britannique et centre de la vie bourgeoise victorienne, où de nombreuses familles aisées employaient des gouvernantes. C'est là que furent fondées les institutions venues en aide à ces femmes.
Demeure bourgeoise typique où la gouvernante vivait à demeure, logée dans une chambre proche de la nursery. Elle y partageait l'intimité de la famille tout en restant à part.
Pièce réservée à l'instruction des enfants, équipée d'un pupitre, d'une ardoise et de livres. La gouvernante y passait l'essentiel de ses journées.
Œuvre caritative fondée en 1843 pour secourir les gouvernantes malades, sans emploi ou âgées. Elle incarne la solidarité face à la précarité de ce métier.






