Sainte Élisabeth de Hongrie(1207 — 1231)

Élisabeth de Hongrie

Hongrie

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SpiritualitéMoyen ÂgeEurope du XIIIe siècle, marquée par l'essor des ordres mendiants (franciscains, dominicains) et un renouveau de la spiritualité de la pauvreté et de la charité.

Princesse hongroise devenue landgravine de Thuringe, Élisabeth de Hongrie (1207-1231) consacra sa vie aux pauvres et aux malades. Veuve très jeune, elle rejoignit le Tiers-Ordre franciscain et fonda un hôpital, devenant une figure majeure de la charité chrétienne médiévale.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Élisabeth de Hongrie (1207-1231) n'est pas seulement une princesse devenue sainte : elle incarne un idéal de charité radicale qui a marqué tout l'Occident. Fille du roi André II de Hongrie, elle épouse le landgrave Louis IV de Thuringe et mène d'abord une vie de cour au château de la Wartburg. Ce qui rend son parcours singulier, c'est qu'après la mort de son mari en 1227, elle renonce à son rang pour rejoindre le Tiers-Ordre franciscain, fondant un hôpital à Marbourg où elle soigne elle-même les plus pauvres. Moins une sainte de vitrail qu'une femme d'action, elle meurt épuisée à 24 ans et est canonisée dès 1235, devenant la patronne des œuvres caritatives.

Faits marquants

  • Née en 1207, fille du roi André II de Hongrie
  • Épouse le landgrave Louis IV de Thuringe en 1221
  • Devenue veuve en 1227, elle rejoint le Tiers-Ordre franciscain et fonde un hôpital à Marbourg
  • Meurt à Marbourg en 1231 à l'âge de 24 ans, épuisée par sa vie d'ascèse et de service aux pauvres
  • Canonisée par le pape Grégoire IX en 1235, seulement quatre ans après sa mort

Œuvres & réalisations

Distribution des greniers du château durant la famine (1226)

Élisabeth ouvrit les réserves de grain de la Wartburg pour nourrir des centaines d'affamés pendant la disette.

Entrée dans le Tiers-Ordre franciscain (1228)

Elle fut l'une des premières femmes de haut rang à adopter l'idéal franciscain de pauvreté comme laïque.

Fondation de l'hôpital de Marbourg (1229)

Établissement dédié à saint François où elle soigna personnellement les malades, lépreux et indigents.

Soin des lépreux et des malades (1229-1231)

Œuvre de charité quotidienne qui fit d'elle un modèle de miséricorde pour tout l'Occident médiéval.

Don de sa dot et de ses biens aux pauvres (1228)

Renonçant à sa fortune princière, elle redistribua ses ressources aux nécessiteux.

Patronage des œuvres caritatives chrétiennes (posthume)

Devenue sainte patronne des hôpitaux, des boulangers et de la charité, elle inspira de nombreuses fondations hospitalières.

Anecdotes

Promise en mariage dès l'âge de quatre ans, Élisabeth fut envoyée à la cour de Thuringe, au château de la Wartburg, pour y être élevée loin de sa Hongrie natale. Elle y grandit aux côtés de son futur époux, Louis IV, qu'elle épousa à quatorze ans.

La légende la plus célèbre la concernant est le 'miracle des roses' : surprise par son mari alors qu'elle portait du pain caché dans son manteau pour les pauvres, elle ouvrit son tablier et celui-ci se serait rempli de roses, malgré l'hiver. Cette histoire, racontée après sa mort, symbolise sa charité débordante.

À la mort de Louis IV en 1227, parti pour la croisade et emporté par la peste en Italie, Élisabeth fut chassée de la Wartburg par sa belle-famille. Veuve à vingt ans, elle renonça à son rang et alla vivre pauvrement à Marbourg.

Elle fonda un hôpital à Marbourg où elle soignait elle-même les malades, les lépreux et les plus démunis, lavant leurs plaies et leur donnant à manger de ses propres mains.

Élisabeth mourut épuisée à seulement vingt-quatre ans. Sa canonisation, à peine quatre ans après sa mort en 1235, fut l'une des plus rapides de l'histoire de l'Église médiévale.

Sources primaires

Libellus de dictis quatuor ancillarum (Témoignage des quatre servantes) (1235)
Elle servait les pauvres et les malades avec une telle humilité qu'elle portait elle-même les enfants des indigents et lavait leurs vêtements souillés.
Summa vitae, lettre de Conrad de Marbourg au pape Grégoire IX (1232)
Ayant renoncé à toute pompe du monde, elle se consacra entièrement au soin des malades dans l'hôpital qu'elle avait fondé de ses propres ressources.
Bulle de canonisation Gloriosus in maiestate, Grégoire IX (1235)
Cette femme glorieuse, méprisant les délices royales, s'est faite la servante des pauvres du Christ.
Vita sanctae Elisabeth, par Dietrich d'Apolda (vers 1289)
Elle ouvrit son manteau et l'on n'y trouva point de pain mais des roses d'une beauté merveilleuse, alors que ce n'était point la saison.

Lieux clés

Presbourg (Bratislava), royaume de Hongrie

Lieu traditionnellement associé à sa naissance comme fille du roi André II de Hongrie.

Château de la Wartburg, Eisenach

Résidence des landgraves de Thuringe où Élisabeth fut élevée puis vécut comme épouse de Louis IV.

Marbourg (Marburg)

Ville où, devenue veuve, elle fonda son hôpital, soigna les pauvres et mourut ; elle y est inhumée.

Église Sainte-Élisabeth de Marbourg

Premier grand édifice gothique d'Allemagne, élevé sur son tombeau et devenu un haut lieu de pèlerinage.

Otrante, Italie du Sud

Port d'où partit Louis IV pour la croisade et près duquel il mourut de la peste en 1227.

Voir aussi