Samira Moussa (1917-1952) est une physicienne nucléaire égyptienne, pionnière de la recherche atomique dans le monde arabe. Elle œuvra pour rendre les usages médicaux de l'énergie nucléaire accessibles à tous et mourut prématurément dans des circonstances restées mystérieuses.
Sameera Moussa(1917 — 1952)
Samira Moussa
Égypte
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1917 à Gharbia (Égypte), elle devient l'une des premières femmes diplômées en sciences de l'université du Caire
- Première femme à obtenir un doctorat en radiation atomique et à enseigner à l'université du Caire
- Milite pour des applications médicales abordables de l'énergie nucléaire afin de soigner le cancer
- Obtient une bourse pour étudier aux États-Unis (université de Californie) en 1951
- Meurt en 1952 dans un accident de voiture en Californie, dans des circonstances jamais élucidées
Œuvres & réalisations
Diplômée première de sa promotion à l'Université du Caire, elle s'impose d'emblée comme une étudiante d'exception en physique des rayonnements.
Elle brise une barrière de genre en devenant la première Égyptienne à enseigner à la faculté des sciences, ouvrant la voie aux femmes scientifiques.
Pionnière dans le monde arabe, elle obtient un doctorat consacré aux rayonnements atomiques, un domaine alors tout neuf.
Elle consacre ses travaux à rendre la radiothérapie efficace et abordable, dans l'espoir de soigner le cancer du plus grand nombre.
Elle organise une rencontre scientifique pour défendre les usages pacifiques et médicaux de l'atome, anticipant les débats de l'après-guerre.
Sélectionnée pour étudier dans des centres nucléaires américains, elle y représente l'Égypte avant sa mort prématurée.
Anecdotes
Le cancer emporta la mère de Samira Moussa alors qu'elle était encore jeune. Bouleversée, elle se jura de mettre la science au service des malades et fit du combat contre cette maladie le moteur de toute sa carrière de physicienne.
Diplômée première de sa promotion en radiologie en 1939, elle devint la première femme à enseigner à la faculté des sciences de l'Université du Caire. Son professeur, le grand physicien Mostafa Mosharafa, voyait en elle une scientifique d'exception et l'encouragea à se lancer dans la recherche atomique.
Convaincue que la médecine nucléaire pouvait sauver des vies, elle aurait déclaré vouloir rendre le traitement par le nucléaire « aussi accessible et bon marché que l'aspirine ». Elle organisa une conférence pour promouvoir l'usage pacifique et médical de l'énergie atomique.
Boursière Fulbright aux États-Unis, elle visita plusieurs centres de recherche atomique américains. On lui aurait proposé la nationalité américaine pour qu'elle reste, mais elle refusa, déterminée à revenir mettre son savoir au service de l'Égypte.
Le 5 août 1952, en Californie, la voiture qui la conduisait à une visite plongea dans un ravin. Le chauffeur, qui aurait sauté à temps, ne fut jamais retrouvé. Sa mort à 35 ans reste entourée de mystère et nourrit encore aujourd'hui de nombreuses hypothèses.
Sources primaires
« Je ferai en sorte que le traitement nucléaire soit aussi accessible et bon marché que l'aspirine. »
Elle appela à mettre l'énergie atomique au service de la santé et de la paix plutôt que de la guerre, et œuvra pour que l'Égypte et le monde arabe accèdent à cette science naissante.
Lieux clés
Village du delta du Nil où naquit Samira Moussa en 1917. Sa famille s'installa ensuite au Caire pour son éducation.
Capitale égyptienne où elle grandit, étudia et fit carrière. Centre intellectuel et politique du pays à son époque.
Établissement où elle obtint son diplôme de radiologie puis devint la première femme à y enseigner les sciences. Lieu de sa formation et de ses débuts de chercheuse.
Centre américain de recherche atomique qu'elle fréquenta grâce à une bourse Fulbright. Étape majeure de son séjour scientifique aux États-Unis.
Région où elle trouva la mort le 5 août 1952 dans un accident de voiture jamais élucidé. Le chauffeur disparut sans laisser de trace.
Objets typiques

Instrument qui détecte et mesure la radioactivité en émettant un cliquetis caractéristique. Outil de base de tout physicien nucléaire de l'époque.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Dispositif produisant des rayons X utilisés pour la radiographie et la radiothérapie. Au cœur des recherches de Moussa sur les applications médicales des rayonnements.
📷 CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons ↗
Petite quantité de radium radioactif conservée dans un étui plombé, employée pour irradier les tumeurs. Matériau précieux et dangereux des débuts de la médecine nucléaire.

Chambre à brouillard rendant visibles les trajectoires des particules chargées. Elle permettait d'étudier de visu la désintégration des atomes.
📷 CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons ↗
Tablier blanc protégeant les vêtements et limitant la contamination. Symbole de la femme de science dans un milieu encore largement masculin.

Surface sur laquelle s'écrivaient équations et schémas atomiques pendant les cours et les démonstrations. Outil quotidien de l'enseignante qu'elle était.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Le matin, Samira Moussa quittait le domicile familial du Caire pour rejoindre l'université. Elle préparait ses cours et ses expériences de laboratoire, dans un emploi du temps rythmé par l'enseignement et la recherche.
Après-midi
L'après-midi se passait au laboratoire, parmi les instruments de mesure des rayonnements, ou en bibliothèque à lire les publications scientifiques européennes et américaines. Elle encadrait aussi des étudiants, fait rare pour une femme de l'époque.
Soir
Le soir, elle poursuivait souvent ses lectures et sa correspondance avec d'autres chercheurs, préparant conférences et projets. La vie intellectuelle du Caire offrait débats et rencontres avec l'élite savante du pays.
Alimentation
Son alimentation reflétait la cuisine égyptienne urbaine : pain plat (aïch), foul (fèves), légumes, riz et fruits du delta du Nil, accompagnés de thé. Les repas se prenaient en famille selon les usages de la bourgeoisie cairote.
Vêtements
Femme moderne et instruite, elle portait des tenues citadines à l'occidentale, sobres et adaptées au travail scientifique, ainsi que la blouse blanche au laboratoire. Sa mise traduisait l'image d'une Égypte qui se modernisait.
Habitat
Elle vivait au Caire dans un logement de la classe moyenne instruite, proche des institutions universitaires. La ville mêlait alors immeubles modernes, quartiers anciens et effervescence intellectuelle.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Licence de radiologie (major de promotion)
1939
Première femme enseignante en sciences à l'Université du Caire
vers 1939-1940
Doctorat en radiation atomique
années 1940
Recherches sur l'usage médical des rayonnements
années 1940-1950
Conférence pour l'énergie atomique au service de la paix
vers 1951
Séjour de recherche aux États-Unis (bourse Fulbright)
1951-1952






