Sido(1835 — 1912)

Sido

Allemagne, République démocratique allemande

7 min de lecture

LettresXIXe siècleFrance du XIXe siècle, époque de la Troisième République naissante et de la vie provinciale rurale

Sido (1835-1912) est la mère de la romancière Colette, qui lui a consacré un livre autobiographique célèbre paru en 1930. Figure maternelle idéalisée, elle incarne la femme libre, proche de la nature et de la vie rurale bourguignonne.

Questions fréquentes

Sido (1835-1912), de son vrai nom Adèle-Eugénie-Sidonie Landoy, est surtout connue comme la mère de la romancière Colette. Ce qui rend son personnage singulier, c'est qu'elle est devenue une figure littéraire à part entière grâce aux portraits qu'en a tirés sa fille, notamment dans Sido (1930) et La Maison de Claudine (1922). Ce qu'il faut retenir, c'est que Sido incarne, dans l'imaginaire collectif, la mère idéale, libre et proche de la nature, tout en étant un témoignage précieux sur la vie des femmes bourgeoises en Bourgogne sous la IIIe République.

Faits marquants

  • Née Sidonie Landoy en 1835 à Paris, décédée en 1912 à Saint-Sauveur-en-Puisaye
  • Mère de la romancière Gabrielle Colette, qui lui voue une admiration littéraire profonde
  • Colette lui consacre le récit autobiographique Sido (1930), portrait intime et lyrique
  • Personnage central de La Maison de Claudine (1922) de Colette
  • Symbole de la femme libre, éprise de nature et de vérité, dans l'œuvre colettienne

Œuvres & réalisations

Lettres à Colette (correspondance manuscrite) (1890-1912)

Ensemble de lettres envoyées par Sido à sa fille sur plus de vingt ans, témoignant de sa vivacité d'esprit, de son humour et de son amour maternel. Elles constituent le seul document direct de la voix de Sido.

Le jardin de Saint-Sauveur-en-Puisaye (réalisation) (1862-1891)

Sido a créé et entretenu pendant des décennies un jardin remarquable, véritable œuvre de vie immortalisée par Colette. Ce jardin symbolise l'art de vivre de Sido, mêlant culture potagère, fleurs sauvages et observation rigoureuse de la nature.

Sido, par Colette (œuvre consacrée) (1930)

Portrait littéraire de Sido rédigé par Colette dix-huit ans après la mort de sa mère. Ce texte autobiographique est considéré comme l'un des plus beaux hommages à une figure maternelle dans la littérature française.

La Maison de Claudine, par Colette (œuvre consacrée) (1922)

Recueil de souvenirs d'enfance de Colette dans lequel Sido tient une place centrale. Colette y décrit avec tendresse et précision la personnalité de sa mère et la maison bourguignonne de leur enfance.

Anecdotes

Sido était passionnée par son jardin de Saint-Sauveur-en-Puisaye qu'elle soignait avec une attention quasi mystique. Colette raconte qu'elle se levait à l'aube pour observer ses plantes et était capable de nommer chaque fleur, chaque insecte. Cette communion avec la nature a profondément marqué l'écriture de sa fille.

Sido entretenait une correspondance assidue avec sa fille Colette, dont elle refusait de lire les romans par pudeur, mais qu'elle soutenait inconditionnellement. Ces lettres, d'une vivacité et d'une franchise remarquables, ont été publiées après sa mort et révèlent une femme d'esprit libre et mordant.

Malgré les difficultés financières qui ruinèrent la famille après la mauvaise gestion du Capitaine Colette, Sido ne perdit jamais sa sérénité ni sa fierté. Elle dut quitter la maison familiale de Saint-Sauveur en 1891, une épreuve qu'elle supporta avec une dignité que Colette admira toute sa vie.

Sido avait la réputation d'être une femme peu conformiste pour son époque : elle parlait franchement, méprisait les conventions bourgeoises inutiles et inculqua à ses enfants le goût de la liberté, de la nature et de la vérité. Ces valeurs traverseront toute l'œuvre littéraire de Colette.

Dans ses dernières années, affaiblie et presque aveugle, Sido continuait à écrire des lettres à Colette, griffonnées d'une main tremblante. Ces billets témoignent d'une vitalité intellectuelle intacte et d'un amour maternel qui ne s'est jamais démenti.

Sources primaires

Sido, par Colette (1930)
Elle était petite, et vieille, et belle. Ses yeux couleur de pluie… je les revois, cherchant toujours ce qui pousse, ce qui bourgeonne, ce qui se hâte vers la lumière.
La Maison de Claudine, par Colette (1922)
Ma mère relevait la tête, regardait si son iris bleu tenait bien droit, si la pivoine saignait rouge sans pâlir… Elle était le centre et l'âme de cette maison.
Lettres de Sido à sa fille Colette (correspondance manuscrite) (vers 1900-1912)
Je t'écris par plaisir, pour t'embrasser de loin. Tu es ma grande fille et tu me manques chaque jour. Prends soin de toi comme tu prendras soin de ton art.
La Naissance du Jour, par Colette (1928)
Je pense à ma mère chaque matin quand je vois le jardin s'éveiller. Elle m'a appris que la nature est la seule vraie leçon de vie qui tienne.

Lieux clés

Charleville, Ardennes

Ville de naissance de Sido en 1835, alors chef-lieu ardennais. C'est dans cette ville que la famille Landoy est établie avant que Sido ne quitte la région pour s'installer en Bourgogne.

Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne

Bourg bourguignon où Sido a vécu la majeure partie de sa vie et élevé ses enfants, dont Colette. La maison familiale et son jardin légendaire ont inspiré une grande partie de l'œuvre de la romancière.

Châtillon-Coligny, Loiret

Ville où la famille Colette s'installa après la vente forcée de la maison de Saint-Sauveur en 1891. Sido y vécut ses dernières années et y mourut en septembre 1912.

Le jardin de la maison de Saint-Sauveur-en-Puisaye

Espace naturel central dans la vie de Sido et dans la mémoire de Colette. Ce jardin clos, riche en fleurs et en légumes, est décrit avec émerveillement dans 'Sido' et 'La Maison de Claudine'.

Voir aussi