Stefan Zweig(1881 — 1942)

Stefan Zweig

Autriche, Cisleithanie

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)DramaturgeXXe siècleEurope centrale de la fin de l'Empire austro-hongrois à la Seconde Guerre mondiale ; montée des nationalismes et du nazisme, exil des intellectuels juifs.

Écrivain autrichien de langue allemande, Stefan Zweig fut l'un des auteurs les plus lus de l'entre-deux-guerres. Maître de la nouvelle et de la biographie, il incarne l'humanisme cosmopolite d'une Europe brisée par les deux guerres mondiales.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Stefan Zweig fut l'un des écrivains les plus lus de l'entre-deux-guerres, maître de la nouvelle et de la biographie. Ce qui le rend singulier, c'est son humanisme cosmopolite : né à Vienne en 1881 dans une famille juive aisée, il incarna l'Europe cultivée et ouverte, avant d'être brisé par la montée des nationalismes et du nazisme. Son importance tient autant à son art psychologique qu'à son rôle de témoin de l'effondrement d'un monde.

Faits marquants

  • Né en 1881 à Vienne dans une famille juive aisée de l'Empire austro-hongrois
  • Publie ses grandes nouvelles dans les années 1920 (Amok, La Confusion des sentiments)
  • Ses livres sont brûlés et interdits par les nazis à partir de 1933 ; il s'exile (Angleterre, puis Brésil)
  • Écrit Le Joueur d'échecs et ses mémoires Le Monde d'hier à la fin de sa vie
  • Se suicide avec son épouse Lotte en 1942 à Petrópolis (Brésil), désespéré par la guerre

Œuvres & réalisations

Amok (1922)

Nouvelle vertigineuse sur une passion dévorante, qui révèle son art de la tension psychologique.

Lettre d'une inconnue (1922)

Récit bouleversant d'un amour resté secret toute une vie, l'un de ses textes les plus célèbres.

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1927)

Nouvelle sur une passion fulgurante, modèle de sa maîtrise du temps resserré et de l'émotion.

La Confusion des sentiments (1927)

Récit sur l'admiration ambiguë d'un étudiant pour son professeur, exploration des passions cachées.

Les Très Riches Heures de l'humanité (1927)

Recueil de "miniatures historiques" peignant des instants décisifs de l'Histoire, très lu en milieu scolaire.

Marie-Antoinette (1932)

Biographie à succès qui illustre son talent à faire revivre les grandes figures du passé.

Le Joueur d'échecs (1942)

Ultime nouvelle, parabole sur la résistance de l'esprit face à la barbarie nazie, publiée après sa mort.

Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen (1942)

Autobiographie testamentaire qui peint la fin d'une Europe cosmopolite engloutie par les guerres.

Anecdotes

Stefan Zweig était un collectionneur passionné de manuscrits autographes : il possédait des partitions de Mozart et de Bach, des pages corrigées de Goethe et de Balzac, et même le bureau de travail de Beethoven. Pour lui, toucher le brouillon raturé d'un génie, c'était surprendre la création en train de se faire.

En 1933, les nazis brûlèrent ses livres lors des grands autodafés et interdirent sa lecture en Allemagne. Pourtant, quand le compositeur Richard Strauss voulut monter en 1935 un opéra dont Zweig avait écrit le livret, il refusa d'effacer le nom de son librettiste juif : le régime laissa jouer l'œuvre trois fois avant de l'interdire.

En septembre 1939, à Londres, c'est Zweig qui prononça en allemand l'éloge funèbre de son ami Sigmund Freud, mort en exil. Les deux hommes avaient longuement correspondu, et Zweig admirait l'explorateur de l'âme humaine qu'était le père de la psychanalyse.

Dans les années 1920-1930, Zweig fut l'un des écrivains les plus traduits et les plus lus du monde. Ses nouvelles brèves et intenses, qui sondent les passions secrètes, lui valurent un public immense de Vienne jusqu'à Buenos Aires.

Le 22 février 1942, désespéré par la victoire apparente du nazisme et la destruction de l'Europe humaniste qu'il aimait, Zweig se donna la mort à Petrópolis, au Brésil, aux côtés de sa femme Lotte. On les retrouva côte à côte ; il avait laissé une lettre d'adieu remerciant le Brésil de son hospitalité.

Sources primaires

Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen (ouverture) (1942 (publié à titre posthume))
Quand je cherche une formule commode pour résumer l'époque antérieure à la Première Guerre mondiale, celle où j'ai grandi, j'espère être le plus expressif en disant : c'était l'âge d'or de la sécurité.
Le Monde d'hier (préface) (1942)
Contre ma volonté, j'ai été le témoin de la plus terrible défaite de la raison et du plus sauvage triomphe de la brutalité dans la chronique des temps.
Lettre d'adieu (Declaração), Petrópolis (22 février 1942)
Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi, je suis trop impatient, je pars avant eux.

Lieux clés

Vienne (Autriche)

Ville natale de Zweig et capitale culturelle bouillonnante de la fin de l'Empire austro-hongrois, où il grandit et fit ses études de philosophie.

Salzbourg, Kapuzinerberg (Autriche)

Villa où Zweig vécut et travailla de 1919 à 1934 ; elle devint un lieu de rencontre des intellectuels européens avant qu'il ne fuie le nazisme.

Bath (Angleterre)

Ville d'eaux anglaise où Zweig s'installa après son exil d'Autriche, à la fin des années 1930, avant de partir pour les Amériques.

New York (États-Unis)

Étape de son exil dans le Nouveau Monde, où il séjourna avant de chercher refuge en Amérique du Sud.

Petrópolis (Brésil)

Petite ville des hauteurs près de Rio où Zweig passa ses derniers mois et où il se donna la mort avec sa femme Lotte en février 1942.

Voir aussi