Peintre français (1791-1824), figure majeure du romantisme. Son œuvre maîtresse, Le Radeau de la Méduse (1819), marque une rupture avec la peinture académique par sa violence expressive et son engagement politique.
Théodore Géricault(1791 — 1824)
Théodore Géricault
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1791 : naissance à Rouen
- 1819 : présentation du Radeau de la Méduse au Salon de Paris
- 1816 : le naufrage de la frégate Méduse inspire son chef-d'œuvre
- 1821-1822 : séjour en Angleterre, portraits d'aliénés
- 1824 : mort à Paris à 32 ans des suites d'une chute de cheval
Œuvres & réalisations
Premier grand tableau exposé au Salon, il révèle le génie de Géricault pour les scènes équestres et l'énergie dramatique. Cette œuvre lui valut une médaille d'or et une reconnaissance immédiate dans le monde artistique parisien.
Pendant mélancolique de l'Officier de chasseurs, ce tableau peint lors de la chute de Napoléon évoque la défaite et le désenchantement. Il préfigure la sensibilité romantique par sa tonalité sombre et sa dimension tragique.
Chef-d'œuvre absolu de Géricault et du romantisme français, cette toile monumentale (7 × 5 m) représente les survivants du naufrage de la frégate la Méduse sur leur radeau. Par son réalisme brutal et son engagement politique, elle marque une rupture définitive avec la peinture académique.
Peint en Angleterre, ce tableau représente une course de chevaux avec un souffle et une modernité saisissants. L'utilisation du galop volant (quatre jambes étendues simultanément) révolutionne la représentation picturale du mouvement équestre.
Série de portraits de malades mentaux réalisée pour le psychiatre Georget à la Salpêtrière. Ces œuvres, d'une humanité et d'une dignité exceptionnelles, sont parmi les premières représentations non caricaturales de la folie dans l'histoire de l'art occidental.
Série de lithographies réalisées à Londres représentant la misère des classes populaires anglaises. Ces œuvres témoignent de l'engagement social de Géricault et de son intérêt pour les techniques de reproduction artistique.
Anecdotes
Pour préparer Le Radeau de la Méduse, Géricault poussa le réalisme jusqu'à ses limites : il rapporta dans son atelier des membres amputés et des têtes de suppliciés provenant des morgues et hôpitaux parisiens pour étudier la décomposition des chairs. Ses amis et modèles étaient souvent horrifiés par l'odeur qui régnait dans le studio.
Géricault était passionné de chevaux au point d'en faire un thème central de son œuvre. Cette passion lui fut fatale : il fit plusieurs chutes de cheval graves entre 1822 et 1823, dont les séquelles contribuèrent directement à sa mort à seulement 32 ans, en janvier 1824.
Lors de son séjour en Angleterre (1820-1821), Géricault fut l'un des premiers artistes français à s'enthousiasmer pour la lithographie, une technique d'impression récemment inventée. Il publia une série de lithographies sur la misère des pauvres à Londres, témoignant d'un engagement social rare chez les peintres de son époque.
Entre 1822 et 1823, Géricault réalisa une série de portraits de malades mentaux internés à la Salpêtrière, à la demande du psychiatre Étienne Georget. Ces œuvres, appelées les « portraits d'aliénés », sont aujourd'hui considérées comme parmi les premières représentations dignes et humanistes de la maladie mentale dans l'histoire de l'art.
Le naufrage de la frégate la Méduse en juillet 1816 avait provoqué un scandale d'État : le capitaine, un aristocrate incompétent nommé par favoritisme sous la Restauration, avait abandonné 150 marins sur un radeau. En peignant cette scène en 1819, Géricault prit délibérément parti contre le gouvernement, transformant un tableau en acte politique.
Sources primaires
Nous étions entassés les uns sur les autres, et nous nous disputions la place avec fureur ; ceux qui étaient au-dessous étaient écrasés par le poids de leurs camarades.
Je travaille avec une ardeur que rien ne peut ralentir ; je veux que ce tableau soit quelque chose de grand, de terrible, quelque chose qui frappe et qui saisisse.
Il avait dans son atelier des débris humains provenant des amphithéâtres et des hôpitaux, qu'il étudiait avec le plus grand soin pour rendre avec exactitude les teintes livides de la chair morte.
M. Géricault a exposé un tableau d'un effet saisissant et d'une vérité de couleur et d'expression qui frappe vivement. On y voit un groupe d'hommes sur un radeau, dans les angoisses du désespoir.
Lieux clés
Ville natale de Géricault, né le 26 septembre 1791 dans une famille bourgeoise aisée. Son enfance normande lui donna le goût des paysages et des scènes de vie populaire.
Principal lieu de création de Géricault à Paris, où il prépara Le Radeau de la Méduse entre 1818 et 1819. C'est là qu'il reçut ses modèles, conserva ses études anatomiques et réalisa ses grandes toiles.
Géricault séjourna à Rome en 1816-1817 et y étudia Michel-Ange et l'Antiquité. Il y réalisa de nombreuses études de la vie populaire italienne, dont la fameuse Corsa dei Barberi (course de chevaux libres).
Géricault séjourna à Londres de 1820 à 1821, où il exposa Le Radeau de la Méduse. Il y découvrit Constable et Turner, s'enthousiasma pour la lithographie et observa la condition des classes populaires anglaises.
Le Radeau de la Méduse, acquis par l'État français peu après la mort de Géricault, est conservé au Louvre depuis 1824. Il y est exposé comme chef-d'œuvre majeur du romantisme français.
Objets typiques

Géricault utilisait une palette chargée de couleurs sombres — ocres, bruns, noirs — pour ses compositions dramatiques. Ses pinceaux larges lui permettaient des touches rapides et expressives, très éloignées du fini lisse du style académique.

Il remplissait constamment des carnets de dessins : études de chevaux, de corps en mouvement, d'expressions humaines intenses. Ces croquis témoignent du travail préparatoire acharné qui précédait chaque grande toile.

Géricault fut un pionnier de la lithographie en France, utilisant cette pierre calcaire polie pour graver ses compositions et les reproduire en plusieurs exemplaires. Il publia notamment ses Divers sujets de la vie et des morts à Londres.

Pour Le Radeau de la Méduse, il conservait dans son atelier des membres amputés et des têtes provenant de la morgue ou des hôpitaux, afin d'étudier avec exactitude la couleur et la texture des chairs mortes.

Cavalier passionné, Géricault possédait son propre cheval et montait régulièrement, nourrissant son observation des animaux pour sa peinture. Cet équipement était omniprésent dans son quotidien.

Sa collection personnelle d'estampes d'après Rubens, Michel-Ange et Gros servait de source d'inspiration constante. L'étude des maîtres anciens par le biais de la gravure était au cœur de la formation des peintres de l'époque.
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Vie quotidienne
Matin
Géricault se levait tôt et consacrait les premières heures du jour à l'étude et à la préparation. Lorsqu'il travaillait à un grand projet comme Le Radeau de la Méduse, il passait ses matinées à visiter hôpitaux et morgues, carnet en main, pour dessiner des corps malades ou mourants avec une précision anatomique rigoureuse.
Après-midi
Les après-midis étaient dédiés au travail en atelier, souvent en compagnie de modèles qu'il faisait poser dans des positions épuisantes. Géricault peignait avec une intensité fiévreuse, parfois pendant de longues heures sans interruption ; ses amis rapportent qu'il était capable de travailler plusieurs jours presque sans dormir lorsqu'il était saisi par l'inspiration.
Soir
Les soirées étaient l'occasion de retrouver ses amis artistes — dont Delacroix, son cadet admiratif — dans les cafés parisiens ou dans les salons, où se discutaient art, politique et littérature romantique. Passionné de chevaux, il montait aussi en fin de journée, pratique qui lui permettait d'observer les mouvements des animaux pour ses tableaux.
Alimentation
Comme la plupart des artistes de son milieu bourgeois, Géricault mangeait correctement mais sans excès. Lors de ses phases de travail intensif, il négligeait parfois les repas, préférant rester dans son atelier. En Angleterre, il découvrit les tavernes londoniennes et les habitudes alimentaires plus copieuses des classes populaires qu'il observait.
Vêtements
Géricault s'habillait à la mode romantique de son époque : redingote sombre, cravate haute et bottes de cavalier reflétant sa passion équestre. Il n'était pas particulièrement élégant mais soignait son apparence lorsqu'il fréquentait les milieux mondains parisiens ou les cercles artistiques.
Habitat
Il disposait d'un grand atelier à Paris, condition indispensable pour peindre des toiles monumentales. Cet espace était encombré de toiles, d'esquisses, de moulages anatomiques et parfois de restes humains conservés pour l'étude, au grand malaise de ses visiteurs non avertis.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Portraits d'aliénés (série)
1822-1823
Divers sujets de la vie et des morts (série de lithographies)
1820-1821





