Tintoret
Jacopo Robusti, dit le Tintoret (Tintoretto)
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Peintre vénitien du XVIe siècle, figure majeure du maniérisme tardif. Surnommé « il Tintoretto » (le petit teinturier) d'après le métier de son père, il marque la peinture vénitienne par ses compositions dramatiques, ses raccourcis audacieux et ses effets de lumière saisissants.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le beau coloris de Titien et le dessin de Michel-Ange»
Faits marquants
- Né vers 1518 à Venise et mort en 1594 dans la même ville
- Réalise un vaste cycle de peintures pour la Scuola Grande di San Rocco (1564-1588)
- Peint « Le Miracle de l'esclave » (1548), œuvre qui établit sa réputation
- Exécute « Le Paradis » (vers 1588) pour le palais des Doges, l'une des plus grandes toiles du monde
- Surnommé « Il Furioso » pour la rapidité et l'énergie de son exécution
Œuvres & réalisations
Première grande commande qui révèle son génie : un saint plongeant en raccourci vertigineux du ciel pour sauver un esclave. Elle impose le Tintoret à Venise.
Scène biblique au nu lumineux et à la composition en diagonale audacieuse. Un chef-d'œuvre de l'art vénitien conservé à Vienne.
Ensemble monumental de plus de soixante toiles couvrant murs et plafonds. Le grand œuvre de sa carrière, mêlant scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Immense toile panoramique foisonnante de personnages autour du Christ en croix. Sommet dramatique de sa peinture religieuse.
Scène nocturne théâtrale où une perspective fuyante et un éclair créent une tension saisissante. Emblème de son sens de la mise en scène.
Dernière grande Cène vue en oblique, baignée d'une lumière surnaturelle et peuplée d'anges. Œuvre de la fin de sa vie.
L'une des plus grandes peintures sur toile au monde, dans la salle du Grand Conseil du palais des Doges. Des centaines de figures s'élèvent vers le ciel.
Anecdotes
Selon la légende, le jeune Jacopo aurait été placé brièvement dans l'atelier du grand Titien, mais celui-ci, peut-être jaloux de son talent précoce, l'aurait renvoyé au bout de quelques jours. Vrai ou non, ce récit a nourri toute sa vie une rivalité avec le maître vénitien.
Le Tintoret avait inscrit sur le mur de son atelier sa devise : « Le dessin de Michel-Ange et la couleur de Titien ». Il voulait ainsi unir la puissance des formes de l'école florentine à l'éclat des couleurs vénitiennes.
Pour préparer ses compositions complexes, il fabriquait de petites maquettes en cire et en terre qu'il disposait dans des boîtes éclairées par des bougies. Cela lui permettait d'étudier les ombres, les raccourcis et les angles de vue spectaculaires de ses tableaux.
En 1564, pour remporter le concours de décoration de la Scuola Grande di San Rocco, il ne présenta pas un simple croquis comme ses concurrents : il avait déjà peint et installé en secret le panneau central au plafond. Les confrères, pris de court, durent accepter son cadeau offert et lui confièrent le chantier.
Sa rapidité d'exécution était si célèbre qu'on le surnommait « Il Furioso » (le furieux). Ses détracteurs lui reprochaient de peindre trop vite, mais cette énergie donne à ses œuvres leur tension dramatique.
Sources primaires
Il a peint d'une manière qui lui est propre, avec une rapidité de jugement et une hardiesse jamais vues, et parfois en laissant pour finies des esquisses encore grossières.
Sur le mur de son atelier, il avait écrit ces mots comme règle : « Le dessin de Michel-Ange et le coloris de Titien ».
Jacopo Tintoretto s'engage à fournir chaque année, sa vie durant, trois tableaux pour la décoration de la Scuola en échange d'une pension annuelle.
Lieux clés
Ville natale du Tintoret et théâtre de toute sa carrière. Capitale marchande et artistique, elle lui offrit ses plus grands chantiers.
Confrérie pour laquelle il réalisa un cycle monumental de plus de soixante tableaux pendant plus de vingt ans. Véritable œuvre d'une vie, surnommée la « chapelle Sixtine » du Tintoret.
Siège du gouvernement vénitien, qu'il décora après l'incendie de 1577. Il y peignit l'immense Paradis dans la salle du Grand Conseil.
Église de son quartier où il fut baptisé, travailla et fut enterré. Elle conserve plusieurs de ses grandes toiles.
Confrérie pour laquelle il peignit Le Miracle de l'esclave en 1548, l'œuvre qui établit sa réputation.






