Toshiko Yuasa (1909-1980) est la première femme physicienne japonaise. Spécialiste de la radioactivité et de la physique nucléaire, elle mena l'essentiel de sa carrière en France, au CNRS, dans le sillage des travaux des Joliot-Curie.
Toshiko Yuasa(1909 — 1980)
Toshiko Yuasa
Japon, empire du Japon
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1909 à Tokyo, elle est la première femme japonaise à devenir physicienne.
- Arrive à Paris en 1940 pour étudier la radioactivité dans le laboratoire de Frédéric Joliot-Curie.
- En 1944, lors de la libération de Paris, elle quitte la ville à vélo en emportant son spectromètre.
- Entre au CNRS en 1949 où elle poursuit ses recherches sur la désintégration bêta.
- Décède en 1980 à Paris, après une carrière scientifique majoritairement menée en France.
Œuvres & réalisations
Travail de doctorat soutenu en France, étudiant la forme du spectre continu d'énergie des rayons bêta, dans le prolongement des recherches des Joliot-Curie.
Conception et fabrication de son propre instrument de mesure, qu'elle sauva lors de sa fuite de Berlin et qui symbolise son ingéniosité expérimentale.
Études expérimentales approfondies sur la forme des spectres bêta et la physique des noyaux radioactifs, menées comme chercheuse permanente du CNRS.
Notes et articles publiés dans des revues françaises et internationales, contribuant à la compréhension de la radioactivité bêta.
Textes dans lesquels Yuasa raconte sa vie de scientifique à Paris, faisant connaître la culture française au public japonais.
Anecdotes
En 1940, en pleine guerre mondiale, Toshiko Yuasa traverse seule l'Eurasie en train par le Transsibérien pour gagner Paris et rejoindre les laboratoires de Frédéric et Irène Joliot-Curie. Ce voyage de plusieurs semaines, depuis le Japon jusqu'en France occupée, témoigne de sa détermination à étudier la radioactivité auprès des meilleurs spécialistes du monde.
À la fin de la guerre, en 1945, Yuasa fuit Berlin bombardée en emportant elle-même le spectromètre à rayons bêta qu'elle avait construit de ses mains. Selon le récit resté célèbre, elle transporta son précieux instrument à vélo et à pied au milieu du chaos, refusant d'abandonner l'outil de toute sa recherche.
Toshiko Yuasa fut la première femme physicienne du Japon. Pendant ses études à l'université Bunrika de Tokyo, elle était l'unique étudiante au milieu d'une promotion entièrement masculine, à une époque où la science était presque exclusivement réservée aux hommes.
En 1944, à la Libération de Paris, Yuasa dut quitter la France : ressortissante d'un pays ennemi (le Japon était allié de l'Allemagne), elle n'avait plus le droit de poursuivre ses travaux. Plutôt que de renoncer à la recherche, elle partit continuer ses expériences en Allemagne, à Berlin.
Aujourd'hui, un laboratoire franco-japonais de physique des particules, le « Toshiko Yuasa Laboratory » (TYL), porte son nom. Il symbolise le pont scientifique entre la France et le Japon qu'elle incarna toute sa vie, elle qui partagea sa carrière entre les deux pays.
Sources primaires
Note présentant ses mesures expérimentales sur la forme du spectre continu des rayons bêta émis par des éléments radioactifs, réalisées dans le laboratoire de Frédéric Joliot-Curie.
Travail consacré à l'étude du spectre continu des rayons bêta, soutenu en France pendant la guerre dans le sillage des recherches des Joliot-Curie sur la radioactivité.
Récits et correspondances dans lesquels Yuasa décrit sa vie de chercheuse à Paris, son attachement à la France et les conditions matérielles de la recherche après-guerre.
Lieux clés
Ville natale de Toshiko Yuasa, où elle grandit et fit ses études supérieures de physique à l'université Bunrika.
Laboratoire de Frédéric Joliot-Curie où Yuasa mena ses premières recherches françaises sur la radioactivité à partir de 1940.
Ville où Yuasa poursuivit ses expériences après avoir dû quitter la France en 1944, et qu'elle fuit en 1945 avec son spectromètre.
Centre national de la recherche scientifique, où Yuasa fit l'essentiel de sa carrière à partir de 1949 jusqu'au grade de directrice de recherche.
Ville où Toshiko Yuasa vécut la plus grande partie de sa vie de chercheuse et où elle mourut en 1980.
Objets typiques

Instrument permettant de mesurer l'énergie des électrons (rayons bêta) émis lors de la désintégration des noyaux radioactifs. Yuasa en construisit un de ses propres mains et le sauva lors de sa fuite de Berlin.

Appareil détectant les particules et rayonnements émis par les substances radioactives en produisant un déclic à chaque impact. Outil de base du physicien nucléaire.

Petit échantillon d'élément radioactif servant de matière première aux expériences sur la désintégration bêta. Manipulé avec précaution dans le laboratoire.

Cahier dans lequel la chercheuse consignait chaque jour ses mesures, ses calculs et ses observations expérimentales. Mémoire écrite indispensable de la recherche.

Vêtement de travail blanc protégeant le chercheur et marquant son appartenance au monde de la science. Tenue quotidienne de Yuasa au laboratoire.

Moyen de transport simple et répandu dans l'Europe en guerre. Yuasa s'en serait servie pour transporter son spectromètre lors de sa fuite de Berlin en 1945.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Toshiko Yuasa se rendait tôt à son laboratoire parisien, où elle préparait ses sources radioactives et vérifiait le réglage de ses appareils de mesure. La matinée était souvent consacrée à lancer les longues expériences de détection des rayons bêta.
Après-midi
L'après-midi se passait à relever patiemment les données des compteurs, à effectuer des calculs et à discuter des résultats avec ses collègues du CNRS. La recherche exigeait minutie, patience et de longues heures penchée sur les instruments.
Soir
Le soir, elle lisait des articles scientifiques, rédigeait ses publications ou écrivait des lettres et des essais destinés au Japon. Elle entretenait ainsi un lien entre ses deux pays.
Alimentation
Vivant en France, Yuasa adopta une alimentation simple mêlant cuisine française du quotidien et plats japonais qu'elle préparait elle-même. Pendant et après la guerre, les restrictions imposaient des repas frugaux.
Vêtements
Au laboratoire, elle portait la blouse blanche des chercheurs. En ville, elle s'habillait de manière sobre, à l'occidentale, conformément à l'élégance discrète des Parisiennes de son époque.
Habitat
Elle vivait dans un modeste appartement parisien, proche de son lieu de travail. Son logement reflétait une vie austère, presque entièrement tournée vers la science.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Thèse de doctorat sur le spectre des rayons bêta
1943
Construction d'un spectromètre à rayons bêta
années 1940
Recherches sur la désintégration bêta au CNRS
années 1950-1970
Publications scientifiques en physique nucléaire
années 1940-1970
Écrits et essais sur la France (en japonais)
années 1950-1970






