Tullia(78 av. J.-C. — 44 av. J.-C.)
Tullia Ciceronis
Rome antique
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Tullia fut la fille unique et chérie du grand orateur romain Cicéron et de Terentia. Sa mort prématurée plongea son père dans un profond chagrin, dont témoigne sa correspondance. Elle incarne la condition de la femme romaine de l'élite à la fin de la République.
Faits marquants
- Née vers 79-78 av. J.-C., fille unique de Cicéron et de Terentia
- Mariée trois fois, notamment à Publius Cornelius Dolabella
- Morte en 45 av. J.-C. peu après un accouchement, provoquant le deuil immense de Cicéron
- Cicéron envisagea de lui élever un sanctuaire (fanum) en mémoire, projet jamais réalisé
Œuvres & réalisations
Ses trois mariages (Piso, Crassipes, Dolabella) servirent aussi les stratégies politiques de son père dans la Rome de la fin de la République.
Cicéron vantait l'esprit et l'éducation de sa fille : rare cas d'une femme de l'élite louée pour ses qualités intellectuelles.
Traité philosophique que Cicéron composa pour surmonter son deuil après la mort de Tullia, aujourd'hui perdu mais souvent cité dans l'Antiquité.
Écrite à propos de sa mort, c'est l'une des plus célèbres lettres de consolation de l'Antiquité, transmise dans la correspondance de Cicéron.
Cicéron voulut élever à sa fille un sanctuaire pour la diviniser : témoignage unique d'un projet de culte privé voué à une mortelle.
Sa figure incarne pour les historiens la condition de la matrone aristocratique et la force des liens familiaux à la fin de la République.
Anecdotes
Cicéron adorait sa fille et la surnommait tendrement « Tulliola » (petite Tullia) et « deliciae meae » (mes délices) dans ses lettres. Ces mots d'affection, rares dans la correspondance d'un grand homme romain, montrent un lien père-fille exceptionnellement chaleureux pour l'époque.
Tullia fut fiancée toute jeune, vers 67 av. J.-C., à Caius Calpurnius Piso Frugi, qu'elle épousa en 63, l'année où son père était consul et déjouait la conjuration de Catilina. Piso resta fidèle à Cicéron et œuvra pour son rappel d'exil, avant de mourir prématurément en 57.
En 50 av. J.-C., pendant que Cicéron gouvernait au loin la province de Cilicie, Tullia épousa Publius Cornelius Dolabella, un jeune partisan de César. La situation était délicate : son nouveau mari appartenait au camp politique opposé à celui de son père, à la veille de la guerre civile.
À la mort de Tullia, en février 45 av. J.-C., Cicéron sombra dans un chagrin immense. Il se retira dans sa villa solitaire d'Astura, lut tout ce que les philosophes avaient écrit sur le deuil, et composa pour lui-même une « Consolatio », traité aujourd'hui perdu.
Cicéron voulut faire de sa fille une divinité : il projetait de lui élever un « fanum », un sanctuaire, et cherchait fébrilement des jardins au bord du Tibre pour l'y bâtir. Ce projet de culte privé, unique en son genre, ne fut jamais réalisé.
Sources primaires
J'ai arrangé pour notre petite Tullia un parti avec Caius Piso, fils de Lucius, Frugi.
Dans cette solitude je ne parle à personne ; le matin, je me cache dans une forêt épaisse et sauvage, et je n'en sors qu'au soir.
Au retour d'Asie, comme je naviguais d'Égine vers Mégare, je me mis à contempler les contrées alentour. Derrière moi Égine, devant moi Mégare, à droite le Pirée, à gauche Corinthe : villes jadis très florissantes, qui maintenant gisent renversées et ruinées sous nos yeux. Et nous, faibles mortels, nous nous indignons si l'un de nous meurt !
Je veux qu'un sanctuaire soit construit pour elle, et cela, on ne peut me l'arracher.
Lieux clés
Capitale de la République où naquit Tullia et où la famille de Cicéron possédait sa domus, au cœur de la vie politique romaine.
Résidence de campagne préférée de Cicéron, dans les collines au sud-est de Rome, où Tullia mourut en février 45 av. J.-C.
Villa isolée de Cicéron sur la côte du Latium, où il se retira pour pleurer sa fille et chercha des jardins pour lui élever un sanctuaire.
Cité d'origine de la famille de Cicéron, dont les Tullii Cicerones tiraient leur nom et leurs domaines ancestraux.
