Philosophe et musicologue français, professeur à la Sorbonne. Penseur de la morale, du temps et de l'ineffable, il a aussi consacré une œuvre majeure à la mémoire et au refus du pardon des crimes nazis.
Vladimir Jankélévitch(1903 — 1985)
Vladimir Jankélévitch
France
5 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le pardon est mort dans les camps de la mort.»
Faits marquants
- Né en 1903 à Bourges dans une famille juive d'origine russe, mort en 1985 à Paris
- Agrégé de philosophie (1926), il soutient sa thèse sur Schelling en 1933
- Révoqué de l'enseignement par le régime de Vichy en 1940 en raison des lois antijuives, il s'engage dans la Résistance
- Professeur de philosophie morale à la Sorbonne de 1951 à 1978
- Publie L'Imprescriptible (1971), réflexion sur l'impossibilité de pardonner les crimes nazis
Œuvres & réalisations
Sa première grande étude, qui révèle l'influence décisive de Bergson sur sa pensée du temps et de la durée.
Réflexion sur l'ironie comme attitude morale et liberté de l'esprit face au sérieux.
Vaste enquête sur la morale et les vertus, l'une de ses œuvres les plus ambitieuses.
Méditation sur l'« je-ne-sais-quoi » et le « presque-rien », notions centrales de sa philosophie.
Œuvre majeure de musicologie philosophique : la musique exprime sans rien vouloir dire.
Long essai sur la finitude humaine, le temps et l'instant de la mort.
Texte célèbre refusant le pardon et l'oubli des crimes nazis : « le pardon est mort dans les camps de la mort ».
Anecdotes
Vladimir grandit entouré de livres : son père, Samuel Jankélévitch, fut l'un des premiers à traduire en français Freud, Hegel et Schelling. Le jeune Vladimir apprend ainsi très tôt la philosophie allemande… qu'il finira pourtant par rejeter après la guerre.
Jankélévitch était un pianiste passionné qui jouait chaque jour et écrivit de nombreux livres sur la musique (Fauré, Ravel, Debussy, Satie). Pour lui, la musique ne s'explique pas : elle relève de « l'ineffable », ce qu'on ressent mais qu'aucun mot ne peut dire.
En 1940, le régime de Vichy le chasse de l'enseignement parce qu'il est juif, en application du « statut des Juifs ». Il rejoint alors la Résistance dans le sud de la France et vit caché, sous une fausse identité.
Après la Shoah, Jankélévitch refusa toute sa vie de mettre les pieds en Allemagne, de faire traduire ses œuvres en allemand ou d'écouter publiquement la musique allemande qu'il aimait pourtant. Il écrivit que « le pardon est mort dans les camps de la mort ».
En mai 1968, le vieux professeur de la Sorbonne prit le parti des étudiants révoltés, fidèle à sa conviction que la morale exige parfois de se ranger du côté de ceux qui réclament la justice.
Sources primaires
Le pardon ! Mais nous ont-ils jamais demandé pardon ? […] Le pardon est mort dans les camps de la mort.
La musique signifie quelque chose en général, sans rien vouloir dire en particulier.
La mort est cet événement sans lendemain qui ne nous laisse pas le temps de tirer la leçon de l'expérience.
Le presque-rien est ce qui sépare l'être du non-être, l'infiniment petit qui change tout.
Lieux clés
Ville du centre de la France où Vladimir Jankélévitch naît en 1903 dans une famille juive d'origine russe.
Rue d'Ulm, il y est élève à partir de 1922 et s'y forme à la philosophie avant l'agrégation.
Au début des années 1930, il y enseigne la philosophie française à l'étranger.
Dans le sud-ouest occupé, il participe à la Résistance après sa révocation par Vichy.
Professeur de philosophie morale de 1951 à 1978, il y exerce le cœur de sa carrière universitaire.
Ville où il vit l'essentiel de sa vie adulte et où il meurt en 1985.
Objets typiques

Jankélévitch jouait du piano chaque jour ; l'instrument était au cœur de sa vie et nourrissait ses livres de musicologie sur Fauré, Ravel ou Debussy.

Il écrivait à la main ses très nombreux ouvrages, d'une prose dense et imagée. Ses manuscrits couverts de ratures témoignent d'un travail acharné.

Héritée en partie de son père traducteur, sa bibliothèque rassemblait les classiques de la pensée européenne, de Platon à Bergson.

Recueils de partitions de Fauré, Ravel, Debussy, Satie ou Liszt qu'il analysait en musicologue autant qu'en philosophe de l'ineffable.

Symbole de son magistère universitaire : pendant près de trente ans, il y enseigna la philosophie morale à des générations d'étudiants.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Lève-tôt et grand travailleur, Jankélévitch consacrait ses matinées à l'écriture, penché sur ses manuscrits couverts de ratures. La densité de sa prose exigeait de longues heures de concentration.
Après-midi
L'après-midi le menait à la Sorbonne, où ses cours de philosophie morale attiraient un public nombreux et fidèle. Il y improvisait souvent, emporté par sa parole.
Soir
Le soir, il se mettait au piano : la musique de Fauré, Debussy ou Satie occupait une place aussi importante que la philosophie dans sa vie quotidienne.
Alimentation
Homme de mœurs sobres et discrètes, il menait une vie modeste sans goût pour le luxe ni les mondanités. Son alimentation suivait celle d'un universitaire parisien ordinaire du XXe siècle.
Vêtements
Il portait la tenue classique du professeur de son temps : costume sombre, cravate et lunettes, sans recherche d'apparat. Sa silhouette était celle d'un intellectuel discret.
Habitat
Il vivait dans un appartement parisien, entouré de ses livres et de son piano. Son logement reflétait sa double vocation de philosophe et de musicien.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Henri Bergson
1931
L'Ironie
1936
Le Traité des vertus
1949
Philosophie première
1954
La Musique et l'ineffable
1961
L'Imprescriptible (Pardonner ?)
1971






