Philosophe, critique littéraire et traducteur allemand, figure de l'École de Francfort. Penseur du langage, de l'histoire et de la modernité, il est l'auteur d'une œuvre inachevée et fragmentaire devenue majeure après sa mort.
Walter Benjamin(1892 — 1940)
Walter Benjamin
royaume de Prusse, Reich allemand
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il n'est pas de document de culture qui ne soit aussi un document de barbarie.»
Faits marquants
- Né en 1892 à Berlin dans une famille juive aisée
- Publie en 1936 L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, où il forge la notion d'aura
- Travaille à partir de 1927 sur le projet inachevé des Passages parisiens (Passagenwerk)
- Rédige en 1940 ses Thèses sur le concept d'histoire
- Se suicide en 1940 à Portbou, à la frontière espagnole, fuyant les nazis
Œuvres & réalisations
Essai introduisant sa traduction de Baudelaire, devenu un texte de référence sur la théorie de la traduction.
Recueil de courts fragments et d'aphorismes saisissant la vie moderne urbaine sous une forme littéraire fragmentée.
Étude refusée comme habilitation universitaire, reconnue plus tard comme une œuvre majeure sur l'allégorie et le baroque.
Texte célèbre analysant comment la photographie et le cinéma transforment l'art en lui faisant perdre son « aura ».
Souvenirs poétiques de son enfance dans le Berlin bourgeois, écrits en exil comme un adieu à un monde disparu.
Dernières thèses, écrites peu avant sa mort, proposant une vision révolutionnaire et messianique de l'histoire.
Vaste projet inachevé fait de notes et de citations sur la modernité parisienne, publié seulement après sa mort.
Anecdotes
Walter Benjamin était un collectionneur passionné de livres. Dans un texte célèbre, « Je déballe ma bibliothèque », il raconte le plaisir intense de défaire des caisses de livres et de retrouver chacun de ses ouvrages comme de vieux amis chargés de souvenirs.
Il a passé des années à Paris à étudier les passages couverts, ces galeries marchandes du XIXe siècle. Son immense projet inachevé, « Paris, capitale du XIXe siècle », est resté à l'état de milliers de notes et de citations rangées dans des dossiers.
En septembre 1940, fuyant les nazis, Benjamin tente de passer la frontière franco-espagnole à pied par les Pyrénées pour rejoindre le Portugal. Bloqué à Portbou et menacé d'être renvoyé en France, il met fin à ses jours dans la nuit, à 48 ans.
Benjamin était l'ami du dramaturge Bertolt Brecht et du philosophe Theodor Adorno, mais aussi du penseur Gershom Scholem, spécialiste de la mystique juive. Ces amitiés tiraient sa pensée entre le marxisme et la tradition religieuse juive.
On raconte qu'il transportait dans sa fuite une mystérieuse valise noire contenant un manuscrit qu'il jugeait plus précieux que sa propre vie. Cette valise a disparu après sa mort et n'a jamais été retrouvée, nourrissant une véritable légende.
Sources primaires
Il y a un tableau de Klee qui s'intitule Angelus Novus. Il représente un ange qui semble sur le point de s'éloigner de quelque chose qu'il fixe du regard. C'est ainsi qu'on peut se représenter l'ange de l'histoire.
Même dans la reproduction la plus parfaite, une chose se trouve absente : le hic et nunc de l'œuvre d'art, l'unicité de son existence au lieu où elle se trouve.
Ne pas trouver son chemin dans une ville, cela ne signifie pas grand-chose. Mais s'égarer dans une ville comme on s'égare dans une forêt, voilà qui veut s'apprendre.
Aucune traduction ne serait possible si, conformément à son ultime essence, elle voulait ressembler à l'original. Car dans sa survie l'original se modifie.
Lieux clés
Ville natale de Benjamin, qu'il évoque avec nostalgie dans « Enfance berlinoise vers 1900 ». Il y grandit dans la bourgeoisie juive avant l'exil.
Capitale de son exil à partir de 1933 et objet de son grand projet sur les passages du XIXe siècle. Il y travaillait à la Bibliothèque nationale.
Ville suisse où Benjamin obtint son doctorat en 1919, réfugié là pendant la guerre.
Ville de l'École de Francfort et de l'Institut de recherche sociale, auquel Benjamin fut associé. C'est là qu'on lui refusa son habilitation universitaire en 1925.
Petit port espagnol à la frontière des Pyrénées où Benjamin, bloqué dans sa fuite, mourut en 1940. Un mémorial y honore aujourd'hui sa mémoire.
Île des Baléares où Benjamin séjourna à plusieurs reprises au début des années 1930 pour vivre à moindre coût et écrire.
Objets typiques

Benjamin notait et recopiait inlassablement des citations d'auteurs, rêvant d'écrire un livre composé uniquement de citations. Ces carnets étaient le cœur de sa méthode de travail.

Collectionneur passionné, Benjamin possédait des milliers de livres, dont des ouvrages rares et des livres pour enfants. Sa bibliothèque le suivait, par caisses, au fil de ses déménagements.

Benjamin acheta ce dessin de Klee en 1921 et y tenait par-dessus tout. Il en fit l'image de « l'ange de l'histoire » dans ses dernières thèses.

Comme tout intellectuel de son temps, Benjamin rédigeait articles de presse et essais à la main puis à la machine pour vivre de sa plume de critique.

Ces galeries marchandes vitrées du XIXe siècle, remplies de boutiques, fascinaient Benjamin comme des vestiges du capitalisme naissant. Il en fit l'objet de son grand projet inachevé.

Dans les années 1929-1932, Benjamin écrivit et anima de nombreuses émissions de radio, notamment pour la jeunesse, sur Berlin, l'histoire et la littérature.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Benjamin commençait souvent ses matinées tard, en intellectuel noctambule. À Paris, il gagnait dès l'ouverture la salle de lecture de la Bibliothèque nationale pour y dépouiller livres et journaux anciens.
Après-midi
L'après-midi se passait à lire, prendre des notes et recopier des citations dans ses carnets. Il rédigeait aussi articles et critiques pour les journaux et revues dont dépendaient ses maigres revenus.
Soir
Le soir, il retrouvait ses amis intellectuels dans les cafés pour discuter de philosophie, de politique et de littérature. C'était l'heure des longues conversations et des parties d'échecs, qu'il aimait beaucoup.
Alimentation
En exil, Benjamin vivait souvent dans la précarité et mangeait modestement, au café ou dans de petits restaurants bon marché. Gourmet de cœur, il appréciait pourtant la bonne cuisine quand ses finances le permettaient.
Vêtements
Il portait le costume sombre, la cravate et les petites lunettes rondes typiques de l'intellectuel européen de l'entre-deux-guerres. Sa moustache et son air songeur faisaient partie de sa silhouette reconnaissable.
Habitat
Sans logement stable, il vécut dans des chambres louées, des hôtels modestes et chez des amis, à Berlin, Paris, Ibiza ou au Danemark. L'exil le condamna à une vie d'errance et de valises.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La tâche du traducteur
1923
Sens unique
1928
Origine du drame baroque allemand
1928
Enfance berlinoise vers 1900
1932-1938
Sur le concept d'histoire
1940
Paris, capitale du XIXe siècle (Le Livre des passages)
1927-1940






