Écrivain américain, figure majeure de la littérature du Sud des États-Unis. Maître du courant de conscience, il a peint dans une œuvre dense la décadence des familles sudistes après la guerre de Sécession. Prix Nobel de littérature 1949.
William Faulkner(1897 — 1962)
William Faulkner
États-Unis
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé.»
« Entre le chagrin et le néant, je choisis le chagrin.»
Faits marquants
- Né en 1897 à New Albany (Mississippi), il situe l'essentiel de son œuvre dans le comté imaginaire de Yoknapatawpha
- Publie *Le Bruit et la Fureur* (The Sound and the Fury) en 1929, roman emblématique du courant de conscience
- Fait paraître *Tandis que j'agonise* (1930), *Lumière d'août* (1932) et *Absalon, Absalon !* (1936)
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1949 (remis en 1950)
- Meurt en 1962 à Byhalia (Mississippi)
Œuvres & réalisations
Chef-d'œuvre du courant de conscience, racontant la décadence de la famille Compson à travers quatre points de vue, dont celui d'un homme déficient mental.
Roman polyphonique où quinze narrateurs racontent le voyage funèbre d'une famille pauvre pour enterrer leur mère.
Roman noir et violent qui assura à Faulkner son premier vrai succès commercial et fit scandale.
Grande fresque sur la race, l'identité et la religion dans le Sud, autour du personnage de Joe Christmas.
Souvent jugé son roman le plus ambitieux : l'ascension et la chute de Thomas Sutpen, hantées par l'esclavage et la guerre de Sécession.
Premier volet de la trilogie des Snopes, qui suit l'ascension d'une famille de paysans rusés et sans scrupules.
Roman allégorique sur la Première Guerre mondiale qui lui valut le prix Pulitzer et le National Book Award.
Dernier roman, picaresque et plus léger, récompensé à titre posthume par un second prix Pulitzer.
Anecdotes
Le nom de famille du romancier s'écrivait à l'origine « Falkner ». Le « u » serait apparu par erreur lorsqu'un typographe modifia l'orthographe sur la couverture de son premier livre, en 1919. Faulkner garda cette graphie, déclarant qu'elle lui convenait très bien.
Pendant la Première Guerre mondiale, Faulkner, jugé trop petit pour l'armée américaine, s'engagea dans la Royal Air Force au Canada. La guerre s'acheva avant qu'il ne pilote au combat, mais il revint à Oxford en uniforme, feignant parfois une blessure de guerre et une démarche claudicante qu'il n'avait jamais subies.
Nommé receveur des postes de l'université du Mississippi, Faulkner se révéla un employé désastreux : il lisait, jetait le courrier qui l'ennuyait et fermait le guichet à sa guise. En démissionnant, il aurait lancé qu'il refusait désormais d'être « aux ordres de quiconque possède deux cents et un timbre ».
Pour son roman « Parabole », Faulkner punaisa et peignit le plan détaillé de l'intrigue, jour par jour, directement sur les murs de son bureau à Rowan Oak. Ces inscriptions au crayon et à la peinture rouge y sont toujours visibles aujourd'hui.
Faulkner appelait son comté imaginaire de Yoknapatawpha « mon petit timbre-poste de terre natale ». Il inventa cette région du Mississippi, dressa sa carte et y fit vivre les mêmes familles d'un roman à l'autre, bâtissant un monde fictif cohérent inspiré de son Oxford natal.
Sources primaires
Je refuse d'accepter la fin de l'homme. […] Je crois que l'homme ne se contentera pas de survivre : il prévaudra. Il est immortel non parce que, seul parmi les créatures, il possède une voix inépuisable, mais parce qu'il a une âme, un esprit capable de compassion, de sacrifice et d'endurance.
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé.
Le seul devoir de l'écrivain est envers son art. Il sera totalement impitoyable s'il est un bon écrivain. […] Si un écrivain doit voler sa mère, il n'hésitera pas : l'Ode sur une urne grecque vaut bien quelques vieilles dames.
Une ombre sur le store, comme deux jambes lacées. […] Le temps est mort tant qu'il est compté par de petites roues qui cliquettent ; ce n'est que lorsque l'horloge s'arrête que le temps revient à la vie.
Lieux clés
Ville natale de William Faulkner, dans le nord du Mississippi, le 25 septembre 1897.
Demeure de style néogrec achetée par Faulkner en 1930, où il vécut et écrivit l'essentiel de son œuvre. Elle est aujourd'hui un musée.
Faulkner y fut brièvement étudiant puis receveur des postes du campus, poste dont il démissionna avec fracas.
Faulkner y travailla comme scénariste dans les années 1930-1940, notamment pour le réalisateur Howard Hawks, afin de subvenir à ses besoins.
Faulkner y reçut le prix Nobel de littérature et y prononça son célèbre discours sur l'endurance de l'homme, le 10 décembre 1950.
Faulkner mourut d'une crise cardiaque dans une clinique de cette petite ville du Mississippi, le 6 juillet 1962.
Objets typiques

Faulkner composait ses romans à la machine dans son bureau de Rowan Oak, retravaillant inlassablement ses longues phrases. C'est l'outil central de sa fabrique littéraire.

Fumeur invétéré, Faulkner est presque toujours photographié la pipe à la bouche. Elle accompagnait ses heures de travail et est devenue un élément de son image publique.

Le whisky de maïs du Sud, le bourbon, accompagna toute la vie de l'écrivain, dont l'alcoolisme est bien documenté. Il en faisait un compagnon d'écriture autant qu'un fléau.

Passionné de chevaux, Faulkner montait sur les terres de Rowan Oak et participait à des chasses à courre. Une chute de cheval contribua d'ailleurs à sa mort en 1962.

Faulkner peignit et inscrivit sur les murs de son bureau le déroulé jour par jour de l'intrigue de son roman « Parabole ». Ces notes murales sont conservées telles quelles à Rowan Oak.

Hors de la ferme, Faulkner cultivait l'allure du gentleman sudiste en veste de tweed, parfois moustache soignée et pipe. Une élégance contrastant avec sa vie rurale.
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Vie quotidienne
Matin
Faulkner réservait souvent ses matinées à l'écriture, enfermé dans son bureau de Rowan Oak avec sa machine à écrire et sa pipe. Il composait des phrases longues et denses, qu'il retravaillait sans relâche.
Après-midi
L'après-midi, il redevenait fermier et gentleman campagnard : il surveillait ses terres, montait à cheval et participait à la vie rurale d'Oxford. Le contact avec la terre du Mississippi nourrissait directement son œuvre.
Soir
Les soirées se passaient en famille ou entre amis, souvent autour d'un verre de bourbon. Faulkner pouvait aussi lire ou prolonger son travail d'écriture tard dans la nuit.
Alimentation
Il se nourrissait de la cuisine du Sud profond : maïs, patates douces, porc, légumes du jardin et plats mijotés. Le bourbon, whisky de maïs régional, tenait une place notoire dans son quotidien.
Vêtements
À la ferme, Faulkner portait des tenues d'équitation, bottes et culottes de cheval. En société, il affectionnait l'élégance du gentleman sudiste : veste de tweed, moustache soignée et pipe.
Habitat
Il vivait à Rowan Oak, une demeure de style néogrec entourée de cèdres, à Oxford. Cette maison ancienne, achetée délabrée puis restaurée, incarnait l'aristocratie déchue du Vieux Sud qu'il décrivait.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Bruit et la Fureur (The Sound and the Fury)
1929
Tandis que j'agonise (As I Lay Dying)
1930
Sanctuaire (Sanctuary)
1931
Lumière d'août (Light in August)
1932
Absalon, Absalon ! (Absalom, Absalom!)
1936
Le Hameau (The Hamlet)
1940
Parabole (A Fable)
1954






