Homme politique et philanthrope britannique, figure de proue du combat parlementaire contre la traite négrière. Député évangélique, il consacra sa vie à l'abolition de l'esclavage dans l'Empire britannique.
William Wilberforce(1759 — 1833)
William Wilberforce
royaume de Grande-Bretagne, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« You may choose to look the other way but you can never say again that you did not know.»
Faits marquants
- Élu député de Kingston upon Hull en 1780, puis du Yorkshire en 1784
- Mène à partir de 1787 la campagne parlementaire contre la traite négrière
- Obtient le vote du Slave Trade Act en 1807, abolissant la traite des esclaves dans l'Empire britannique
- Cofondateur de la Society for the Suppression of the Vice et de mouvements philanthropiques
- Meurt en 1833, peu avant le Slavery Abolition Act qui abolit l'esclavage lui-même dans l'Empire
Œuvres & réalisations
Wilberforce devient le porte-parole parlementaire de cette société. Elle structure le premier grand mouvement de masse humanitaire de l'histoire.
Best-seller religieux où Wilberforce défend un christianisme vécu et engagé. L'ouvrage influença durablement la morale victorienne.
Aboutissement de dix-huit ans de combat : la loi interdit la traite négrière dans tout l'Empire britannique. Une victoire historique pour Wilberforce.
Wilberforce participe à la création de l'ancêtre de la RSPCA. Témoignage de sa conception large de la réforme morale.
Loi abolissant l'esclavage lui-même dans presque tout l'Empire. Wilberforce en apprit le vote trois jours avant sa mort.
Wilberforce cofonde plusieurs sociétés missionnaires et bibliques. Elles diffusèrent l'évangélisme et l'action philanthropique.
Anecdotes
En 1785, lors d'un voyage en Europe, Wilberforce vit une profonde crise spirituelle qui le convertit à un christianisme évangélique fervent. Il songea d'abord à quitter la politique, mais son ami l'ancien esclavagiste repenti John Newton — auteur du cantique « Amazing Grace » — le convainquit de rester au Parlement pour y servir une grande cause.
Chaque année à partir de 1789, Wilberforce déposa inlassablement des motions pour abolir la traite négrière, et chaque année elles furent rejetées. Il fallut près de dix-huit ans de combat acharné avant que la loi d'abolition de la traite ne soit votée en 1807.
Pour convaincre les députés, les abolitionnistes exposèrent le plan du navire négrier « Brookes », montrant comment des centaines d'esclaves étaient entassés à fond de cale. Wilberforce s'appuya sur ce document choc et sur les témoignages recueillis par Thomas Clarkson pour révéler l'horreur de la traite.
Wilberforce était de petite taille et de santé fragile, souffrant de problèmes intestinaux qui l'obligeaient à prendre de l'opium ; pourtant son éloquence était telle que le diariste James Boswell le surnomma « une crevette devenue baleine » en l'entendant parler à la tribune.
Le 26 juillet 1833, alors qu'il était mourant, Wilberforce apprit que le Parlement venait de voter l'abolition de l'esclavage dans tout l'Empire britannique. Il s'éteignit trois jours plus tard, ayant vu triompher le combat de toute sa vie.
Sources primaires
Que les conséquences soient ce qu'elles seront, je suis désormais résolu : je n'aurai de cesse que la traite soit abolie. Le mal est de telle nature qu'il ne supporte ni atténuation ni compromis.
Un commerce fondé sur l'injustice et poursuivi par la cruauté ne saurait jamais être réconcilié avec les principes de la justice et de l'humanité.
Le christianisme authentique n'est pas une simple adhésion à des doctrines, mais un principe vivant qui transforme le cœur et gouverne la conduite tout entière.
Dieu Tout-Puissant m'a placé devant deux grands objets : la suppression de la traite des esclaves et la réforme des mœurs.
Lieux clés
Ville portuaire du Yorkshire où Wilberforce naquit en 1759 et qu'il représenta comme député. Sa maison natale est aujourd'hui un musée consacré à l'esclavage.
Siège du Parlement britannique où Wilberforce mena pendant des décennies son combat parlementaire contre la traite. C'est là que furent votées les lois de 1807 et 1833.
Quartier londonien où se réunissait la « secte de Clapham », cercle d'évangéliques réformateurs. Wilberforce y vécut et y élabora ses campagnes humanitaires.
Collège où Wilberforce fit ses études et rencontra le futur Premier ministre William Pitt le Jeune, son ami et allié politique.
Lieu de sépulture de Wilberforce, inhumé près de son ami William Pitt en 1833. Une statue y honore sa mémoire.
Objets typiques

Gravure montrant des centaines d'esclaves entassés dans la cale d'un navire. Cette image devint l'arme de propagande la plus efficace du mouvement abolitionniste.

Camée de céramique représentant un esclave agenouillé enchaîné avec l'inscription « Ne suis-je pas un homme et un frère ? ». Porté en bijou, il diffusa la cause dans toute la société.

Longs rouleaux de papier couverts de milliers de signatures réclamant la fin de la traite. Wilberforce les déposait devant le Parlement pour prouver l'ampleur du soutien populaire.

Livre de chevet de Wilberforce, source de sa foi et de son combat moral. Sa lecture quotidienne nourrissait sa conviction que l'esclavage était un péché.

Entraves de métal exhibées par les abolitionnistes pour montrer la réalité concrète de la traite. Thomas Clarkson en transportait dans une malle de preuves.

Produit phare des plantations esclavagistes. Les abolitionnistes lancèrent un boycott du sucre « taché de sang » pour frapper économiquement la traite.
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Vie quotidienne
Matin
Wilberforce commençait sa journée par une longue prière et la lecture méditative de la Bible, fidèle à sa discipline évangélique. Il consacrait ensuite la matinée à sa correspondance abondante et à la préparation de ses discours parlementaires.
Après-midi
L'après-midi le menait souvent à la Chambre des communes, où il débattait et déposait ses motions. Entre les séances, il recevait des militants comme Thomas Clarkson, qui lui apportaient témoignages et preuves sur la traite.
Soir
Le soir, Wilberforce fréquentait les salons et dîners politiques de Londres, où son esprit et sa voix mélodieuse charmaient. Il terminait fréquemment ses journées chez ses amis de Clapham, à discuter stratégie et réforme.
Alimentation
Homme de la haute société, il prenait des repas copieux à l'anglaise, mais sa santé fragile le contraignait à la modération. Il participa au boycott du sucre antillais et prenait régulièrement de l'opium prescrit pour ses douleurs intestinales.
Vêtements
Wilberforce portait les habits sobres et élégants du gentleman géorgien : redingote, gilet, culotte et bas, perruque ou cheveux poudrés dans sa jeunesse. Sa mise restait digne mais sans ostentation, reflet de sa retenue évangélique.
Habitat
Il vécut dans de confortables demeures, notamment à Clapham au sein de sa communauté d'amis réformateurs, puis dans diverses maisons du sud de l'Angleterre. Ses foyers étaient ouverts, animés et toujours emplis de visiteurs et de causes à défendre.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation de la Society for the Abolition of the Slave Trade
1787
A Practical View of the Prevailing Religious System
1797
Slave Trade Act (abolition de la traite)
1807
Fondation de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA)
1824
Slavery Abolition Act (abolition de l'esclavage)
1833
Création de la Church Mission Society et de la British and Foreign Bible Society
1799






