Berta Cáceres(1971 — 2016)
Berta Cáceres
Honduras
8 min de lecture
Militante écologiste hondurienne d'origine lenca, cofondatrice du COPINH (Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras). Prix Goldman pour l'environnement en 2015, elle fut assassinée en 2016 pour son combat contre le barrage Agua Zarca.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Éveillons-nous ! Éveillons-nous, humanité ! Il ne reste plus de temps.»
« Le río Gualcarque nous a appelés, comme l'ont fait d'autres, et nous devons y aller.»
Faits marquants
- 1971 : naissance à La Esperanza, Honduras
- 1993 : cofondation du COPINH pour défendre les droits du peuple lenca
- 2015 : obtention du Prix Goldman pour l'environnement, la plus haute récompense écologique mondiale
- 2016 : assassinat à son domicile le 2 mars, après des années de menaces liées à son opposition au barrage Agua Zarca
- 2021 : condamnation du PDG de la société DESA pour son rôle dans l'assassinat
Œuvres & réalisations
Organisation créée pour défendre les droits politiques, territoriaux et culturels des peuples lencas du Honduras ; le COPINH est aujourd'hui une référence pour les luttes autochtones en Amérique centrale.
Mobilisation populaire qui contraignit les financeurs internationaux (FMO, Voith Hydro) à se retirer du projet et aboutit à l'abandon définitif du barrage — victoire emblématique contre l'extractivisme en zone autochtone.
Allocution diffusée mondialement appelant à 'réveiller l'humanité' face à la destruction de la nature ; texte de référence du mouvement écologiste international, traduit dans des dizaines de langues.
Éducation populaire conduite par le COPINH pour informer les villages sur la Convention 169 de l'OIT, le droit à la consultation préalable et les recours juridiques — outil d'émancipation communautaire durable.
Berta Cáceres tissa un réseau d'organisations locales, nationales et internationales pour documenter et dénoncer la criminalisation des militants écologistes dans un pays classé parmi les plus dangereux du monde pour cette cause.
Anecdotes
Berta Cáceres grandit à La Esperanza dans une famille engagée politiquement : sa mère, Austra Berta Flores, sage-femme et militante, accueillait des réfugiés salvadoriens fuyant la guerre civile des années 1980. Ce contact précoce avec les injustices et les déracinements forgea la conscience politique de Berta dès l'enfance.
En 2013, Berta Cáceres organisa les communautés lencas pour bloquer physiquement les accès au chantier du barrage Agua Zarca sur le río Gualcarque, fleuve sacré dans la cosmogonie lenca. Sa résistance pacifique mais déterminée contraignit finalement le géant allemand Voith Hydro et la banque néerlandaise FMO à se retirer du projet — une victoire rare contre l'extractivisme en Amérique centrale.
Lors de la remise du Prix Goldman pour l'environnement en 2015 — la plus haute distinction mondiale pour les militants écologistes de terrain — Berta Cáceres cita la révolutionnaire Rosa Luxemburg : 'Éveillons-nous ! Éveillons-nous, humanité !' Son discours, diffusé mondialement, fit d'elle une icône de la résistance autochtone et environnementale.
Malgré des dizaines de menaces de mort documentées et plusieurs tentatives d'assassinat, Berta Cáceres refusa systématiquement de quitter le Honduras. Elle fut assassinée dans sa maison de La Esperanza dans la nuit du 2 au 3 mars 2016. Sa mort déclencha une vague d'indignation internationale et accéléra l'abandon définitif du barrage Agua Zarca.
En 2021, David Castillo, président de l'entreprise DESA chargée de construire le barrage, fut reconnu coupable de co-auteur de l'assassinat par un tribunal hondurien. Cette condamnation, aboutissement d'années de combat judiciaire mené par la famille Cáceres et le COPINH, reste une victoire rare pour la justice environnementale en Amérique latine.
Sources primaires
Éveillons-nous ! Éveillons-nous, humanité ! Il ne reste plus de temps. Nos consciences sont secouées par le fait que nous devons nous réconcilier avec la nature pour garantir la vie. Le río Gualcarque nous a appelés, comme l'ont fait d'autres, et nous devons y aller.
Nous, peuples lencas du Honduras, déclarons notre droit inaliénable à nos terres, nos eaux et nos forêts. Nous exigeons que l'État hondurien respecte la Convention 169 de l'OIT et garantisse notre droit à la consultation préalable, libre et éclairée.
En 2014, au moins 101 défenseurs de l'environnement ont été tués dans le monde. Au Honduras, pays de 8 millions d'habitants, le taux de meurtres par habitant de militants écologistes dépasse celui de tout autre pays au monde.
La Commission accorde des mesures conservatoires en faveur de Berta Cáceres Flores, défenseure des droits des peuples autochtones au Honduras, en raison des menaces graves et imminentes pesant sur sa vie et son intégrité physique.
Les peuples autochtones lencas ont payé le prix fort de leur résistance au coup d'État de 2009. Nos dirigeants sont criminalisés, nos terres spoliées, nos droits bafoués au nom d'un développement qui ne profite qu'aux multinationales.
Lieux clés
Ville natale de Berta Cáceres, chef-lieu du département d'Intibucá et cœur du territoire lenca. Siège du COPINH, c'est là qu'elle vécut, milita pendant plus de vingt ans et fut assassinée le 3 mars 2016.
Fleuve sacré dans la cosmogonie lenca, habité selon la tradition par des esprits protecteurs. Site du projet de barrage Agua Zarca, il fut le théâtre principal de la résistance organisée par Berta Cáceres de 2013 à 2016.
Capitale hondurienne où Berta Cáceres plaidait devant les instances gouvernementales, portait des dossiers juridiques et rencontrait des représentants d'organisations de droits humains nationales et internationales.
Lieu de la cérémonie de remise du Prix Goldman pour l'environnement en avril 2015, où Berta Cáceres prononça son discours remarqué devant la communauté internationale et devint une figure écologiste mondiale.
Département hondurien à majorité lenca, théâtre principal de l'action du COPINH. Ses forêts, rivières et communautés rurales furent au cœur de toutes les batailles juridiques et militantes de Berta Cáceres.






