Witi Ihimaera, né en 1944 à Gisborne, est un romancier et nouvelliste néo-zélandais d'origine maorie écrivant en anglais. Premier Maori à publier un recueil de nouvelles puis un roman, il a donné une voix littéraire à son peuple, notamment avec « The Whale Rider ».
Witi Ihimaera(1944 — ?)
Witi Ihimaera
Nouvelle-Zélande
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance en 1944 à Gisborne, sur la côte est de l'île du Nord (Nouvelle-Zélande)
- Publie en 1972 « Pounamu, Pounamu », premier recueil de nouvelles écrit par un Maori
- Publie en 1973 « Tangi », premier roman écrit par un auteur maori
- Fait paraître en 1987 « The Whale Rider », adapté au cinéma en 2002 (« Whale Rider »)
- Mène en parallèle une carrière de diplomate néo-zélandais (consul, ambassades)
Œuvres & réalisations
Premier recueil de nouvelles publié par un Maori, peignant la vie des communautés rurales de la côte est.
Premier roman écrit par un Maori, sur le deuil, la famille élargie et l'attachement à la terre.
Roman explorant une journée dans une communauté maorie et l'importance des liens familiaux.
Saga familiale ambitieuse mêlant histoire coloniale et mémoire maorie, primée en Nouvelle-Zélande.
Son œuvre la plus célèbre : une fillette défie la tradition pour sauver sa tribu ; adaptée au cinéma en 2002.
Roman familial de la côte est, lauréat du prix du meilleur livre de fiction néo-zélandais.
Roman largement autobiographique abordant ouvertement l'homosexualité.
Roman entrelaçant la guerre du Vietnam et l'identité gay maorie.
Anecdotes
En 1985, Witi Ihimaera travaille comme diplomate néo-zélandais à New York. Un jour, il aperçoit une baleine remontant le fleuve Hudson en plein cœur de Manhattan. Cette image, combinée aux reproches de ses deux filles qui se plaignaient que les héros des histoires étaient toujours des garçons, lui inspire « The Whale Rider » : il écrit le roman en trois semaines seulement.
En 1972, avec son recueil de nouvelles « Pounamu, Pounamu », Ihimaera devient le tout premier Maori à publier un livre de fiction. L'année suivante, son roman « Tangi » fait de lui le premier romancier maori de l'histoire. À une époque où la littérature néo-zélandaise était dominée par les auteurs d'origine européenne, il ouvre une voie entièrement nouvelle.
Adapté au cinéma en 2002 sous le titre « Paï, l'élue d'un peuple nouveau », « The Whale Rider » connaît un succès mondial. La jeune actrice maorie Keisha Castle-Hughes, qui incarne l'héroïne Paikea, devient à 13 ans la plus jeune actrice jamais nommée à l'Oscar de la meilleure actrice à l'époque.
Ihimaera a longtemps mené deux vies : écrivain le soir et diplomate le jour pour le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères, en poste notamment à New York et en Australie. Il a aussi enseigné l'écriture créative à l'université d'Auckland, formant une nouvelle génération d'auteurs maoris.
Ses histoires puisent dans son village ancestral de Waituhi, près de Gisborne, et dans sa tribu (iwi) Te Aitanga-a-Mahaki et Ngati Porou. Il transforme la mémoire orale, les légendes et la généalogie (whakapapa) de son peuple en romans modernes lus dans le monde entier.
Sources primaires
In the old days, in the years that have gone before us, the land and sea felt a great emptiness, a yearning. (Autrefois, dans les années qui nous ont précédés, la terre et la mer ressentaient un grand vide, une attente.)
Recueil où Ihimaera dépeint avec tendresse la vie quotidienne des communautés maories rurales de la côte est, mêlant le maori (te reo) et l'anglais ; premier livre de fiction publié par un Maori.
Roman centré sur le deuil (tangi) d'un jeune Maori revenant au village pour les funérailles de son père, et sur l'importance de la famille élargie (whanau) et de la terre.
Lieux clés
Ville de la côte est de l'île du Nord où naît Witi Ihimaera en 1944, au cœur d'une région à forte présence maorie.
Petit village ancestral de la vallée du Waipaoa, près de Gisborne, où vit sa famille (whanau) et qui inspire le décor de nombreux récits.
Établissement où Ihimaera poursuit ses études supérieures et obtient son diplôme.
Ville où Ihimaera est en poste comme diplomate néo-zélandais dans les années 1980 et où, en voyant une baleine sur l'Hudson, lui vient l'idée de « The Whale Rider ».
Université où Ihimaera enseigne l'écriture créative et forme de jeunes auteurs maoris.
Objets typiques

Outil de travail de l'écrivain au XXe siècle, sur laquelle Ihimaera composait ses nouvelles et romans avant l'ère de l'ordinateur.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Pierre verte sacrée (greenstone) sculptée en pendentifs ou en armes par les Maoris. Elle donne son titre au premier recueil d'Ihimaera et symbolise un trésor (taonga) transmis entre générations.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗
Pendentif maori en pounamu représentant une figure humaine stylisée, porté autour du cou comme objet ancestral et protecteur.

Cape maorie tissée de lin (harakeke) et ornée de plumes, portée lors des cérémonies importantes pour exprimer le prestige et le respect.

Arme traditionnelle maorie en bois, sorte de lance-bâton utilisée au combat et dans les danses cérémonielles, symbole de courage présent dans la culture évoquée par Ihimaera.

Livre publié en 1987 qui raconte l'histoire de Paikea, jeune fille destinée à diriger sa tribu. Devenu un classique mondial de la littérature maorie, adapté au cinéma.
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Vie quotidienne
Matin
Comme beaucoup d'écrivains menant une double carrière, Ihimaera consacrait ses matinées à son métier de fonctionnaire ou d'enseignant. Le café avalé, il rejoignait son bureau au ministère des Affaires étrangères ou à l'université, dans une grande ville moderne comme Wellington, Auckland ou New York.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre réunions diplomatiques, cours d'écriture créative et lectures. Il prenait des notes sur les histoires de son enfance et les légendes de sa tribu, qu'il comptait transformer en récits le soir venu.
Soir
Le soir, une fois ses obligations terminées, il écrivait, parfois jusque tard dans la nuit. C'est dans ces heures volées qu'il a composé l'essentiel de ses romans, dont « The Whale Rider », rédigé en quelques semaines.
Alimentation
Sa table reflétait la Nouvelle-Zélande du XXe siècle, mêlant cuisine occidentale (viande, pain, thé) et nourriture maorie traditionnelle préparée au hangi, four enterré chauffé par des pierres, où l'on cuit patates douces (kumara), porc et poisson.
Vêtements
Au quotidien, Ihimaera portait le costume sobre du fonctionnaire et de l'universitaire : chemise, veste, vêtements de ville modernes. Lors des cérémonies sur le marae, il revêtait des éléments traditionnels maoris comme le manteau de plumes (korowai).
Habitat
Né dans une communauté rurale maorie près de Gisborne, il a ensuite vécu dans des appartements et maisons de grandes villes, en Nouvelle-Zélande comme à l'étranger. Le cœur de son univers restait toutefois le marae et la maison de réunion (wharenui) de son village ancestral.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Pounamu, Pounamu
1972
The Matriarch
1986
Bulibasha, King of the Gypsies
1994
Nights in the Gardens of Spain
1995





