Poète et diplomate grec, figure majeure de la « génération des années 1930 » qui renouvela la poésie grecque moderne. Il fut le premier Grec à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1963.
Yorgos Séféris
Giorgos Seferis (Yorgos Séféris), de son vrai nom Georgios Seferiadis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Partout où je voyage, la Grèce me blesse.»
Faits marquants
- Né en 1900 à Smyrne (Vourla), dans l'Empire ottoman, au sein du monde grec d'Asie Mineure
- Publie en 1931 son premier recueil, Strophi (Strophe), qui rénove la poésie grecque
- Mène une longue carrière diplomatique, notamment comme ambassadeur de Grèce à Londres (1957-1962)
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1963, premier écrivain grec ainsi distingué
- Prend publiquement position en 1969 contre la dictature des colonels ; meurt à Athènes en 1971
Œuvres & réalisations
Premier recueil, qui marque une rupture et introduit une sensibilité moderne dans la poésie grecque. Il contient le célèbre poème « Arnisi ».
Long poème méditatif sur l'eau cachée et la vie intérieure. Étape vers la maturité de son langage poétique.
Suite de vingt-quatre poèmes mêlant mythes antiques et désarroi moderne. Considéré comme son chef-d'œuvre et un sommet de la poésie grecque du XXe siècle.
Version grecque du grand poème d'Eliot, qui fit connaître le modernisme anglo-saxon en Grèce et influença toute une génération.
Trois recueils écrits au fil de l'exil et des voyages diplomatiques, dont le troisième est inspiré par Chypre.
Poème majeur de l'après-guerre, dialogue entre mémoire, lumière et mythe homérique.
Recueils d'essais critiques sur la poésie, la langue et la tradition grecque, qui le révèlent grand penseur de la littérature.
Anecdotes
Né près de Smyrne, Séféris dut fuir avec sa famille lors de la Grande Catastrophe de 1922, quand la ville grecque d'Asie Mineure fut détruite. Il ne revit jamais vraiment sa terre natale, et cette perte d'un monde englouti hante toute son œuvre : ses poèmes sont peuplés de statues brisées, de mers et de patries perdues.
Séféris menait une double vie. Le jour, il était diplomate de carrière sous son vrai nom, Georgios Seferiadis, négociant pour la Grèce dans les ambassades. Le soir, il devenait le poète « Séféris », nom raccourci qu'il avait choisi pour séparer ses vers de sa fonction officielle.
En 1963, il devint le premier Grec à recevoir le prix Nobel de littérature. Dans son discours, il rendit hommage à son « petit pays » à la tradition immense, soulignant qu'un poète parlant une langue parlée par peu de gens pouvait porter une voix universelle.
En 1969, alors que la dictature des colonels muselait la Grèce, Séféris brisa son silence dans une déclaration retentissante diffusée par la BBC. Cet acte de courage d'un homme jusque-là réservé eut un immense écho moral dans le pays opprimé.
Ses funérailles en 1971 se transformèrent en manifestation contre la junte : une foule immense suivit le cortège dans les rues d'Athènes en chantant « Arnisi » (« Reniement »), son poème mis en musique par Mikis Theodorakis et interdit par le régime.
Sources primaires
J'appartiens à un petit pays. Un promontoire rocheux dans la Méditerranée, qui n'a pour lui que le travail de son peuple, la mer et la lumière du soleil. C'est un petit pays, mais sa tradition est immense.
Tout le monde a appris désormais, et tout le monde sait, que dans le cas des régimes dictatoriaux le début peut paraître facile, mais que la tragédie attend, inévitable, à la fin.
Je me suis réveillé avec cette tête de marbre entre les mains, qui épuise mes coudes, et je ne sais où la poser.
Sur la plage secrète, blanche comme une colombe, nous avons eu soif à midi ; mais l'eau était saumâtre.
Lieux clés
Village côtier grec de l'Empire ottoman où Séféris naquit en 1900. Ce monde fut anéanti lors de la Catastrophe de 1922, devenant le paradis perdu de son œuvre.
Capitale grecque où il vécut, travailla au ministère des Affaires étrangères et mourut en 1971. Ses funérailles s'y transformèrent en manifestation contre la junte.
Ville où Séféris étudia le droit de 1918 à 1925. Il y découvrit la poésie moderne européenne, notamment le symbolisme et plus tard l'œuvre de T. S. Eliot.
Capitale où il fut ambassadeur de Grèce de 1957 à 1962, au sommet de sa carrière diplomatique. C'est là qu'il vivait quand il fut distingué pour le Nobel.
Île qu'il découvrit dans les années 1950 et qui lui inspira un recueil entier. Il y voyait un hellénisme vivant, source d'une grande ferveur poétique.
Ville où il reçut le prix Nobel de littérature le 10 décembre 1963, premier Grec ainsi honoré. Il y prononça son célèbre discours sur le « petit pays » à la tradition immense.
Objets typiques

Instrument quotidien du poète et du diplomate, servant aussi bien à rédiger des dépêches officielles qu'à coucher des vers. Séféris écrivait et raturait inlassablement ses poèmes à la main.

Séféris tint pendant des décennies un journal détaillé, publié sous le titre Jours (Meres). Il y notait lectures, voyages, rencontres et réflexions sur l'écriture.

Document attestant sa fonction d'agent de l'État grec à travers le monde. Il l'accompagna de Paris à Londres, de l'Albanie à l'Égypte, au gré de ses affectations.

Distinction remise à Stockholm en 1963, faisant de lui le premier lauréat grec de littérature. Elle consacra la reconnaissance mondiale de la poésie grecque moderne.

Séféris aimait ramasser des pierres, des galets et des éclats de marbre antique sur les rivages grecs. Ces objets nourrissaient sa méditation sur la mémoire et la continuité de l'hellénisme.

Petits volumes comme Strophi ou Mythistorema, souvent tirés à peu d'exemplaires au départ. Ils diffusèrent le vers libre et le modernisme dans la langue grecque parlée.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée de Séféris était souvent celle d'un fonctionnaire : il rejoignait le ministère ou l'ambassade pour traiter dépêches, dossiers et entretiens diplomatiques. La rigueur administrative occupait l'essentiel de ses heures de travail.
Après-midi
L'après-midi mêlait obligations officielles, réceptions et lectures. Dès qu'il le pouvait, il s'échappait pour visiter musées, sites antiques ou rivages, qui nourrissaient sa réflexion poétique.
Soir
Le soir était le temps de l'écriture : il composait et raturait ses poèmes, tenait son journal et lisait poètes anciens et modernes. La poésie était une activité de l'ombre, séparée de sa carrière publique.
Alimentation
Il partageait l'alimentation méditerranéenne grecque : pain, huile d'olive, légumes, poisson, fromages et fruits, accompagnés de vin. En poste à l'étranger, il fréquentait aussi les tables officielles des dîners diplomatiques.
Vêtements
Dans ses fonctions, il portait le costume sombre et la cravate de l'homme d'État, parfois l'habit de cérémonie pour les réceptions. Dans la vie privée, il préférait une tenue sobre et discrète.
Habitat
Il vécut dans des appartements à Athènes et dans les résidences diplomatiques de ses différents postes, de Londres à l'Afrique. Ses logements abritaient ses livres, ses carnets et sa collection de pierres et de fragments antiques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Strophi (Tournant)
1931
I Sterna (La Citerne)
1932
Mythistorema
1935
Traduction de La Terre vaine de T. S. Eliot
1936
Imerologio Katastromatos (Journal de bord)
1940-1955
Kichli (La Grive)
1947
Dokimes (Essais)
1944






